Mercredi 22 janvier 2020 | Dernière mise à jour 09:56

Technologie La reconnaissance faciale n'est pas toujours fiable

Le gouvernement américain estime que ce système n'est pas fiable à 100%, surtout pour des personnes asiatiques ou noires.

De nombreux défenseurs des droits humains et des chercheurs tentent de freiner le déploiement de ce système.

De nombreux défenseurs des droits humains et des chercheurs tentent de freiner le déploiement de ce système. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les systèmes de reconnaissance faciale ne sont pas toujours fiables, surtout quand il s'agit de personnes non blanches, d'après un rapport du gouvernement américain publié jeudi, qui renforce les doutes autour du déploiement de cette technologie d'intelligence artificielle.

La reconnaissance faciale identifie à tort les personnes asiatiques ou noires 100 fois plus souvent que les personnes blanches, selon cette étude qui a analysé des dizaines d'algorithmes. Les chercheurs du National Institute of Standards and Technology (NIST), un centre affilié au gouvernement, ont aussi repéré deux algorithmes qui attribuaient le mauvais sexe à des femmes noires dans 35% des cas.

La reconnaissance faciale est déjà largement utilisée par les autorités, les forces de l'ordre, les aéroports, les banques, les commerces et les écoles. Elle sert aussi à déverrouiller certains smartphones.

«Défectueuse et biaisée»

De nombreux défenseurs des droits humains et des chercheurs tentent de freiner ce déploiement. Ils estiment que les algorithmes commettent trop d'erreurs, que des personnes innocentes pourraient se retrouver en prison ou encore que des bases de données risquent d'être piratées et utilisées par des criminels.

Les algorithmes développés aux États-Unis avaient des taux d'erreur plus élevés pour les Asiatiques, les Afro-Américains et les Amérindiens, d'après l'étude, tandis que d'autres conçus dans des pays asiatiques parvenaient à identifier aussi bien les visages asiatiques que blancs. «C'est encourageant car cela montre que l'utilisation d'une base de données plus diverse permet d'arriver à de meilleurs résultats», a déclaré Patrick Grother, le directeur de recherche.

Mais pour l'ONG American Civil Liberties Union (ACLU), cette étude prouve avant tout que la technologie n'est pas au point et ne devrait pas être installée. «Même les scientifiques du gouvernement confirment que cette technologie de surveillance est défectueuse et biaisée», a réagi Jay Stanley, un analyste de ACLU.

«Une mauvaise identification peut faire rater un vol, entraîner des interrogations sans fin, un placement sur des listes de personnes à surveiller, des tensions avec des agents de police, des arrestations sans fondement ou pire». «Mais surtout, que la technologie soit fiable ou pas, elle permet de mettre en place une surveillance indécelable et omniprésente à une échelle sans commune mesure», a-t-il ajouté. (afp/nxp)

Créé: 20.12.2019, 04h28

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.