Jeudi 21 novembre 2019 | Dernière mise à jour 12:35

Le bras de fer financier entre médias et GAFA

Les médias estiment ne pas être rémunérés à leur juste valeur par les GAFA, ou géants de la tech. Le point sur l'épineuse question du partage des revenus du numérique.

Les GAFA sont Google, Amazon, Facebook et Apple.

Les GAFA sont Google, Amazon, Facebook et Apple. Image: AFP

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Google, Apple et désormais Facebook: les géants des technologies ont établi des partenariats avec les médias qui tournent facilement au bras de fer, voire à la confrontation sur la question de la rémunération des contenus.

De nombreux organes de presse à travers la planète souffrent d'une situation économique dramatique, en partie provoquée par l'avènement d'internet et des réseaux sociaux. Ceux-ci permettent au public de s'informer gratuitement, tandis que Google et Facebook captent l'essentiel des recettes publicitaires en ligne.

Les médias estiment souvent ne pas être rémunérés à leur juste valeur par les plateformes, dont ils ne peuvent pourtant plus se passer. Le point sur l'épineuse question du partage des revenus du numérique.

Facebook News

Facebook a lancé vendredi un onglet «news» sous forme de test pour un «sous-groupe» d'utilisateurs américains en nombre non précisé. Ce fil d'actualités sera le fruit d'une sélection alimentée par des journalistes professionnels et des algorithmes de «personnalisation».

Il sera séparé du fil Facebook classique (le «news feed») montrant les publications des amis et groupes suivis par la personne connectée, y compris nombre d'informations non issues de médias professionnels. Le réseau social aux 2,4 milliards d'utilisateurs mensuels n'a pas précisé quels montants seront versés aux partenaires, mais il a prévu de ne payer qu'une partie des publications qui devraient apparaître dans son nouvel onglet.

Parmi ces partenaires, figurent plus de 200 médias dont le Wall Street Journal, le Washington Post, People, les chaînes ABC, CBS News ou Fox News. Indépendamment de cette nouvelle section, Facebook a signé il y a plus d'un an des contrats pour rémunérer les organes de presse qui participent à son programme de vérification des faits («fact-checking»), pour lutter contre la désinformation sur la plateforme.

Google News

Le moteur de recherche propose une section consacrée aux informations, Google news («Google actualités», en France), qui compile des liens vers des articles ou autres contenus de presse, rassemblés par thèmes et généralement accompagnés d'une photo ou d'une vidéo en rapport avec la nouvelle.

Jusqu'à présent, Google a refusé de payer les médias pour afficher ces titres, soulignant qu'ils génèrent un trafic important vers les sites des médias. Mais en Europe, une directive européenne votée en début d'année a créé un «droit voisin», similaire au droit d'auteur, au bénéfice des éditeurs et agences de presse.

Il doit leur permettre de négocier avec les géants du numérique (qui captent l'essentiel des recettes publicitaires en ligne) une rémunération, pour la réutilisation de leurs contenus sur la Toile. La France est le premier membre de l'UE à l'appliquer.

Pas de négociation

Mais Google a refusé d'emblée toute négociation et, pour se mettre en conformité avec la loi française, a imposé de nouvelles règles : les sites d'informations doivent accepter que le moteur de recherche utilise gratuitement des extraits de leurs infos dans ses résultats.

Sinon, leurs informations seront bien moins visibles, avec pour conséquence quasi-inévitable de voir le trafic vers leurs sites chuter. La presse française a déposé plainte contre le groupe américain auprès de l'Autorité de la concurrence.

En Espagne, en 2014, Google avait remporté un bras de fer similaire en brandissant l'arme d'une fermeture totale de Google News dans le pays. En juin dernier la presse américaine a lancé une offensive inédite contre Google, l'accusant de «siphonner» ses recettes en ligne.

«Le volume d'infos dans les résultats des recherches effectuées sur Google varie entre 16% et 40%. En 2018, la plateforme a récolté 4,7 milliards de dollars de revenus grâce à la récupération et à l'utilisation de contenus de presse, et ce, sans payer les publications», écrit alors l'association professionnelle News Media Alliance.

Apple News

Outre Apple Pay, Apple TV , l'App Store, Apple Music et Apple Arcade (jeux vidéo), la marque à la pomme offre depuis fin mars Apple News , un système d'abonnement unique, à 9,99 dollars par mois, qui permet d'accéder à plus de 300 titres, surtout de magazines.

Pour les journaux, il s'agit d'arbitrer entre la visibilité que peut amener une présence sur Apple News , l'intérêt financier, et le besoin de construire leur propre lectorat dans la durée. La plupart des grands quotidiens, comme le New York Times ou le Washington Post, qui fidélisent leurs lecteurs avec des abonnements (coûtant environ 10 dollars par mois), ont ainsi refusé de rejoindre la plateforme.

Interrogé par les médias américains en mars, Apple n'a pas indiqué quel pourcentage des revenus était reversé aux médias partenaires. La firme a seulement précisé que cela dépendait du temps passé par les utilisateurs sur les articles d'une publication.

Yahoo! News

Le site Yahoo!, détenu par Verizon, agrège des articles sur Yahoo! news, et passe des accords avec certains médias et agences de presse. (ats/nxp)

Créé: 26.10.2019, 10h11

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