Jeudi 22 août 2019 | Dernière mise à jour 22:43

Test Mettez une GoPro dans votre smartphone

Marque spécialisée dans les produits pour baroudeurs, Crosscall sort le Trekker-X4, un smartphone équipé d’une action cam. Séduisant mais plombé par un logiciel pas abouti.

Le Trekker-X4 a la capacité de rester 1 heure sous l’eau à deux mètres de profondeur et de résister à des températures oscillant entre -25 et 50 degrés Celsius.

Le Trekker-X4 a la capacité de rester 1 heure sous l’eau à deux mètres de profondeur et de résister à des températures oscillant entre -25 et 50 degrés Celsius. Image: DR

Au rayon accessoires

Crosscall propose toute une série d’accessoires plutôt bien pensés pour accompagner ses propres smartphones.

On a pu tester le X-Chest, un harnais permettant de plaquer son téléphone sous le sternum, impeccable pour toute activité sportive, qu’elle soit extrême ou non. Après avoir enfilé le harnais, on place d’abord l’aimant du smartphone sur la pastille correspondante de l’accessoire et on sécure le tout avec le X-Blocker, une petite pièce fournie avec le téléphone et permettant de le fixer fermement, tout en pouvant le déloger d’un geste.

Même fonctionnement avec le X-Stick, une perche télescopique multifonction notamment prévue pour les selfies et les prises de vue à distance.

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Et si les sportifs en quête de sensations fortes n’avaient plus à se trimbaler un téléphone dans la poche et une action cam (type GoPro) accrochée je-ne-sais-où pour immortaliser leurs plus beaux exploits? Si les deux appareils pouvaient se combiner en un seul?

C’est le pari tenté par Crosscall, marque française spécialisée dans les smartphones destinés aux aventuriers et autres baroudeurs de l’extrême, avec son dernier modèle en date, le Trekker-X4. Le fabricant n’est pas le seul à proposer des appareils à la résistance accrue, aussi bien aux chocs qu’aux intempéries, mais son modèle tout en un est unique sur le marché. Mike Horn en personne, nouvel ambassadeur de la marque, était d’ailleurs venu soutenir sa sortie lors de sa présentation à Paris, il y a quelques mois.

Avec ses 250 grammes sur la balance et ses bandes de métal sur les côtés pour renforcer le châssis, il dégage une belle impression de robustesse.

Epais, lourd et recouvert d’une bonne couche de plastique, le Trekker-X4 annonce d’emblée la couleur: ici, on vise l’efficacité avant tout, même si avec ses lignes modernes et ses angles incisifs, le smartphone sait rester séduisant. Avec ses 250 grammes sur la balance et ses bandes de métal sur les côtés pour renforcer le châssis, il dégage une belle impression de robustesse.

Et puis l’avantage d’un gros gabarit comme celui-là, c’est de pouvoir abriter une batterie puissante, ici de 4400 mAh. De quoi largement tenir une journée en mode intensif, et deux en utilisation plus classique. Ajoutez à ça la capacité de rester 1h sous l’eau à deux mètres de profondeur et de résister à des températures oscillant entre -25 et 50 degrés Celsius, et vous tenez un champion en puissance…

Action cam performante

A côté de ça, le mobile est équipé d’une dalle LCD de 5,5 pouces très correcte: full HD (1920x1080 pixels), bonne résolution et excellente luminosité permettant une visibilité optimale même en plein soleil. Dommage que le rendu des couleurs soit un peu froid, avec des blancs virant au bleu, et surtout que la colorimétrie ne soit pas réglable. Le coin inférieur droit de l’appareil comprend une encoche pour fixer une dragonne (fournie avec); un peu plus haut, sur le flanc, le bouton de déverrouillage est associé à un capteur d’empreintes digitales et on trouvera également un tiroir à carte pour deux nano SIM ainsi que des ports jack et USB-C (supportant la charge rapide), tous protégés par une bonne étanchéité.

Et puis au dos, l’énorme capteur vidéo de l’action cam, des haut-parleurs et un aimant permettant de fixer l’appareil sur plusieurs accessoires de la marque (harnais ou stick selfie, par exemple, voir ci-contre). A noter que Crosscall fourni également des écouteurs étanches IPX6 (résistants aux éclaboussures et à la pluie).

Mais attardons-nous maintenant sur ce qui rend ce modèle si unique: son action cam. Avec un capteur de 12 mpx, elle propose 5 formats d’image pour filmer ou prendre des clichés (et même les deux en même temps): normal (avec un champ de vision de 88°), large (110°), super large (140°), ultra large (170°) et fish eye. Le tout en HD, Full HD, 2K et 4K à 30 fps en ayant la possibilité de choisir différents modes: le ralenti, l’accéléré, le Live (sur Facebook uniquement) et même la fonction dash cam, permettant de filmer en continu dans une mémoire tampon (au choix de 30, 60 ou 90 secondes), en très basse consommation, pour immortaliser une séquence rétroactivement.

L'appareil peut être employé avec divers accessoires, dont une perche télescopique.

En gros, au lieu d’appuyer sur un bouton pour enregistrer une vidéo avant qu’une action se produise, on appuie pour sauvegarder celle qui vient de se dérouler. Une fonction plutôt pratique permet ensuite de verrouiller l’écran, après avoir calibré ses différents paramètres afin de poser sans souci le Trekker-X4 sur un accessoire et de déclencher le début de l’enregistrement à l’aide d’un bouton situé sur le flanc droit.

C’est à travers X-Cam, le logiciel maison, que l’on accédera à ces différents réglages et options pour gérer la gestion des vidéos, montage compris. Jusque là, tout va bien, ou presque. Pour avoir testé l’appareil en situation, au cours d’un week-end VTT, on a pu constater la bonne tenue de la stabilisation caméra.

Week-end VTT: la stabilisation en test.

Bien sûr, sur des terrains très accidentés (grosses racines, cailloux imposants), elle ne gomme pas tous les cahots mais l’image est assez fluide, si l’on oublie quelques légers lags ici et là. Le capteur photo, de son côté, se comporte plutôt bien en pleine lumière, avec un rendu des détails correct. Par contre, beaucoup moins en basse luminosité ou dans les sous-bois, la gestion du bruit électronique devenant vite médiocre.

Un logiciel qui ruine tout

Mais les choses se gâtent avec la partie montage… Premier problème: lorsqu’on sélectionne nos séquences à assembler, il faut attendre un certain temps (jusqu’à 40 minutes pour un groupe de vidéo, il est vrai en 4K, mais ne dépassant pourtant pas les 20 minutes au total) avant qu’elles soient exportées dans la partie «création».

Les séquences ont l’air d’être immédiatement opérationnelles, mais non: soit l’image se bloque en lançant la vidéo, soit seul le son démarre… En tout cas en 4K, le format choisit pour filmer nos exploits à vélo. En réalité, celui-ci est bien trop lourd pour le logiciel et est donc totalement à proscrire. De quoi sérieusement entamer les performances du Trekker-X4.

Ensuite, le logiciel ne proposant pas de minuteur pour éditer ses vidéos, tout se fait à l’à peu près, sans la moindre précision. Sans compter qu’à chaque coupe, il faut là aussi attendre avant de pouvoir poursuivre. Et on préfère ne pas revenir sur les bugs ayant fait planter toute l’opération…

Enfin, cerise sur le gâteau, Crosscall se permet d’ajouter automatiquement son logo à la fin de notre vidéo. On comprend la démarche pour un logiciel gratuit, mais avec un smartphone vendu CHF 750.-, la pilule passe mal. Et si l’on tente d’exporter nos fichiers pour s’affranchir de X-Cam, et les traiter avec un autre programme de montage, le logiciel les envoie systématiquement en mode portrait, y compris ceux filmés en mode panoramique.

Décidemment… Crosscall nous a assuré tout faire pour régler ces problèmes mais l’appareil est sorti en France voilà déjà 6 mois et certaines critiques du produit faisaient état des mêmes constats à l’époque… avec les mêmes résolutions du fabricant. En l’état, les sportifs ne sont donc pas encore près de laisser leur action cam au placard. Dommage, l’idée de coupler celle-ci à un smartphone était séduisante.

A noter que l’appareil propose également un objectif photo classique, lui aussi de 12 mpx (répondant d’ailleurs aux même défauts et qualités que son grand frère). Mais celui-ci a l’avantage de permettre plus de réglages, notamment en termes d’ISO, d’exposition et d’obturation.

Terminons néanmoins sur une note positive: spécificité outdoor du smartphone oblige, celui-ci est équipé de toute une série de capteurs environnementaux peu commun sur un téléphone. Thermomètre, hydromètre, boussole, baromètre, altimètre, GPS amélioré, capteur de proximité (permettant par exemple à l’écran de s’éteindre lorsque l’appareil est placé contre l’oreille en mode téléphone) et même capteur UV sont ainsi au menu. Appréciable.

Créé: 06.08.2019, 09h46

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