Mercredi 22 novembre 2017 | Dernière mise à jour 17:30

Attentats islamistes Telegram, la messagerie cryptée des djihadistes

Lancé en 2013, ce réseau gratuit est désormais l'un des moyens de communication préféré des djihadistes , du fait de son système de cryptage.

Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La messagerie Telegram, sur laquelle l'un des deux auteurs de l'attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray avait évoqué son projet selon L'Express, est régulièrement pointée du doigt par les autorités comme l'un des moyens de communication préféré des djihadistes , du fait de son système de cryptage.

Lancée en 2013, cette messagerie gratuite, qui promet «vitesse et sécurité», permet d'échanger messages, photos, vidéos et documents avec ses contacts, soit à deux, soit avec un groupe (jusqu'à 5000 personnes). Elle propose également la création de chaîne, un peu comme YouTube, pour diffuser des messages publics.

Selon L'Express, A. K. utilisait cette messagerie, sur laquelle il avait décrit par avance le mode opératoire de l'attentat, mentionnant «un couteau» et «une église».

La semaine dernière, une cellule qui projetait un attentat pendant les JO de Rio a été démantelée au Brésil après l'interception de messages échangés notamment sur Telegram.

Principal réseau

Lors d'une audition rendue publique mi-juillet, le patron du renseignement intérieur Patrick Calvar avait indiqué que Telegram était «le principal réseau utilisé par les terroristes». «Le chiffrement (cryptage) était une question majeure que seules des conventions internationales pourront régler», avait-il estimé.

«Aujourd'hui, en termes de rapidité dans la fermeture des comptes ou des groupes de discussions, Twitter, Facebook... ont des processus bien huilés avec les forces de l'ordre. Ils peuvent réagir en quelques heures, alors que sur Telegram, la réactivité est moindre», a expliqué à l'AFP Gérôme Billois, expert en sécurité informatique chez Wavestone.

Telegram est en outre plébiscité pour sa confidentialité. L'utilisateur peut crypter les messages de bout en bout, ou programmer leur destruction. «Quand les services de renseignement voient passer ce type de messages, même s'ils les interceptent, ils ne peuvent pas les ouvrir car il faut le code», précise Gérôme Billois. Ou bien accéder à l'ordinateur ou au téléphone.

Réseau ultra sécurisé

Telegram se targue même d'offrir un prix de 300'000 dollars à toute personne capable de déchiffrer ses messages.

Forte de plus de 100 millions d'utilisateurs, l'application a été créée par des Russes, les frères Dourov, mais sa maison mère est à Berlin. C'est Pavel Dourov qui la finance.

La personnalité de ce jeune entrepreneur du web devenu richissime, qui a quitté la Russie en raison de tensions avec les autorités et qui revendique une logique libertaire pour sa messagerie, participe beaucoup au succès de l'application.

«Il est contre tout type de censure et il a fallu attendre les attentats de novembre 2015 pour qu'il commence à fermer un certain nombre de canaux de diffusion liés à l'EI», rappelle l'expert, qui estime que même si Telegram voulait collaborer avec les autorités, ce serait «quasiment impossible car il y a 10 millions de messages échangés par heure».

En outre, les djihadistes ne représentent qu'une infime partie des utilisateurs de cette messagerie, souligne-t-il. Plusieurs personnalités politiques françaises l'ont ainsi adoptée, selon L'Express: Emmanuel Macron, Arnaud Montebourg, François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon.

Elle est également très populaire en Iran, où elle n'est pas contrôlée par les autorités. «Ce n'est pas en fermant une messagerie que le problème va disparaître parce que vous pouvez toujours en utiliser d'autres, encore plus sécurisées et surtout moins centralisées», notamment celles susceptibles d'être développées par des organisations djihadistes , selon Gérôme Billois.

(afp/nxp)

Créé: 29.07.2016, 18h41


Sondage

Le vapotage peut-il permettre d’arrêter de fumer?




Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.