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Internet Alerte au virus dans votre e-frigo!

Voiture, TV, four, notre vie quotidienne sera toujours plus connectée. Une étude montre que ces objets ne sont pas assez protégés contre le piratage. Du pain bénit pour les hackers.

Des appareils ménagers connectés, est-ce bien utile?

En chiffres

15 milliards
C’est le nombre d’appareils qui seront connectés à Internet en 2015, selon une étude menée par Cisco. Le cabinet d’analyse économique IDC prévoit, quant à lui, 212 milliards d’objets connectés en 2020.

70%
Début août, HP révélait que 70% des objets connectés étaient vulnérables aux attaques. En moyenne, l’entreprise avait trouvé 25 failles de sécurité par objet testé.

Ils ont piraté une voiture

Une voiture folle. Voilà en quoi Chris Valasek et Charlie Miller, deux spécialistes de la sécurité informatique, se sont amusés à transformer une Toyota Prius l’an passé. Tandis qu’Andy Greenberg, un journaliste du magazine Forbes conduisait, les deux comparses ont piraté le système informatique du véhicule. Ils ont ainsi pu prendre le contrôle des unités de commande électronique, les petits ordinateurs qui peuplent par dizaines les voitures modernes. Chris Valasek et Charlie Miller se sont donc fait un malin plaisir de jouer avec la jauge d’essence, le klaxon mais aussi de persuader le véhicule qu’il roulait à plus de 300 km/h. Ils ont également fait bouger le volant contre la volonté du conducteur en demandant à la voiture de se parquer. A cause de leur piratage, les freins de la Toyota ont cessé de fonctionner. «Nous voulions prouver que nous pouvions vous blesser sans le faire», explique Charlie Miller. Pari gagné.

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Les objets de notre quotidien seront bientôt ultraconnectés. Télévision, frigo, vélo, brosse à dents, sous-vêtements, tout y passe. Selon l’entreprise américaine Cisco, il y aura 15 milliards d’appareils connectés dans le monde en 2015. Une autre étude en prévoit plus de 200 milliards à la fin de la décennie. Seul problème, 70% de ces objets seraient vulnérables aux attaques informatiques, selon Hewlett-Packard. L’an passé, une voiture a même été piratée (lire ci-contre).

Machines zombies

«Il y a des risques», souligne Thomas Walther, responsable du SCOCI (Service national de coordination de la lutte contre la criminalité sur Internet). «Pas forcément pour l’utilisateur directement, mais la puissance de calcul de tous ces appareils pourrait être réunie pour attaquer d’autres systèmes.» Une technique qui a déjà été utilisée, comme le rappelle Christoph Neuhaus, conseiller d’Etat bernois et président du comité directeur du SCOCI, dans le rapport annuel de l’institution. «En 2013, un «botnet» (réseau de machines zombies) a été découvert. Un quart des ordinateurs infectés étaient en fait des objets, et plus précisément des télévisions, des réfrigérateurs et d’autres appareils électroménagers.»

Très à la mode chez les hackers en ce moment, les cyberançons peuvent être une autre menace. Risque-t-on de voir un pirate prendre le contrôle de toutes les télévisions connectées du pays avant de demander une rançon nationale? «On va éviter de leur donner des idées», esquive Thomas Walther. «Cela me semble très tiré par les cheveux, rétorque Philippe Oechslin, fondateur d’Objectif Sécurité. Je pense qu’on va plutôt assister à des attaques individuelles, comme c’est déjà le cas sur les ordinateurs.» Pour lui, le problème est simple, les utilisateurs n’ont pas conscience que leurs objets du quotidien peuvent être vulnérables. «Surtout qu’il y aura forcément des problèmes. Les constructeurs ne sont jamais motivés à mettre les sécurités dès le début. Cela coûte cher et ne les aide pas à mieux vendre.»

Et, aucun doute, les hackers vont profiter de cette opportunité. «Ils cherchent un business. Ils ne vont pas hésiter à sauter sur n’importe quel objet qui a une faille, que ce soit une TV ou un frigo.» Alors que faire contre cette menace? «Il faut se demander: «Est-ce que j’ai vraiment besoin que mon équipement soit accessible depuis Internet?» souligne Philippe Oechslin, tout en précisant que ce n’est pas parce qu’un objet est connecté qu’il est forcément vulnérable.

De son côté, Thomas Walther met en avant la responsabilité de l’industrie. «Ils doivent intégrer des produits sûrs qui ne peuvent pas être hackés.» Pour lui, il ne faut pas diaboliser les appareils connectés pour autant. «C’est une superbe technologie, il faut en profiter mais tout faire pour minimiser les risques.» (Le Matin)

Créé: 13.08.2014, 07h17

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