Mardi 10 décembre 2019 | Dernière mise à jour 17:59

Consommation Une app pour lutter contre le gaspillage

Chaque année en Suisse, deux millions de tonnes de denrées alimentaires finissent à la poubelle. Des projets veulent contrer ce gâchis.


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Intervenant à chaque étape de la chaîne agroalimentaire, le gaspillage de nourriture est une problématique particulièrement difficile à adresser. Pourtant, plusieurs initiatives technologiques laissent espérer une amélioration, à l'instar de Too Good to Go, une nouvelle application mobile qui veut éveiller les consciences.

Too Good To Go, application danoise récemment lancée en Suisse, veut changer les mentalités des consommateurs. Ces derniers sont mis en relation avec les détaillants et les restaurateurs qui ont un surplus à écouler, ce qui permet de «sauver» des repas qui risquent de finir à la poubelle en les achetant pour environ un tiers de leur prix initial.

«C'est un modèle qui ne fait que des gagnants, le consommateur profite d'un rabais, le restaurateur écoule des invendus, sans compter les bénéfices en matière de visibilité et d'image et le bon point pour l'environnement», explique Lucie Rein, responsable du marché suisse pour la start-up danoise. Avec près de 130'000 téléchargements en Suisse en quelques mois, l'application a déjà trouvé un public.

En Suisse, deux millions de tonnes de denrées alimentaires finissent à la poubelle chaque année, soit un tiers de ce qui est produit. Ce sont les consommateurs finaux les premiers responsables de ce gâchis (45%), explique Corina Gyssler, porte-parole de WWF Suisse. Suivent ensuite l'industrie de transformation (30%) et la production agricole (13%), qui se débarrassent des produits de moindre valeur ou non conformes, puis le commerce de détail et la restauration à parts égales (5% chacun).

Pour les seuls ménages, l'impact financier est non négligeable, la valeur des denrées alimentaires jetées avoisinant 500 à 1000 francs par an. Et ce chiffre ne prend pas en compte les coûts environnementaux, précise le WWF.

Des solutions à différents niveaux de la chaîne

«Aujourd'hui, jeter coûte moins cher que de perdre des ventes parce qu'on n'a pas assez produit. Les coûts du gaspillage sont intégrés dès le début du processus de fabrication», explique Mme Rein. La faute est aux habitudes biens ancrées des consommateurs, qui s'attendent à trouver une vitrine bien achalandée à toute heure ou un choix varié sur un buffet, même en fin de service.

En passe de franchir la barre des 500 partenaires en Suisse, Too Good To Go travaille à la fois avec des restaurateurs indépendants et des grands détaillants comme Coop et Migros. Actuellement en phase pilote, le projet a reçu un accueil favorable des clients de Coop: «Les premières expériences sont positives (...) mais il est encore trop tôt pour des annonces plus détaillées», souligne une porte-parole.

«Too Good To Go est un peu la dernière variable d'ajustement, mais agir en amont de la chaîne est également indispensable pour prévenir le gaspillage», explique Mme Rein. Là aussi, la technologie ouvre de nouvelles perspectives. La start-up suisse Kitro a ainsi développé une poubelle intelligente munie de capteurs, capable de comptabiliser et classer les déchets pour aider les restaurants et les cantines à réduire le gaspillage.

De son côté, Prognolite, une autre start-up helvétique, a développé un algorithme basé sur les mégadonnées pour optimiser la planification. La solution est capable de prédire la fréquentation à venir et aide ainsi les restaurateurs à mieux prévoir les quantités d'ingrédients à approvisionner.

«Dans un second temps, nous voulons aussi nous attaquer à la problématique du gaspillage dans l'industrie, où des produits finissent à la poubelle pour une erreur d'étiquetage ou de surproduction», poursuit Mme Rein.

Au Danemark, la start-up Too Good To Go a ouvert un magasin pour écouler des stocks de l'industrie agroalimentaire, pouvant être consommés mais sortis des circuits pour une infinité de raison (contrat modifié, problème d'emballage...). Son développement se poursuit à pleine vitesse: l'année prochaine, l'effectif européen devrait doubler à 400 collaborateurs et les revenus tripler à 86 millions de francs. (ats/nxp)

Créé: 18.12.2018, 14h49

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