Mercredi 11 décembre 2019 | Dernière mise à jour 23:45

Connecté Google Nest Hub en test: la parole d'accord, la musique, bof

En dotant sa gamme d'enceintes vocales d'un écran d'affichage, Google se dote des services d'un chef d'orchestre zélé mais qui ne peut exceller en tout.

Le Nest Hub en mode assistant cuisine. On veillera à de ne pas l’éclabousser d’eau, de sauce ou de farine.

Le Nest Hub en mode assistant cuisine. On veillera à de ne pas l’éclabousser d’eau, de sauce ou de farine. Image: Google

Pourquoi Google Assistant fait la course en tête

En quelques années, Google a fait des progrès fulgurants avec son assistant vocal. Google Assistant reste en effet le meilleur du marché, devant Alexa, Cortana et Siri, et s’est même récemment enrichi de nombreuses fonctionnalités plutôt ingénieuses.

Il est par exemple maintenant capable de distinguer plusieurs voix au sein de la même famille (jusqu’à 6) et ainsi leur apporter des informations propres.

Il comprend également deux langues différentes dans le même foyer et permet, en anglais, la conversation en continu. Autrement dit, plus besoin de répéter «Ok Goggle» après avoir posé une première question, les micros restant automatiquement à l’écoute pendant quelques secondes.

Autre avantage sur Siri, par exemple, il comprend les ordres cumulés (d’une seule commande vocale, on pourra ainsi lui demander d'allumer les lumières d’une pièce et d’éteindre celle d’une autre).

Il est aussi capable de mémoriser des éléments: «Ok Google, n’oublie que j’ai rangé le double de mes clefs dans le tiroir de la chambre» et nous le rappeler le moment opportun.

Et puis si vous possédez au moins deux enceintes à la maison, il suffira d’envoyer un message audio depuis Google Nest Hub pour le diffuser sur les autres, ou alors, d’un «Ok Google, annonce sur tous les appareils que le diner est prêt», convoquer toute la famille dans la cuisine.

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Deux ans après avoir déjà joué les stars des fêtes de fin d’année avec l’enceinte Google Home, la firme de Mountain View remet aujourd’hui le couvert avec sa grande sœur, la Google Nest Hub, qui risque à son tour de truster les pieds de nombreux sapins.

D’abord parce qu’il s’agit du premier assistant vocal Google à être officiellement distribué en Suisse (en compagnie de la Google Nest Hub Mini, remplaçante de la Google Home Mini), la marque ayant préféré prendre son temps pour analyser le marché local, adapter Google Assistant à nos différentes régions linguistiques (ce qui reste encore à démontrer, particulièrement pour la Suisse alémanique) et proposer aux consommateur un service après-vente digne de ce nom.

Ecran tactile

Mais son grand avantage sur le reste de la famille des assistants maison, c’est bien entendu son écran tactile permettant ici d’ajouter un contenu visuel, en plus de répondre vocalement à nos sollicitations. Reste à savoir si cet apport est suffisamment pertinent pour justifier la différence de prix habituellement pratiquée dans les surfaces de vente (environ CHF 140.- pour la Nest Hub contre 120.- pour la Google Home). On va le voir ensemble puisque nous avons cette dernière mouture entre les mains depuis sa sortie, il y a maintenant un mois.

Niveau design, Google ne change en rien ses codes esthétiques: un écran tactile aux larges bordures de plastique blanc surmonte une enceinte enveloppée d’un tissu mesh, gris ou noir suivant le coloris choisi. Sur l’écran, seuls un capteur de luminosité (en haut au centre), épaulé de part et d’autre par deux micros longues portées, viennent troubler l’extrême sobriété de l’ensemble. Au dos, on trouvera en supplément deux boutons physiques: l’un pour régler le volume, l’autre pour désactiver le micro de l’appareil au besoin. Rappelons qu’en juillet dernier, Google avait admis écouter les enregistrements de ses utilisateurs, non seulement les ordres suivants le fameux «Ok Google», mais également – «par erreur», avait précisé la marque – des conversations de la vie de tous les jours.

Ceci étant dit, cette nouvelle mouture frappe d’abord par son gabarit très ramassé (178,5 x 118 x 67,3mm, pour 480 g) et trouvera aisément sa place sur un coin de meuble, une petite étagère ou un bout de table. Elle est équipée d’un écran LCD de 7 pouces au rendu de très bonne tenue, même s’il n’est pas HD, avec sa définition de 1024 x 600 pixels. Les contrastes sont impeccables, les couleurs fidèles, la luminosité bonne… Grâce à son capteur Ambient EQ, ces deux derniers facteurs s’adaptent d’ailleurs en fonction de la pièce où l’appareil est placé.

En mode veille, en plus de l’heure et de la température extérieure, on y affiche au choix les clichés personnels d’un compte Google Photo ou encore des images d’art ou de paysages. La nuit, la luminosité de la dalle baisse totalement, la fonction diaporama s’interrompt et l’écran se contente d’afficher très faiblement l’heure. Il pourra donc parfaitement être utilisé dans une chambre sans crainte d’illuminer toute la pièce durant la nuit.

Un chef d’orchestre très efficace

Niveau utilisation, justement, c’est la simplicité même. A l’allumage, quelques clics à peine sont nécessaires à la connexion de notre compte Google, et trois minutes plus tard, l’appareil est prêt à être utilisé.

D’un glissement de doigt du bas vers le haut de l’écran, on affiche les réglages de base, permettant de varier le volume ou la luminosité, de planifier une alarme ou de mettre l’appareil en mode silence pour ne pas être dérangé. Si l’on glisse du bord gauche vers la droite (ou en touchant simplement l’écran), on affiche ses préférences sous forme d’une série de petites cartes: les rendez-vous de son agenda, notre service de streaming musical favori, des recommandations YouTube, des propositions pour tester certaines commandes vocales en fonction du moment de la journée, et enfin des conseils pour apprendre à maîtriser son joujou.

Le doigt cette fois sur la gauche de l’écran, en «swipant» vers la droite, permettra de revenir en arrière dans les différents menus et, du haut vers le bas de l’écran, fera apparaître un tableau de bord regroupant les différents contrôle de notre maison connectée: lumières, enceintes, thermostat, aspirateur… Tout y est! Dans la mesure, bien entendu, où nos appareils sont compatibles avec Google Home (plusieurs centaines figurent déjà sur la liste) et ont bien été, au préalable, ajoutés sur l’application mère de votre smartphone. Dans ces conditions, grâce à une interface particulièrement intuitive, l’appareil se révèle alors un véritable petit chef d’orchestre de la maison.

En dehors de ça, on accède bien entendu aux différents services classiques, comme par exemple la météo, la liste des courses, Google Agenda… des fonctions toutes accompagnés, ici, de repères visuels apportant effectivement leur lot d’informations pertinentes.

Et si saluer, le matin, son appareil d’un «OK Google, écouter RTS La Première» n’apportera rien de plus que sur la version «enceinte seule», on prendra toute la mesure de l’écran lors de l’exécution, par exemple, d’une recette. Il suffit de lancer une recherche sur le plat désiré, en choisir une et l’appareil nous énonce alors chacun des ingrédients, s’arrêtant à chaque étape pour nous laisser lui demander de reprendre dès que l’on est prêt. Attention, le Nest Hub n’est protégé ni contre les liquides, ni contre la poussière. On veillera donc à de ne pas l’éclabousser d’eau, de sauce ou de farine.

On apprécie aussi le mode traduction, que l’on lance d’un «Ok Google, soit mon interprète en japonais», par exemple. On peut alors converser avec la personne désirée, Google se chargeant de traduire chacune de nos phrases, sans que l’on ait à se soucier du sens de traduction. Là aussi, avec des repères visuels adaptés.

Qualités musicales en retrait

Saluons aussi l’impressionnante reconnaissance vocale de l’appareil. Non seulement du logiciel mais aussi des micros, capables de nous entendre en toutes circonstances, que ce soit en champ lointain (on y est même arrivé d’une pièce voisine, la porte ouverte) ou dans un environnement bruyant, la musique à volume élevé.

Par contre, là où le Nest Hub ne tient pas la comparaison avec Google Home, c’est au niveau de ses haut-parleurs. S’ils se révéleront impeccables pour écouter la radio, passer des appels (à travers la fonction Google Duo), ou même écouter un peu de musique de temps en temps, notamment grâce à des voix délivrées de manière parfaitement claires, il lui manque en revanche des graves dignes de ce nom et ses haut-parleurs auront vite tendance à saturer s’il nous vient l’idée de pousser le volume trop haut.

Au rayon des déception, pas de Google Maps au menu (mais l’appareil est tout de même capable d’afficher des itinéraires simplifiés sur demande et d’en envoyer le détail sur notre smartphone), pas plus que de Netflix (la plateforme n’est pour l’instant pas compatible), ni de conversation en mode vidéo, l’appareil n’étant pas équipé de caméra. Pour cela, il faudra se rabattre sur la version Google Nest Hub Max, équipée, elle, d’un écran de 10 pouces et donc d’une caméra. Mais pour l’heure, l’engin n’est inexplicablement pas proposé officiellement en Suisse.

Vidéo promo du Google Nest Hub Max sur Youtube/Google France, une version «King Size» inexplicablement pas disponible en Suisse.

Malgré ces menus défauts, le Nest Hub remplit donc parfaitement sa mission: apporter un sérieux plus au reste de la gamme. Complet, efficace et utile, il pourrait même facilement s’imposer comme une pièce maîtresse de la maison connectée.

Christophe Pinol

Créé: 29.11.2019, 11h51

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