Mercredi 26 juin 2019 | Dernière mise à jour 22:59

Série Ce que l'on pense de l'épisode interactif de Netflix

La plate-forme vient ajouter à son catalogue un épisode spécial de «Black Mirror». Une réussite car sachant s'amuser des limites de l'exercice.

La bande-annonce de «Black Mirror - Bandersnatch» (YouTube/Netflix).


Interactif, mais pas sur l'Apple TV

On pensait que la fiction interactive déposée au pied du sapin par Netflix allait fonctionner sur toutes les plateformes sur lesquelles le service de streaming est disponible.

A notre grande surprise ce n'est pas le cas: sur l'Apple TV, au lieu de lancer «Bandersnatch», une bande-annonce révèle que la petite boîte noire n'étant en mesure d'afficher les menu qui permettent l'interactivité, il est préférable d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. L'épisode spécial tourne en revanche sans problème sur les télés connectées récentes, sur les écrans tactiles (smartphones et tablettes), sur la plupart des navigateurs internet et, bien sûr, sur les consoles de jeux (Xbox One, PS4).

Dans un message dans son centre d'aide, Netflix précise encore que l'interactivité n'est pas compatible avec les modules Chromecast.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Stefan préférera-t-il cette marque de céréales pour son petit-déjeuner ou l'autre? Dans le bus qui le mène à son entretien avec un employeur potentiel, mettra-t-il dans son Walkman la K7 d'une compilation rock ou celle d'un album complet? Et ces deux choix que vous devez faire à la place de notre jeune héros, ami spectateur, vont-ils avoir vraiment une influence sur son destin ou ne s'agit-il que d'un petit échauffement avant que les choses sérieuses commencent?

Vous le saurez (ou pas) en lançant sur Netflix «Bandersnatch», un épisode spécial de «Black Mirror» ajouté au catalogue le vendredi 28 décembre dernier.

Cela ressemble à une première mais, en fait, le service de diffusion de vidéos en flux continu n'en est pas à son coup d'essai en matière de fictions interactives. On trouve déjà dans son catalogue une petite poignée de contenus dits «à embranchements». Mais «Bandersnatch» est la plus complexe à ce jour et la première à s'appuyer sur une série ayant acquis une forte notoriété au fil des saisons (déjà 4 en boîte). Une série d'origine britannique dont chaque épisode s'interroge, parfois avec humour mais le plus souvent avec une effrayante lucidité, sur notre rapport au numérique et aux écrans.

Années 1980

Dans «Bandersnatch», Stefan est un jeune homme fragile, suivi par une psychologue, embauché par un éditeur pour achever son projet de jeu vidéo d'aventures, adaptation d'un célèbre roman papier «dont vous êtes le héros». L'action se passe dans les années 1980. À chaque embranchement prévu par le scénario, le spectateur a quelques secondes pour prendre une décision (sinon le système le fait pour nous).

La voie choisie conduit à un autre embranchement et ainsi de suite jusqu'à une conclusion (parmi 13 possibles aux dernières nouvelles) et un générique de fin. Mais il y a des surprises, et c'est ce qui permet à cette fiction interactive de se distinguer: parfois, un choix conduit à une fin prématurée, il nous est alors laissé le privilège de remonter jusqu'à l'embranchement clé pour en repartir du «bon» côté (l'est-il?). Mais parfois aussi une nouvelle porte ne s'ouvre que lors d'un second passage par le même embranchement. Tout cela donne au voyage un côté très difficilement prévisible, donc excitant.

Un côté «méta»

Mieux encore, si certaines voies permettent de suivre une fiction classique où les moutons sont biens gardés, rebondissements compris, d'autres font exploser le rapport spectateur/acteur. On vous laisse découvrir comment. Sachez que c'est souvent drôle, vertigineux et totalement en phase avec les thèmes explorés par la série.

Bandersnatch

Un des organigrammes publiés (en anglais) dévoilant les embranchements connus de «Bandersnatch». Attention «divulgâchage», à ne consulter qu'une fois diverses pistes explorées.

Voilà pourquoi «Bandersnatch» est (à notre connaissance) la meilleure fiction interactive jamais tournée. Meilleure car au pays des aveugles les borgnes sont rois, certes. Mais excellente aussi car inventive, futée au point d'être parfaitement consciente des limites de l'exercice. Et, surtout, assez lucide pour s'en amuser. (Le Matin)

Créé: 31.12.2018, 10h47


Sondage

La vague de chaleur à 40° qui s'annonce cette semaine sur la Suisse vous inquiète-t-elle?



S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters