Lundi 17 décembre 2018 | Dernière mise à jour 07:36

Téléphonie Deuxième panne en un mois pour Free Mobile

Les perturbations de Free ne seraient pas dues au roaming sur le réseau d’Orange. Mais l’assemblage maison de matériel, pour économiser les coûts, expose davantage aux pannes.

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Le 7 février, un premier incident ponctuel de Free Mobile pénalisait une partie de la clientèle d’Orange, et attirait l’attention des observateurs sur le quatrième opérateur français de téléphonie mobile. Vendredi, c’est une panne de plusieurs heures qui a laissé un nombre indéterminé d’utilisateurs en plan. Un bug à nouveau sous le feu des projecteurs des concurrents et du public. Rien de ce qui se passe, ou surtout de ce qui ne passe pas, n’est pardonné au petit dernier, entré sur le marché en défonçant la porte à coup de tarifs imbattables (le fameux forfait à 2?euros notamment).

France Télécom, partenaire commercial de Free Mobile pour son réseau 3G, a précisé vendredi que «cet incident n’était en rien lié au contrat d’itinérance et au réseau Orange». Les perturbations seraient dues à la panne d’un équipement de signalisation, qui permet au cœur de réseau de localiser les téléphones, entraînant ainsi une surcharge.

Pour le blogueur spécialisé Pascal Martin, l’itinérance de 70% des appels sur le réseau d’Orange, que paie Free Mobile, n’est sans doute pas à l’origine de ce couac: «Cette technique est courante, c’est le principe du roaming. Par ailleurs, les opérateurs traditionnels, qui se sont installés depuis des années en construisant leur propre réseau, ne sont pas à l’abri de pannes, comme on l’a vu l’an dernier avec le gel de l’Internet Mobile de Swisscom.»

Par contre, Free Mobile subit peut-être, avec deux couacs en moins d’un mois, et quelques semaines seulement après son lancement, le contrecoup de sa politique de bas tarifs. «Il faut bien économiser quelque part, et Free Mobile ne s’en est pas caché. Ils construisent eux-mêmes une partie des équipements actifs pour doter leur cœur de réseau, en achetant des éléments directement chez le fournisseur au lieu de passer commande chez Alcatel ou Ericsson, qui font davantage de tests en amont.»

Cet incident tombe au pire moment pour Free Mobile, qui a été tout au long de la semaine l’objet de polémiques en France, après que l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) a réaffirmé devant le parlement que l’opérateur respectait ses obligations de couverture (27% avec son propre réseau et 73% en itinérance sur celui d’Orange). Un diagnostic remis en cause par la concurrence, SFR et Bouygues Telecom, qui soupçonnent Free Mobile d’exploiter un «faux réseau inactif», et, dans les faits, de profiter à 90% des ressources d’itinérance d’Orange.

En ayant déjà capté 200?000 clients chez SFR et 159?000 chez Bouygues Telecom entre le 1er janvier et le 15 février, Free Mobile, selon l’Arcep, pourrait bien atteindre son objectif de 2 millions d’abonnés. «Mais le retour de manivelle peut être tout aussi rapide, avertit Pascal Martin. Les concurrents ont fortement baissé leurs tarifs, et ceux qui ont quitté leur ancien opérateur pour des raisons financières peuvent très vite rebrousser chemin.» Ivan Radja (Le Matin)

Créé: 04.03.2012, 09h11

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