Samedi 19 août 2017 | Dernière mise à jour 22:35

Jeu vidéo Dans «Prey», même les tasses à café font sursauter

Et dire qu'on a failli lâcher le nouveau jeu d’Arkane Studios avant même de l’avoir vraiment commencé.

Une présentation de la station Talos I par ses créateurs.
Vidéo: dr

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Notre rencontre avec «Prey» a commencé avec une démo gratuite (sur Xbox One et PS4) et cela ne s’est pas bien passé.

On se réveille dans un bel appartement avec vue sur les gratte-ciels, on ne voit que nos mains (ça, c’est de la bonne vieille vue subjective, mon bon monsieur), on se lève, on a rendez vous pour des tests, on enfile une combinaison – car on est un scientifique – et on va prendre l’hélicoptère qui nous conduit à la maison mère. Luxe, calme et volupté, le générique est habilement glissé dans le paysage. On passe les tests, ils sont bizarres, puis c‘est l’accident bête: la tasse à café du superviseur derrière la vitre se transforme en une araignée spectrale qui passe à l’attaque. Prisonnier dans notre cage de test, on s’évanouit pour se réveiller – façon «Jour de la marmotte» – dans notre appartement, à la même heure. Pareil mais différent. Là, il faut fuir. Casser la vitre du balcon révèle le pot au rose: comme Truman dans «The Truman Show», nous étions le jouet d’une supercherie. Tout était décors pour faire croire à notre bonne vieille Terre alors que nous sommes, et avons été depuis longtemps, dans une station spatiale. «WTF» (que l’on traduira par «saperlipopette») se dit-on: la station semble abandonnée avec des tas de chaises renversées. Quand le premier mimic – autrement dit l’araignée spectrale – nous saute à la tête, nous n’avons qu’une misérable clé à molette pour nous défendre et au début c’est un peu laborieux. Il est mobile, le bestiau et il nous fait vite descendre notre jauge de vie. Avec en plus l’autre crétin dans l’oreillette qui nous susurre qu’il est notre ami et qui nous invite à nous rendre dans ce qui fut notre bureau de cadre supérieur... La fin de la démo est proche.

Non, pas envie

Puis on a lancé la version complète du jeu. Et là, au troisième saut du lit, plus envie. Le coup du pied de biche et du rampant cracra, on a déjà vu ça avec «Half-Life», un chef-d’oeuvre à l’époque. Le coup de la réalité qui n’est qu’un décor nous fait penser à «Portal» 1 et 2 (autres chefs d’oeuvre) et puis la station spatiale uchronique que le grand cric nous croque si ce n’est pas frappé sur le coin de «Bioshock», la station Talos I semblant être le clone de la base sous-marine Rapture. Trop, c’est trop. L’abus de référence tue, surtout quand elles ne se hissent pas de prime abord au niveau d’excellence des originaux. Alors on décide de rester dans la matrice, de faire la grasse mat’ et de laisser les zigotos en orbite se dépatouiller avec leur invasion alien. Ils l'ont certainement bien cherché en plus.

Mais, finalement, on s’est secoué les puces, on a repris notre clé à molette et on s’est mis à explorer. Non pas comme un bourrin comme auparavant, mais tranquille, décontracté, à la fraîche, en lisant bien les e-mails disséminés ça et là, en apprenant à ne plus avoir peur des mimics après avoir perfectionné la souplesse du poignet, en découvrant des tonnes de subtilités qui facilitent notre survie, ouvrent les routes du possible, attisent la curiosité et finissent par happer dans l’univers formidable d’un «triple A», bien plus ambitieux et original que ses prémisses ne laissaient le croire.

Nous voilà désormais conquis et bien mieux équipé pour progresser dans le dédale. Et là, on pense à une autre franchises culte des années 90: «System Shock». Mais cette fois la référence n’est pas écrasante. Elle indique juste que «Prey» exhume un gameplay issu d’un des âges d‘or du jeu sur PC, un peu plus exigeants, certes, mais aussi autrement plus gratifiant. Il va sans dire que les amateurs de jeux vidéo, plus contemplatif, ou, dans le sens opposé, plus frontaux, pourront assez facilement se sentir à côté de la plaque. On le conseille donc plutôt aux gamers, adeptes de sensations fortes et de jeux à forts contenus narratifs qui se jouent en solo.

Conçu par la filiale d’Austin (au Texas) d’Arkane studios, un développeur français désormais en main de l’américain Zenimax (et Zenimax c’est la maison mère de Bethesda, créateur de «Fallout»), «Prey» vient de loin. L’original homonyme était, en 2006, un bon jeu mais dont la gestation fut très longue et très compliquée. Le succès commercial fut suffisant pour qu’une suite soit mise en chantier. Cette dernière a été annulée par Bethesda, son nouveau propriétaire, insatisfait du résultat et qui a préféré tout effacer pour confier à Arkane - Austin une page blanche avec comme principale contrainte de conserver le titre original.

C'est compliqué mais qui l'eût cru, cela débouche sur un jeu qui devrait laisser des traces.

Disp. sur PC, PS4 et Xbox One depuis le 5 mai 2017. (Le Matin)

Créé: 09.05.2017, 09h06


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