Lundi 25 mars 2019 | Dernière mise à jour 15:32

Interactif Les beautés cachées de «What Remains of Edith Finch»

Cet été, une expérience narrative fait exploser le plafond de verre du jeu vidéo. En son genre, un chef d'oeuvre.

La bande-annonce de "What Remains of Edith Finch"
Vidéo: YouTube / Anapurna Interactive

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«What Remains of Edith Finch» est-il un jeu vidéo? Non, répondrons ceux qui n'apprécient de cette industrie que les catégories les plus classiques: jeu de tir, de stratégie, jeu de sport, de conduite... Oui, affirmeront ceux qui ont déjà eu la chance d'avoir pu se délecter de chacune des minutes qui composent les trois à quatre heures qui permettent d'arriver au terminus. Car ce qu'ont réussi les créateurs du studio Giant Sparrow est ce que l'on croyait contradictoire: la quasi parfaite fusion de la narration et de l'interaction.

Une des pièces scellées de la demeure Finch

Tout commence sur un ferry. Un passager dont nous ne voyons que les mains ouvre un journal intime, celui d'Edith Finch. Le préambule écrit (traduit en français), doublé par une voix féminine (anglaise sous-titrée) a tôt fait de devenir notre nouvelle réalité. Nous sommes en 3D subjective, dans une forêt. L'océan n'est pas loin, la vieille bâtisse familiale abandonnée est en vue. La clé en poche n'ouvre pas la porte, mais parvenir à entrer dans la maison de son enfance n'est pas difficile. Jusque une question de jugeote et d'observation.

L'étrange construction vue de l'extérieur. Les textes sont traduits en français.

Vous nous voyez venir. «What Remains...» n'est pas le premier à faire le coup de la maison vide que l'on suppose pleine d'énigmes tordues ou rendue infernale par la présence de fantômes ou de monstres dépeceurs. Découvrir que la plupart des chambre, celles des parents comme des enfants (sur quatre générations) sont mystérieusement scellées et ne sont accessibles que par des voies détournées laissent même craindre le retour des clichés et des frissons faciles. Il n'en sera rien bien que la mort, la perte et le deuil soient au cœur de ce roman numérique. Mais arrêterons-nous là pour ne pas divulgâcher plus avant.

«What Remains of Edith Finch» est apparemment sans difficultés majeures. Seule deux séquence réclament une petite débrouillardise dans la coordination des mouvements, allez trois. Il n'y a pas à proprement parler d'énigmes tordues pour nous maintenir de longues minutes devant une porte close, pas vraiment de sanction, ni d'obstacle délicat à franchir. Mais s'il paraît sans difficulté c'est aussi parce qu'une narration d'une rare subtilité sert de guide. Simple de prime abord, tantôt terre à terre, parfois allusive quand elle se trouve proche de la logique du rêve, inventive par son intégration dans la mécanique ludique et d'une profondeur remarquable une fois toutes les pièces assemblées (dans le sens propre comme dans le sens figuré).Une recette parfaite lorsqu'on souhaite dépasser la seule accumulation d'émotions fortes.

Un crescendo émotionnel qui culmine avec ce conte.

A ce petit jeu, «Ce qui reste d'Edit Finch» touche au sublime. Au moins deux histoires dans l'histoire réalise pleinement la fusion impossible. Et si l'aventure partage thématiquement de nombreux points avec «Rime», «What Remains of Edith Finch» touche en profondeur ce que ce jeu indépendant espagnol, pourtant tout à fait recommandable, ne fait qu'effleurer.

Au chapitre technique, les possesseur d'un PC configuré pour le jeu bénéficient de la version la plus satisfaisante, les versions PS4 et Xbox One étant victimes de baisse du taux d'images par secondes ça et là et d'ajustements graphiques en fonction de la distance parfois voyants. Rien de rédhibitoire cependant.

«What Remains of Edith Finch» (ed. Anapurna Interactive) est disponible en version dématérialisée sur Steam, sur le PlayStation Store et sur le marché Xbox (19 francs).

(Le Matin)

Créé: 25.07.2017, 10h25

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