Lundi 16 septembre 2019 | Dernière mise à jour 22:04

Interactif Les jeux de la rentrée louchent sur le paranormal

«Control» sur Xbox One, PS4, PC ou «Astral Chain» sur Switch? Du beau et du bon dans les deux cas mais assurément pas du même monde.

La bande-annonce de «Control».
Vidéo: YouTube/Remedy

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Quels points communs réunissent les jeux vidéo «Control» et «Astral Chain»? Pas leur origine, l'un est finlandais (studio Remedy), l'autre japonais (studio PlatinumGames). Pas leur plateforme puisque «Control» est disponible sur Windows, Xbox One et PlayStation 4 tandis que «Astral Chain» est une exclusivité conçue pour la Switch de Nintendo. Les deux ont néanmoins l'insigne honneur d'ouvrir la rentrée vidéoludique en proposant un divertissement ambitieux et un gameplay mitoné aux petits oignons.

Commençons par «Control», le titre qui nous est culturellement le plus proche. Le jeu s'ouvre dans la rue, sans autre forme de présentation. Jesse Faden entre dans le très imposant, très mystérieux et à ce stade très vide immeuble du «Federal Bureau of Control».

Jesse Faden, propulsée nouvelle directrice du «Federal Bureau of Control». Les pouvoirs télékinésiques sont compris dans la fonction.

Nous remarquons très vite que cet univers aseptisé et fonctionnel est parti aux fraises, entendez que les bureaux sont balayés par des vagues de paranormalité galopantes. Cela commence par des corps flottants dans l'air, figés et inquiétants. Cela continue avec notre première rencontre, avec un concierge plutôt bonhomme mais extrêmement cryptique.

Tout s'accélère une fois le bureau du directeur trouvé. Le bougre ayant (apparemment) mis fin à ses jours, Jesse se saisit de son pistolet qui, en quelque sorte, entre en symbiose avec sa nouvelle propriétaire. La voici propulsée «directrice» et progressivement dotée de pouvoirs: celui de tirer avec des armes modulable et celui de propulser par télékinésie tous les objets à portée d'esprit. Très utiles contre les adversaires possédés et agressifs qui se matérialisent au détour d'un couloir. D'autres capacités, notamment celle qui permet de léviter, viendront plus tard.

Combats, explorations, améliorations, assainissement de points de sauvegardes/téléportation, reconstitution des faits, assemblage très progressif d'une narration... On retrouve dans «Control» ce qui rend les productions Remedy uniques à commencer par les vénérables «Max Payne», le devenu culte «Alan Wake» mais aussi l'injustement sous-estimé «Quantum Break». «Control» pourrait même passer pour une synthèse tant il a su emballer le meilleur de ces illustres ancêtres dans une maniabilité renouvelée.

Il n'en reste pas moins que certains défauts – dont une partie viennent probablement d'un retour vers un budget plus modeste et d'un degré de finition moins obsessionnel que de coutume – viennent ternir un tantinet l'expérience mais, heureusement, sans lui nuire de manière radicale. Pour en atténuer les effets négatifs, on conseillera d'abord de vous détourner du doublage français, pourtant pas déshonorant mais horriblement mal synchronisée, au profit de la version anglaise et des sous-titres français. Bien que soigneusement modélisé, le personnage de Jesse Faden ne sait pas sauter, ou plutôt saute comme un avatar d'il y a dix ans. Ce n'est pas très joli mais on s'habitue. Et pour rester dans la modélisation, tous les «acteurs» du jeu ne sont pas traités à la même enseigne. Au gré des rencontres, on oscille entre l'excellent proche du photo-réalisme et le bizarre.

«Astral Chain»

«Astral Chain», ensuite. Pour tout dire, on pensait que ce n'était qu'une succession de combats à la japonaise de plus. C'était sous estimer le studio dont «Nier: Automata», le précédent triple A (production de prestige et budget conséquent), avait surpris son monde par sa diversité de modes de jeu et sa profondeur. Ce qui est amusant dans «Astral Chain» est que, comme pour «Control», il est question d’entités venues d'une autre dimension qu'il s'agit de renvoyer à leurs chères études en utilisant le même type de créatures agressives mais contrôlables une fois enchaînées.

La bande-annonce de lancement de «Astral Chain»

Si «Astral Chain» paraît moins adulte que le jeu finlandais, c'est sans doute parce que l'occidental qui ne tète qu'avec parcimonie le sein blanc de la culture nippone devra faire un effort. À commencer par accepter les figures imposées propres à tant de mangas et autres animés: ici, on trouve des héros adolescents aux grands yeux de biche qui promettent de «travailler dur» les mains sur la couture du pantalon, des figures paternelles intimidantes, un humour bon enfant et des ficelles mélodramatiques traitées dans un émouvant premier degré.

Mais derrière ce formatage potentiellement déstabilisant , la subtilité se niche là ou ne l'attend pas, parfois même intégrées au gameplay. Du côté technique, on relève que, malgré les limitations de la Nintendo Switch en matière de puissance brute, le jeu ne manque pas d'impressionner.

Créé: 04.09.2019, 14h56

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