Jeudi 9 juillet 2020 | Dernière mise à jour 19:29

Interactif Un jeu? Une série? Non, c'est «Quantum Break»

Le nouveau bébé des finlandais de Remedy réussit là où de nombreux jeux vidéo se sont cassés les dents. Voici pourquoi.

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Autant le dire tout de suite. Si, en pratiquant le jeu vidéo, vous êtes du genre à zapper toutes les partie explicatives et à vous moquer de la narration comme d'une guigne au profit de l’action pure (qui consiste généralement à tirer sur tout ce qui bouge), vous ne serez sans doute pas enclin à apprécier «Quantum Break» (quoique). Il faut dire que la plupart des tentatives expérimentées jusqu’ici ont produit des résultats décevants. Un des plus cinglants exemples récents n’est autre que «The Order: 1866» sur PlayStation 4, superproduction tellement plus préoccupée d’être un film qu’un jeu que la manette en est tombée des mains des gamers les plus tolérants. Et pourtant de considérables moyens et talents avaient été déployés.

Au nom de l'amitié

Sans faire des miracles, les finlandais du studio Remedy s’en sortent autrement mieux avec «Quantum Break», leur dernier bébé. Le pitch, d’abord. Jack Joyce, dans le rôle du mauvais garçon avec bon fond, est invité par son ami d’enfance Paul Serene, devenu PDG charismatique, dans son labo universitaire high-tech. A quatre plombes du mat’, c’est suspect. Mais que ne ferait-on pas pour un vieux pote. Jack sera le témoin actif d’un accident avec une machine dont le dysfonctionnement provoque une rupture temporelle avec, à terme une catastrophe imminente: la fin du temps dans laquelle toute vie sera figée. Dans cet intervalle, Jack acquerra la capacité de manipuler le temps et, avec quelques alliés et contre quelques opposants, tentera de réparer ce qui peut l’être. Réussira-t-il? Vous le saurez au terme de 5 actes, dont les quatre premiers s’achèvent par un épisode vidéo de 30 minutes, et un final explosif. Le tout dans une expérience globale que l’on évalue à une bonne dizaine d’heures.

Un exemple de manipulation temporelle dans le jeu

Quatre épisodes vidéo

La réussite de «Quantum Break» tient dans le fait que le jeu n’est pas sacrifié à l’histoire. A aucun moment un tunnel uniquement narratif nous est imposé: toutes les séquence non interactives sont zappables. Et si on accepte de les vivre, c’est parce qu’elle sont soutenues par un scénario habilement construit, une direction d’acteur professionnelle et une réalisation solide, qui n’a pas à rougir à être comparée à une série standard. C’est aussi bête que cela. Mieux encore, elles deviennent essentielles pour enrichir l’expérience du joueur. Laisser tomber la manette une demi-heure avant de la reprendre devient subitement envisageable.

Extrait vidéo: en fonction du choix du joueur, un personnage secondaire meurt

Exploration et combats

Quant au jeu, de l’action qui se décompose en phase d’exploration, de plate-forme et de combats contre les employés hautement armés de la multinationale Monarch. Il bénéficie du savoir faire de Remedy qui, depuis Max Payne, a toujours intégré dans ses gameplays la faculté de ralentir ou d’accélérer le temps. Leurs recherches trouvent ici une forme d’aboutissement aussi bien technique qu’artistique.

Extrait vidéo: en fonction du choix du joueur, un personnage secondaire survit

Des choix oui, mais limités

La dernière tarte à la crème du film interactif, soit la possibilité donnée au joueur de modifier le cours du scénario, est aussi assez bien gérée tout en montrant ses limites. A quatre moments clés, il vous est demandé de choisir entre deux options. Et ces choix modifient quelques péripéties aussi bien dans les épisodes de la série que dans le jeu lui-même. Cela se traduit notamment par des personnages secondaires qui survivent en empruntant l’option A ou qui disparaissent avec l’option B. Aucun ne modifie cependant radicalement l’issue du jeu. Du coup, on doute que ces variations sur une même trame incitent, vraiment à recommencer «Quantum Break» pour en découvrir toutes ses ramifications. Mais selon la théorie du voyage dans le temps privilégiée par Remedy, celle qui affirme qu'on peut certes remonter dans le passé mais guère le modifier, tout cela reste parfaitement cohérent.

«Quantum Break» est officiellement sorti le mardi 5 avril 2016. Le jeu est disponible sur Xbox One et sur PC Windows.

Créé: 05.04.2016, 10h52

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