Mercredi 24 avril 2019 | Dernière mise à jour 21:32

Commentaire Ce que Netflix a compris de la Suisse l'a rendu plus fort

A moins que Disney, Apple et les autres parviennent à offrir rapidement une même cohérence de service, l'actuel leader sur le marché de la vidéo en streaming va continuer à marcher sur du velours.

Disney+, ce sera pour le 12 novembre 2019, aux Etats-Unis seulement. Dans quel état le service de vidéos sur abonnement abordera-t-il les côtes helvétiques?

Disney+, ce sera pour le 12 novembre 2019, aux Etats-Unis seulement. Dans quel état le service de vidéos sur abonnement abordera-t-il les côtes helvétiques?

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Dans la nuit de jeudi à vendredi, le groupe Disney a dévoilé quelques détails clés sur son futur service de vidéo en streaming. En résumé, le prix de l'abonnement est apparemment riquiqui (7 dollars par mois pour l'offre de base), le lancement est prévu le 12 novembre 2019 mais aux Etats-Unis seulement. Son extension, d'abord en Europe de l'Ouest (Suisse comprise?) n'est pas encore clairement fixée. Son catalogue maison, consolidé par l'acquisition de la 20th Century Fox et alimenté par des franchises populaires («Star Wars» et Marvel), promet d'être spectaculaire. À cette offensive s'ajoute l'arrivée prochaine d'autre acteurs de poids, dont Apple à partir de cet automne.

Vue de Suisse romande, cette nouvelle étape de la guerre ressemble encore (et probablement pour longtemps) à une lointaine canonnade. La situation actuelle du marché de la disponibilité à gogo de contenus moyennant un abonnement se caractérise par une domination quasi sans partage de Netflix. Une domination qui est bien partie pour le rester. Car cette dernière ne s'explique pas seulement parce qu'il s'agit d'un géant américain aux moyens colossaux fort d'un catalogue (séries, films, documentaires, one man show...) riche, mondialisé et varié. Mais surtout parce que le service a su donner l'impression d'avoir le mieux compris la Suisse et la complexité de son marché divisé en régions linguistiques. Pour le comprendre, il suffit de regarder du côté de l'actuelle maigre concurrence nationale et internationale.

Prime Vidéo chez Amazon

Malgré une offre consistante (bien qu'inférieure en quantité), on déplore la cohabitation d'un catalogue pour public germanophone et pour public francophone avec son cortège de doublage et de sous-titre manquants. On a repéré dans cas de recadrage ou d'erreur de format. La navigation dans l'interface n'est en outre pas très agréable. Le doublage est calé sur le choix de la langue par défaut de l'interface. Il est à chaque fois obligatoire de passer par la case option pour accéder à la langue originale (mais, bizarrement pas pour les sous-titres). Bref le service est loin d'être digne d'un leader mondial du commerce en ligne.

Hollystar.ch

Les contenus par abonnement (uniquement pour des films, donc insatisfaisants) sont cachés sous un menu au nom obscur: «Pack Box-Office». Ils se trouvent par ailleurs noyés dans un catalogue bien plus fourni de films ou de séries proposés à l'achat ou à la location. Du coup, le service donne souvent la désagréable impression que l'on paie deux fois pour un contenu même si ce n'est pas le cas en réalité. Mais on trouve de la VF ou de la VOST quasiment à tous les étages une fois la langue française choisie pour l'interface.

Canaplus.ch/Mycanal

Offre de contenus par abonnement noyée dans des bouquets franco-français confus et trop morcelés issus de l'évolution du Canal Plus historique. On ne comprend pas de prime abord si Canal nous vend de la télévision linéaire ou des contenus en flux directs. On y trouve en outre trois offres d'abonnement certes difficilement comparables avec ceux de Netflix mais qui laissent un goût de peu compétitif.

Face à ces «aveugles», Netflix prend alors des allures de «borgne roi», surtout pour les sérivores. Le manque de films récents (chronologie des médias oblige) est compensé par la mise en ligne de produits maison de prestige. Mais surtout, Netflix ne paraît jamais s'emmêler les pinceaux ni dans les langues ni dans les sous-titres, le tout dans une relative simplicité de navigation. Il est à ce titre extrêmement décevant de s'apercevoir que des acteurs nationaux, on pense en particulier à UPC et à Swisscom, ne sont jamais parvenus à mettre sur pied des services adaptés avec la même pertinence aux régions linguistiques couvertes.

Voilà pourquoi, vu par notre petit bout de la lorgnette, Disney, Apple et tous leurs amis n'arriveront pas en Suisse avec de quoi inquiéter l'actuel leader sans avoir au préalable compris la complexité de ce tout petit territoire. Ce qui est loin d'être gagné. (Le Matin)

Créé: 14.04.2019, 10h04

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