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Loisir Des Romands adoubés par Nintendo

Après un long processus de sélection, les Vaudois de Digital Kingdom sortiront leur premier jeu sur Nintendo Switch mi-mai. Un succès qui inspire d'autres studios suisses.

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D’anciennes consoles qui traînent au sommet d’une étagère, quelques affiches ici et là. Les locaux de Digital Kingdom, à Vevey (VD), sont étonnamment sobres. Pourtant, le 17 mai prochain, c’est une véritable consécration qui attend le studio fondé par cinq trentenaires romands. Après un processus de sélection de près de cinq mois, leur jeu «Invisiballs» sera enfin disponible sur la plateforme de téléchargement de Nintendo Switch.

«On est honorés de pouvoir publier pour la première fois quelque chose sur console, c’est très rare en Suisse», sourit Benjamin Vurlod. Il souligne toutefois que deux ou trois autres studios helvétiques devraient suivre leurs traces dans les mois à venir (lire ci-contre). «C’est une marche supplémentaire pour nous. Jusqu’à maintenant, on avait travaillé seulement sur mobile», précise-t-il. Avec succès puisque leur jeu «YamGun», sorti en 2015, totalise plus de 800 000 téléchargements et compte encore 30 000 utilisateurs actifs.

Et pour ce passage au niveau supérieur, les créateurs vaudois ont pris des risques. «Invisiballs», c’est une sorte de cache-cache du futur dans un labyrinthe fluo. Mais c’est un jeu très expérimental parce qu’on ne voit pas les personnages à l’écran», détaille Benjamin Vurlod. En réalité, seules les vibrations des manettes – notamment lorsqu’on touche un mur – permettent de se repérer sur la carte. «Vous n’apparaissez que quand vous attaquez un adversaire. C’est très stratégique et cela demande un peu d’instinct», assure le cofondateur. Vendu 13 francs, «Invisiballs» est uniquement multijoueur. «Tout l’intérêt, c’est de défier les autres. Le ping-pong tout seul, c’est vite ennuyant.»

Le plus dur débute

Mais avant de pouvoir s’afficher sur la plateforme du géant japonais, «Invisiballs» a dû passer par un long processus de sélection. «Au total, cela a duré plus de quatre mois. C’est assez pointu, ils testent toute la technique. Il y a tout un cadre et un accompagnement qui n’existent pas du tout sur mobile», se souvient Benjamin Vurlod. Mais pour le Vaudois, aucun doute: le plus dur débute tout juste. «Concevoir un jeu, c’est une chose, réussir à le vendre, c’en est une autre. Désormais, il va falloir le mettre à jour et le faire connaître pour qu’il ait sa propre vie.» Car Digital Kingdom a un objectif très clair pour son nouvel opus dont les frais de développement sont estimés à 100 000 francs. «Le but, c’est de le rentabiliser mais aussi de nous permettre de financer un nouveau jeu de la même envergure, voire plus cher.»

Jusqu’à maintenant, le studio travaille surtout sur ce type de projets le soir et le week-end. «À l’heure actuelle, ce qui nous fait vivre à 80%, ce sont les mandats de clients extérieurs, notamment pour des jeux éducatifs.» À terme, les cinq associés espèrent pouvoir consacrer davantage de temps à plancher sur leurs propres créations. «Parce que ce ne sont pas les idées qui manquent, on en a plein les tiroirs.»

Créé: 04.05.2018, 10h03

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