Vendredi 13 décembre 2019 | Dernière mise à jour 08:23

Séries et jeux Un lancement compliqué pour Disney+ et Stadia

Bugs, engorgement et piratage de comptes pour le service de vidéo en streaming de Mickey. Contre-performance et prestations incomplètes pour le service de jeu vidéo dans le «cloud» de Google. Même les géants connaissent des ratés au démarrage.

Image inspirée par «The Mandalorian», une série de prestige incluse dans l'univers étendu «Star Wars» et dans le catalogue de lancement de Disney+.

Image inspirée par «The Mandalorian», une série de prestige incluse dans l'univers étendu «Star Wars» et dans le catalogue de lancement de Disney+. Image: Disney+

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il fallait s'y attendre, les lancements en novembre de Disney+ (séries et films) et de Google Stadia (jeu vidéo), deux services de diffusions en flux continus de divertissements numériques, n'ont pas été sans heurts.

L'empire de Mickey (qui dispose des catalogues Pixar, Marvel, 20th Century Fox et Lucasfilm) a officiellement ouvert son service de vidéos par abonnement Disney+ le 12 novembre aux Etats-Unis, au Canada et aux Pays-Bas. La souris qui a tout pour effrayer l'éléphant Netflix, a concédé avoir été un tantinet dépassée par son succès: plus de 10 millions de clients se seraient rués sur le service dans les premières 24 heures. Service qui a tout de suite montré de sérieuses limites: impossibilité de se loguer, impossibilité de lancer une diffusion, rapporte ainsi ZDnet.com. Crashs à tous les étages et grandes difficultés de l'aide en ligne de répondre dans un délais raisonnable aux sollicitations de clients frustrés, renchérit GQmagazine.fr.

Disney+ vante l'attrait de son catalogue dans cette bande-annonce.

D'autres nouveaux clients attentifs n'ont pas manqué de relever un sérieux problème de formats de diffusion de vieux contenus (des anciens longs métrage d'animation Disney et «les Simpsons» notamment) qui ont nécessité une correction dans la hâte. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Disney devait encore gérer de nombreuses plaintes d'abonnés qui affirment avoir été dépossédés de leur compte par des pirates. Comptes dont le mot de passe a été changé pour être revendus aux plus offrants. Les responsabilités (faille de sécurité chez Disney ou usagers imprudents avec la gestion de leur mot de passe) devaient être encore déterminées la semaine dernière.

Stadia habillé pour l'hiver

Si les problèmes commencent à se conjuguer au passé pour le groupe Disney, comme en témoigne un lancement moins tumultueux en Australie et en Nouvelle Zélande, le 19 novembre, il n'en est pas de même pour Google qui, pour son service de jeux vidéo sans consoles Stadia, a été habillé pour l'hiver par les premiers testeurs, prompts à communiquer leurs déconvenues, notamment sur YouTube.

En deux mots, Stadia promettait aux premiers souscripteurs du service (ouvert le 19 novembre dans 14 pays, dont les Etats-Unis et la France; mais pas la Suisse) de pouvoir acheter des gros jeux gourmands en puissance de calcul et de les pratiquer sur n'importe quel écran (moniteur, TV, laptop, smartphone, tablette...) sans avoir à les posséder sur un support physique ou sans avoir à les télécharger. Le jeux tournent sur les serveurs de Google et toutes les interactions passent par Internet. Et pour autant que votre connexion égale ou dépasse une certaine vitesse (35 Mbps), Stadia promet des jeux qui tournent à 60 images par secondes, en 4K et avec des graphismes HDR (High Dynamic Range), soit aussi bien que sur le plus puissants des PC et mieux que les consoles de la génération actuelle.

La dernière bande-annonce en date pour le service Google Stadia: au menu, humour bon enfant et promesses qui ne sont pas toutes tenues au lancement selon les premiers test.

Le retour sur Terre a été violent. Attendu avec un bonne dose de scepticisme (dont on ne peut exclure quelques a priori), l'accueil fut globalement glacial aussi bien dans les médias que sur les réseaux sociaux avec l'expression d'une grosse déception pour un majorité et avec une minorité qui, au bénéfice de tous les prérequis, s'avoue «impressionnée» par l'exploit technique.

Au chapitre des griefs, la latence (soit le temps entre une action sur la manette et la réaction dans le jeu) parois jugée acceptable, parfois trop élevée, la compression de l'image qui floute plus ou moins les graphismes même s'ils sont en 4K, les performances maximales (30 ou 60 images par secondes par exemple) variables selon les jeux... À cela s'ajoute un catalogue de lancement qualifié de faiblard (une vingtaine de titre assez anciens pour la plupart) et de nombreuses prestations clés qui ont été repoussées de plusieurs jours, semaines voire mois.

Un tweet de Jason Schreier, chroniqueur influent du site Kotaku.com, qui évoque un «monumental flop» de Google Stadia à son lancement et, selon une source interne, des «précommandes en-dessous des attentes».

Il y a un consensus pour considérer que Google a lancé, le 19, une version bêta de son portail mais facturée au prix d'un service finalisé. Il y a un autre consensus pour affirmer qu'au stade actuel, Google vend du rêve mais que ce rêve n'est accessible qu'à quelques «happy few». Enfin dernier grief et pas des moindres: la déception de constater que Google n'a pas choisi un modèle à la Netflix (tous les jeux disponibles moyennant un abonnement) au bénéfice d'un modèle où les jeux se paient à l'unité en plus d'un droit d'accès à un service dit «premium».

Rendez-vous est pris en 2020, pour autant que Disney+ (très probable) et Stadia (probable) décide d'ouvrir leurs portes aux consommateurs helvétiques.

Jean-Charles Canet

Créé: 26.11.2019, 08h43

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.