Mardi 18 juin 2019 | Dernière mise à jour 18:12

Entrée en bourse Ce qui va changer sur Facebook

Davantage de publicité, des services premium et payants: le puissant réseau social va changer de visage suite à son introduction en bourse.

La première évolution devrait viser les applications Facebook pour smartphones et tablettes.

La première évolution devrait viser les applications Facebook pour smartphones et tablettes. Image: Keystone

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Fini de rigoler. Avec son entrée en bourse prévue vendredi, Facebook va se placer sous la pression permanente des investisseurs. Et pour maximiser leurs profits il n’y a qu’une recette: monétiser les informations des utilisateurs en exploitant au maximum leurs envies d’achats.

Du coup, le puissant réseau social pourrait bien faire passer la publicité avant le confort de ses membres. Les premiers changements n’interviendront pas ce week-end, qu’on se rassure. Mais à terme, les répercussions de cette entrée en bourse vont changer le visage de Facebook.

Publicité sur les mobiles

La première évolution devrait viser les applications Facebook pour smartphones et tablettes. 488 millions de mobinautes (sur 901 millions de membres au total) s’en servent pour accéder au réseau social.

Pour l’instant, l’entreprise de Mark Zuckerberg ne tire quasi aucun revenu de ses applis, faute d’espace dévolu à la pub. Facebook est conscient de cette faiblesse et a promis des changements rapides lors de sa présentation aux investisseurs. A cette fin, le réseau social a commencé d’introduire un système d’«actualités sponsorisées», des messages commerciaux ciblés apparaissant dans le fil d’actualité.

Spam modéré sur le site

La publicité devrait aussi gagner en intensité sur le site web de Facebook. Mais le spectre des pop-ups sauvages est encore loin. «Facebook doit garder son aspect familial tout en incorporant des publicités sponsorisées», avertit Venkat Venkatraman, professeur de management à l’Université de Boston.

Facebook pourrait explorer de nouvelles formes de pub: on peut s’attendre à ce que des amis qui vous conseillent des produits. Les incitations à se géolocaliser devraient augmenter, de même que de pages soutenues par des entreprises et doublées de campagnes en ligne pour les «liker».

Ouvrir les vannes de la vie privée

Un autre levier à disposition de Facebook pour créer de nouvelles sources de revenus est d’ouvrir encore les vannes de la vie privée. Les méthodes directes et pas toujours transparentes du puissant réseau social promettent des passes d’armes passionnantes avec les autorités de protection des données. Il faudra lire la prochaine mise à jour des conditions d’utilisation avec attention, pour voir où l’entreprise lâche du lest.

Facebook a déjà annoncé qu'il planchait sur des publicités qui s'afficheront sur des sites tiers. Des informations qui jusqu'ici restaient dans l'écosystème du réseau social apparaîtront donc ailleurs sur la Toile. Par exemple, pour vous annoncer que tel ou tel «Friend» aime tel auteur, lorsque vous surfez sur le site d'un vendeur de livre.

Offre premium

L’hypothèse de changements plus drastiques, par exemple d’une version premium payante avec fonctionnalités améliorées, dépendra entièrement de Mark Zuckerberg, et de sa volonté de satisfaire les exigences de rentabilité présentées par des investisseurs. Facebook teste déjà en Nouvelle-Zélande un système de posts payants. En clair, pour être lu et squatter la tête du fil d’actualité, il faut passer à la caisse.

Davantage de services

L’entrée en bourse, avec une valorisation autour des 100 milliards de dollars, va aussi doter le réseau social de moyens colossaux. Une partie servira à développer de nouveaux services, que ce soit à l’interne ou par le rachat de concurrents.

Certains analystes verraient bien Facebook profiter de cette manne boursière pour investir dans le hardware. Et lancer enfin un smartphone entièrement dédié au réseau social.

Le spectre de MySpace

Toute l’astuce consistera à créer de nouveaux revenus sans faire partir ses membres. «La relation avec l’utilisateur prend du temps à se construire mais elle peut très vite se casser, comme l’a montré l’expérience MySpace», souligne James Lenz, professeur d’économie à la Rice University. Le site pionnier des réseaux sociaux, lancé par des publicitaires en 2003 et acheté en 2005 par le groupe de Rupert Murdoch, s’est fait dépasser par Facebook dès 2008 et n’a jamais su se relancer.

(nxp)

Créé: 15.05.2012, 12h04

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