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Téléchargement La Suisse, paradis des pirates du Net

Qui sera le prochain à tomber? Après la chute de Mega­Upload, les spéculations vont bon train sur les concurrents proposant de l’hébergement en ligne et du partage de fichiers.

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Pris de panique, les célèbres Filesonic et FileServe ont réagi: le premier a supprimé son service de partage, le second ne rétribue plus les internautes transférant les contenus les plus populaires. La Berezina? Pas pour tout le monde. RapidShare n’a pas bougé d’un iota. Et c’est en Suisse, dans le canton de Zoug, que la société allemande est basée.

Contactée, RapidShare ne craint pas de voir le FBI débarquer dans ses bureaux. La société se borne à répéter qu’elle offre «un service totalement légal, comme Swisscom ou YouTube». Le fournisseur d’hébergement et de partage de fichiers a en effet la loi suisse derrière lui.

D’ailleurs, à l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle, le chef du service juridique des droits d’auteur et des droits voisins, Emanuel Meyer, doute que RapidShare subisse le même sort que MegaUpload. «Pour la loi suisse, il y a une différence essentielle. MegaUpload a comme modèle commercial l’échange de fichiers protégés par le droit d’auteur. RapidShare fait plutôt la promotion d’enregistrements de données personnelles auxquelles on peut accéder depuis n’importe où.»

RapidShare dans le collimateur Pourtant, la société basée en Suisse héberge aussi des fichiers illégaux. «Oui, il y a des possibilités d’abus chez RapidShare, confirme Emanuel Meyer. Mais, je le répète, chez MegaUpload, cela me semble être le modèle commercial.» Avec cette loi, on peut se demander si d’autres hébergeurs ne vont pas en profiter pour s’installer sur notre territoire.

C’est ce que pense Sébastien Fanti, avocat spécialisé dans le droit des technologies avancées. «La Suisse est devenue le nouveau paradis, martèle-t-il. Le Conseil fédéral dit que tout va bien. On nous prend pour des imbéciles!» Selon lui, RapidShare est dans le collimateur du gouvernement américain. «Si les Etats-Unis savent que la Suisse ne lutte pas, ils vont très probablement montrer les dents. Et cela se passera comme avec la fiscalité. Si j’étais à la place des dirigeants de RapidShare, je ne prendrais pas de vacances aux Etats-Unis dans les dix prochaines années.»

Une chose est sûre, les millions d’utilisateurs orphelins de Mega­Upload ne se sont pas tournés vers les plates-formes légales de vidéos, comme l’espéraient les ayants droit. C’est bien sur ses concurrents, tel RapidShare, qu’ils se sont rabattus. Leur trafic a explosé.

Créé: 28.01.2012, 00h25

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