Samedi 15 décembre 2018 | Dernière mise à jour 16:27

Classique A 13 ans, Oleg lance un festival

Oleg Gafner a écrit un jour à la Municipalité de Lausanne pour exposer son envie de créer le Festival 4 Saisons. Enthousiasme général: il commence aujourd’hui!

Image: Yvain Genevay

FESTIVAL 4 SAISONS

Le premier concert, celui d’hiver, verra le Bazar Quartet jouer «Hedwig’s Theme» de John Williams (tiré de la BO d’«Harry Potter»). Aurore Grosclaude interprétera du Chopin, du Kapustin et du Bach. Et le Quatuor Opus 4 s’attaquera au splendide quatuor à cordes op. 35 de Maurice Ravel.

Ce soir à 19 h à la Maison de Quartier de la Pontaise, à Lausanne. Entrée libre, avec collecte à la sortie. Pour les informations concernant les trois prochaines soirées:

www.festival4saisons.ch

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Lorsqu’on s’apprête à rencontrer le créateur d’un festival de musique classique, on ne s’attend pas à se retrouver en face d’un blondinet moulé dans un slim, bagues aux dents et Vans aux pieds! Lui, c’est Oleg Gafner, 13 ans, passionné de musique classique et de transports. Sa chambre, à Lausanne, regorge de maquettes d’avions, de livres sur les trains, d’objets vintage des CFF, entre des cartes postales noir et blanc représentant des violoncelles. Oleg est violoncelliste depuis dix ans déjà. «A 3 ans, en entendant les «Suites pour violoncelle» de Bach, j’ai dit à mes parents que c’est ça que je voulais faire», explique l’ado, calé sur son lit.

«Un projet farfelu»

La musique, c’est une histoire de famille chez les Gafner. Son papa jouait du hautbois avant de devenir photographe, sa maman est pianiste, sa petite sœur est altiste et l’aînée joue de la harpe. De son côté, Oleg mûrit une idée de cette atmosphère musicale permanente: «J’avais 12 ans, je réfléchissais au fait que nous, jeunes musiciens, on ne se produit jamais à part aux auditions ou au mieux devant des amis.» Il rêve alors d’un festival où se produiraient uniquement de jeunes musiciens (ici, entre 11 et 19 ans). «Tout mon entourage a trouvé cette idée totalement farfelue.»

Il ne se décourage pas – «Tant pis, moi j’y crois» – et, dans son coin, il écrit une lettre «truffée de fautes d’orthographes» au syndic de Lausanne, Daniel Brélaz. Pas de réponse. Le temps faisant son ouvrage, il oublie un peu et retourne à sa vie d’ado. Mais, un jour, arrive un courrier qui l’invite à présenter son projet à la Municipalité. Branle-bas de combat: Oleg a deux jours (et nuits) pour monter une association, avec, ce coup-ci, l’aide de ses proches. «Après ce monstre boulot, j’ai présenté le projet devant un comité. Le lendemain, il a donné son feu vert! Depuis là, on a pensé au qui, où, comment.» Son choix s’est arrêté sur une maison de quartier, celle de la Pontaise, pour «démocratiser la musique classique, l’ouvrir aux gens, aux autres ados». C’est qu’il est important pour lui de décloisonner ce genre à ceux de son âge, lui qui a «des copains de classe et des copains de Conservatoire». Lui qui, citant Brel, Aznavour, Piaf, n’écoute pas de «musique actuelle», exception faite pour Zaz «qui est très jazzy» et pour Nirvana et les Red Hot Chili Peppers, groupes «qui changent» et qu’il a découverts grâce à sa sœur aînée.

Dépassé par son succès

Oleg, entre bonne humeur et tension, explique que ce premier concert va être serré: «On est victime de notre succès. Toutes les places assises sont déjà réservées.» Avant d’ajouter en riant: «Mais les gens peuvent amener leurs coussins pour s’asseoir par terre!» Certains réservent déjà pour le concert de printemps qui aura lieu le samedi 2 mai, toujours à la Pontaise. «On a signé pour un an avec la salle, et trois ans avec la Ville», explique le jeune violoncelliste.

De la musique d’avenir

Fort d’un budget total d’environ 8000 francs – sponsorisés par divers mécènes, le Pour-cent culturel Migros, le canton et la Ville (dont l’enveloppe se fait toujours attendre) –, Oleg tenait vraiment à récompenser les jeunes talents qui se produisent dans son festival. Les 26 musiciens qui joueront lors des quatre concerts recevront des bons chez Payot, qui «vend enfin des partitions». Oleg ne sait pas encore s’il dégagera des bénéfices, mais ce n’est pas son souci principal.

Quand on parle d’avenir il se voit «passer le témoin quand je serai vieux» parce que ce festival a vraiment été imaginé «par des enfants, avec des enfants» et entre deux, il rêve d’un stage au Verbier Festival, qu’il cite comme «une référence». (Le Matin)

Créé: 14.03.2015, 09h46

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