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Tristesse Brigitte Bardot: «Michel Piccoli aimait mes fesses»

L'actrice française rend hommage au comédien décédé à 94 ans, en faisant allusion à leur fameuse scène dans «Le mépris».

Ci-dessus un spécial cinéma diffusé sur la RTS en 1982, en compagnie de Michel Piccoli.


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«Il avait du talent, de l'humour, et il aimait mes fesses», a réagi lundi Brigitte Bardot, dans un communiqué adressé à l'AFP, après l'annonce de la mort de l'acteur Michel Piccoli, son partenaire dans «Le Mépris , mythique film de Jean-Luc Godard. ««Nous avons interprété le Mépris , mais partagé une grande estime réciproque» ajoute BB. «Les derniers embruns de la Nouvelle vague l'ont emporté me laissant seule sur la plage abandonnée«», conclut-elle, en référence à la célèbre chanson »La Madrague« qu'elle a interprétée.

«Tu les trouves jolies, mes fesses?»

L'acteur français Michel Piccoli, dont la disparition le 12 mai, à l'âge de 94 ans, a été annoncée ce lundi par sa famille, a tourné avec Brigitte Bardot l'une des scènes mythiques du cinéma. En ouverture du »Mépris«, Bardot, allongée nue sur un lit, énumère les parties de son corps sous le regard amoureux de Piccoli pour un dialogue inoubliable, sur une musique de Georges Delerue: «»Tu vois mon derrière dans la glace? - Oui. Tu les trouves jolies mes fesses? - Oui, très».

Le film, qui révélera l'acteur français au grand public en 1963, raconte la désagrégation du couple, à l'occasion d'un tournage en Italie sur lequel travaille le personnage interprété par Piccoli, un scénariste.

Monument du cinéma français, l'acteur Michel Piccoli, célèbre pour ses rôles dans «Le Mépris», «Les choses de la vie» ou plus récemment «Habemus papam», «s'est éteint dans les bras de sa femme Ludivine et de ses jeunes enfants Inord et Missia, des suites d'un accident cérébral», indique le communiqué transmis à l'AFP par Gilles Jacob, ami de l'acteur et ancien président du Festival international de cinéma de Cannes.

Révélé grâce à Jean-Luc Godard

L'acteur a promené son physique de séducteur aux sourcils broussailleux dans plus de 150 films, du provocateur de «La Grande Bouffe» au pape en proie au doute d'«Habemus papam» (2011), son dernier grand rôle à l'écran.

D'une remarquable longévité, sa carrière est indissociable des films de Luis Buñuel et de Claude Sautet. Sous la direction du premier, il a interprété des personnages troubles («Le journal d'une femme de chambre», «Belle de jour», «Le charme discret de la bourgeoisie») avant de devenir une incarnation des Trente glorieuses, immuable cigarette au bec, chez le second, dans les années 70 («Les choses de la vie», «Max et les ferrailleurs», «Vincent, François, Paul... et les autres»).

Il a joué pour les plus grands

Éclectique dans ses choix, il a également tourné sous la direction de Renoir, Resnais, Demy, Melville, Varda et Hitchcock. Grand, brun, dégarni avec les ans, voix qui tonne ou ensorcelle, ce personnage énigmatique s'est «régalé à jouer l'extravagance ou les délires les plus troubles, à casser (son) image», avant de se lancer lui-même dans la réalisation, à 70 ans.

Son rôle dans «La Grande Bouffe» de Marco Ferreri, un des plus gros scandales du festival de Cannes, en 1973, en est la preuve. Il y incarne un participant à un séminaire gastronomique se transformant en orgie scatologique et nihiliste.

Son refus des plans de carrière, son côté «anti-star» l'ont amené également à tourner des films d'auteur: Leos Carax, Jean-Claude Brisseau, Jacques Doillon. En 1990, il campait avec gourmandise un personnage de grand bourgeois fantasque dans «Milou en mai» de Louis Malle.

Il n'a jamais reçu de César

Peu à peu disparu des écrans, ce grand pudique, né en 1925 dans une famille de musiciens, lèvera un coin du voile à plus de 90 ans dans un livre d'entretiens avec Gilles Jacob: «J'ai vécu dans mes rêves». Il y confiait son angoisse de ne plus pouvoir travailler: «On voudrait que ça ne s'arrête jamais et cela va s'arrêter , c'est très difficile».

Quatre fois nommé aux César notamment pour «La belle Noiseuse» de Jacques Rivette en 1992, il n'a jamais reçu de prix de la part de l'Académie. Il a tout de même été récompensé de quatre awards, dont celui d'interprétation masculine lors de la 33e édition du Festival de Cannes pour son rôle dans «Le Saut dans le vide» de Marco Bellocchio, sorti en 1980.

LeMatin.ch avec AFP

Créé: 18.05.2020, 13h17

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