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Dégâts Des castors à la plage

Le rongeur revient en force au bord du lac de Bienne. Il a attaqué un magnifique saule pleureur regretté par les baigneurs et les autorités.

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Ecorcé, un beau saule pleureur de la plage de Bienne a fait les frais du retour en force du castor. «L'arbre s'est retrouvé rongé sur plus d'un mètre, le week-end dernier. L'arbre n'a pas de chance de survie puisque la sève circule dans les tissus du bois mis à nus situés immédiatement sous l'écorce», relève Markus Brentano, responsable des espaces verts et des cimetières, qui prévoit de remplacer le saule condamné.

À la plage, ouverte aux promeneurs tous les jours par beau temps, la tenancière Cristina Probst est attristée: «Le castor a choisi le plus bel arbre de la plage, le plus proche du plongeoir, celui sous lequel les aînés aiment s'asseoir».

Pour éviter tous nouveaux dégâts à l'avenir, un treillis métallique de 120 cm de haut protégera le tronc de divers arbres situés à proximité de la rive du lac.

Le castor est observé à Bienne depuis plusieurs années, jusqu'au centre de la ville, sur un bras de la Suze. On l'a vu dans la Suze dans le quartier de Madretsch, au chemin des Sureaux, mais aussi dans le canal de la Thielle, et plus récemment sur les rives de l'aire Renfer, aux Prés-de-la-Rive ainsi qu'au Beau-Rivage.

Figurant sur la liste rouge des espèces animales menacées, ce rongeur autrefois largement répandu en Suisse avait disparu au début du XIXe siècle, victime d'une chasse acharnée. Le castor était très recherché pour sa fourrure, sa viande comestible et le castoréum, la sécrétion d'une glande utilisée par l'animal pour marquer son territoire et véritable aspirine, longtemps utilisé comme remède contre la fièvre.

Suite à sa réintroduction entre 1956 et 1977, sa population était estimée à 1600 individus en 2008. Depuis les grandes rivières, son aire de répartition s'étend graduellement aux petits affluents de plaine à faible débit et aux eaux stagnantes, essentiellement dans les zones agricoles du Plateau suisse.

Au menu de cet animal nocturne protégé, les plantes herbacées et ligneuses indigènes poussant sur les berges et dans l'eau durant la belle saison, avec une préférence pour les écorces des bois tendres comme le peuplier et le saule durant l'hiver. S'il favorise la biodiversité par l'apparition de nombreuses autres espèces animales (amphibiens, poissons, oiseaux, libellules) dans les milieux qu'il fréquente et aménage, ses dégâts dans les secteurs construits ne sont pas négligeables.

Depuis deux ans, quelques arbres ont déjà été protégés de la sorte aux abords du lac par le Service des espaces verts. Ces mesures de protection devront être poursuivies et intensifiées dans les années à venir au vu de l'extension de la population de ce rongeur. «Les futures plantations à l'Ile-de-la-Suze profiteront également de ces mesures de protection», conclut Markus Brentano.

Créé: 29.10.2015, 12h36

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