Vendredi 22 juin 2018 | Dernière mise à jour 20:16

Indonésie La lutter contre le trafic d'animaux progresse

Des ONG de défense des animaux ont recours à la haute technologie pour lutter contre les trafics qui déciment certaines espèces.

Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La faune et la flore dans les forêts tropicales de l'archipel d'Asie du Sud-Est, dont la biodiversité est l'une des plus riches de la planète, sont menacées par le lucratif trafic d'animaux tels des orangs-outans et pangolins. Le commerce illicite d'espèces menacées est estimé à environ 23 milliards de dollars (soit 21,9 milliards de francs) à l'échelle mondiale. Pour lutter contre ce fléau, des défenseurs de la nature ont commencé à utiliser une quantité de nouveaux instruments pour tenter de protéger les espèces rares et menacées en Indonésie.

La technologie est «probablement l'une des plus importantes ressources pour aider les bons à attraper les méchants», déclare à l'AFP Matthew Pritchett, membre de l'ONG Freeland Foundation, qui lutte contre les trafics. «Les délinquants qui sont derrière le commerce illégal d'espèces sauvages sont des organisations criminelles très sophistiquées et bien organisées», dit-il.

Face à de tels réseaux, des défenseurs des animaux déploient des technologies naguère réservées pour combattre les cartels de la drogue et le crime organisé. La Société de conservation de la faune et la flore (WCS) utilise ainsi des logiciels informatiques permettant d'établir les routes des trafiquants et d'extraire des données d'appareils électroniques saisis auprès de suspects, explique Dwi Adhiasto, gestionnaire du programme de WCS pour l'Indonésie.

Peu de poursuites

De son côté, le Centre international de secours aux animaux en Indonésie (IAR) examine les preuves à l'aide de code-barres fondés sur l'ADN pour identifier les espèces. L'IAR a ainsi crée une base de données pour les loris lents, un primate chassé pour le venin qu'il produit pour se défendre, une substance prisée dans la médecine traditionnelle chinoise.

«Si nous avons des animaux dont l'origine est connue et des animaux qu'on retrouve par exemple à Jakarta, nous pouvons comparer les prélèvements génétiques», explique à l'AFP Christine Rattel, conseillère du programme d'IAR. «Nous pouvons ensuite tracer les zones de chasse et déterminer les routes utilisée pour le commerce illégal», dit-elle.

Mais malgré une série de lois pour la protection de la faune et la flore en Indonésie, les effectifs de gardes forestiers et de la police sont insuffisants. De plus, ils manquent de moyens et de connaissances scientifiques, observent des experts.

«Ce que beaucoup de gens ne réalisent pas, c'est que les personnes chargées de faire respecter la loi ne sont pas des scientifiques. Certaines d'entre elles se spécialisent peut-être, mais il est question de 25'000 à 30'000 espèces à travers le monde qui sont protégées du commerce international», souligne M. Pritchette en référence à la difficulté de la tâche.

Les informations générées par l'application de l'ONG - qui contient quelque 700 espèces et 2000 photos - ont déjà permis aux autorités en Indonésie et en Thaïlande d'enquêter sur des réseaux de trafiquants. Mais malgré les efforts déployés par les défenseurs de la nature et l'aide des hautes technologies, la bataille est sur le point d'être perdue, selon des experts.

Des lois inadaptées, le manque d'effectifs pour appliquer la législation et les poursuites peu fréquentes restent les principaux défis à relever, selon un rapport réalisé en 2015 par l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).

De plus, il y a un manque de volonté politique en Indonésie pour s'attaquer au marché noir des espèces protégées, observe Ian Singleton, directeur du programme de conservation des orangs-outans de Sumatra, qui utilise des drones pour suivre la trace des singes et détecter les abattages illégaux d'arbres menaçant l'habitat des animaux. «Sans la volonté du gouvernement, rien ne changera jamais, quelle que soit le niveau de technologie». (AFP/Le Matin)

Créé: 11.03.2018, 15h26


Sondage

Chez quel opérateur avez-vous votre abonnement pour smartphone?





Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Powered by wingit

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.