Lundi 20 janvier 2020 | Dernière mise à jour 08:11

Violence «Raf» risque l'amputation

Le 1er août, au Signal-de-Bernex (GE), le labrador gourmand a eu la mauvaise idée de manger le biscuit d’une fillette. Son père a vu rouge et l’a roué de coups.

«Raf» doit rester immobilisé deux mois. Il ne sort plus que pour faire ses besoins.

«Raf» doit rester immobilisé deux mois. Il ne sort plus que pour faire ses besoins. Image: DR

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«Raf», labrador de 13 ans, est immobilisé pour deux mois. Les os de sa patte postérieure droite sont brisés: l’animal a été plâtré, déplâtré et porte désormais cinq broches. «Le vétérinaire a dit que sa patte était un vrai puzzle», confie Nathalie, la belle-fille du couple de propriétaires de l’animal, deux septuagénaires genevois. «Raf» est un «gentil pépère» qui, le 1er août en fin de matinée, a eu la mauvaise idée de manger le biscuit d’une fillette. «Mes beaux-parents le promenaient au Signal-de-Bernex, sans laisse il est vrai, comme le font beaucoup de gens à cet endroit, indique Nathalie. Le chien jouait à la balle. La petite s’est approchée avec un biscuit dans les mains et «Raf» l’a mangé. Il est gourmand: c’est un labrador!»

Le père a eu très peur que sa fille ne soit blessée. Ce qui n’a pas été le cas. Selon Nathalie, «il est devenu comme fou. Il a jeté le chien à plusieurs reprises à terre, l’a roué de coups. Il hurlait qu’il allait le tuer.» Des témoins assistent à la scène, la police alertée arrive sur les lieux. «Raf» marche sur trois pattes avant de s’effondrer. Des Samaritains lui posent une attelle de secours, l’animal est envoyé dans une clinique vétérinaire d’Annecy, en France voisine, plus proche que le Tierspital de Berne. Il y passe une nuit.

Depuis, il est de retour à la maison, immobilisé pour deux mois. «Le pronostic du vétérinaire est réservé, poursuit notre interlocutrice. On suspecte une infection. Si les antibiotiques ne font pas effet, il faudra peut-être l’amputer…»

Très affectés par ce qui est arrivé, les propriétaires du labrador entendent déposer une plainte. Les services du vétérinaire cantonal genevois se sont déjà activés. Ils ne peuvent se prononcer sur une affaire en cours mais, selon nos informations, ont pris contact avec les deux parties.

Que risque le père de famille?

«En vertu des dispositions pénales de la loi fédérale sur la protection des animaux, les actes de maltraitance envers un animal sont passibles d’une peine privative de liberté de 3 ans au plus ou d’une peine pécuniaire», répond l’avocat genevois Daniel Meyer, membre du Groupe genevois du berger allemand. Sans se prononcer sur cette affaire, Daniel Meyer déplore que les gens aient «développé une certaine méfiance et se montrent plus craintifs tant à l’égard des chiens que de leurs maîtres».

«Raf» tente de reprendre du poil de la bête chez ses propriétaires qui ne le sortent plus que pour faire ses besoins. Le couple devra sans doute s’acquitter d’une contravention de 200 fr. pour ne pas avoir tenu le labrador en laisse.

Créé: 08.08.2014, 07h13