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Trésor nazi Les héritiers de Gurlitt veulent garder les tableaux

Cornelius Gurlitt avait légué la collection d’œuvres d'art amassée par son père au Musée des Beaux-Arts de Berne. Mais des membres de la famille s'y opposent désormais.

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La collection de Cornelius Gurlitt ne va peut-être pas partir tout de suite pour le Musée des Beaux-Arts de Berne. Le fils d'un marchand d'art actif dans l'Allemagne nazie lui a bien légué les œuvres d'art amassées par son père mais des cousins, Dietrich, 95 ans et Uta, 86 ans, s'y opposent.

Tous deux sont les héritiers légaux mais n'ont pas droit à la collection, selon les dernières volontés de Cornelius. Uta Werner mène le combat, estimant que son cousin n'était pas en possession de tous ses moyens au moment de rédiger son testament, explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 18 novembre.

Un héritage empoisonné à bien des niveaux

La cousine de Cornelius s'appuie sur les conclusions de Helmut Hausner, expert en psychiatrie et juriste, qui estime que le fils de Hildebrand Gurlitt souffrait de «démence légère, de troubles de la personnalité schizoïdes et délirants».

L'expert a ressorti une lettre de la mère de Cornelius qui s'inquiétait du délire de la persécution de son fils. Ce dernier était convaincu d'être la cible d'un «réseau national-socialiste qui voulait lui prendre sa collection». Ce qui l'aurait poussé à choisir Berne pour mettre ses œuvres d'art à l'abri.

L'expertise de 48 pages a déjà été envoyée au tribunal des successions de Munich qui doit encore décider s'il y a lieu de contester le testament. La procédure n'est pas limitée dans le temps et les cousins, ou plutôt leurs descendants, pourraient encore devoir batailler des années afin de faire valoir leurs prétentions.

Il y a une autre expertise

Uta Werner avait accepté le testament dans un premier temps avant de revenir sur sa décision suite au soulagement affiché en Allemagne de voir la collection partir à Berne. Elle veut ainsi prouver que sa famille peut s'occuper de l'héritage pour définir si des œuvres spoliées en font partie.

Le bras de fer juridique pourrait s'éterniser mais Wolfgang Seybold, l'avocat d'Uta Werner, veut d'abord s'entretenir avec le Musée des Beaux-Arts de Berne. Ce dernier dispose également d'une autre expertise, réalisée par un neurologue qui a traité Cornelius Guritt peu avant son décès. Et établi que l'homme disposait de toutes ses facultés.

Créé: 18.11.2014, 10h28

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