Jeudi 27 juin 2019 | Dernière mise à jour 10:11

BD Pétillon croque Federer pour se moquer des exilés fiscaux

Un savoureux album posthume du dessinateur ainsi que quelques autres merveilles vous attendent en librairie.

Pétillon consacre plusieurs dessins à la Suisse, mais surtout pour brocarder les exilés fiscaux français.

Pétillon consacre plusieurs dessins à la Suisse, mais surtout pour brocarder les exilés fiscaux français. Image: Pétillon/Dargaud/Le Matin

Le retour de Donjon

Incroyable, la série fleuve scénarisée par Trondheim et Sfar et dessinée par une foule de dessinateurs, qui compte 36 albums publiés entre 1998 et 2014 chez Delcourt, va faire son grand retour. C'est Trondheim lui-même qui l'annonce sur Twitter. (Image: Twitter/Trondheim)

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Rencontres improbables» par Pétillon, Ed. Dargaud, 64 pages

Le papa du détective Jack Palmer et de sa fameuse «Enquête corse» est décédé en septembre dernier à 72 ans. L'auteur de BD, qui a également longtemps dessiné pour «Le canard enchaîné», avait choisi de prendre sa retraite de ce dernier, l'actu le rongeant trop. Mais alors qu'il songe à se reposer avant d'attaquer peut-être une nouvelle BD, on lui apprend qu'il est malade. Jusqu'au bout, il travaillera alors sur ces «Rencontres improbables», compilation de dessins jamais parus en album. Des exilés fiscaux français en Suisse, en passant par Depardieu, Luc Besson et, bien sûr, la Corse, Pétillon nous offre une dernière balade dans son univers caustique et tendre. Avec trois pages sublimes où il imagine les plus grands classiques de la BD adaptés par les cinéastes célèbres. Adieu René, tu nous manqueras.


«Nymphéas noirs»

«Nymphéas noirs» par Fred Duval et Didier Cassegrain, d'après Michel Bussi, Ed. Dupuis, coll. Aire Libre, 156 pages

Polar français le plus primé de 2011, «Nymphéas noirs» était réputé inadaptable en images. Comme quoi rien n'est impossible, puisque cette adaptation existe désormais et qu'elle est magnifique. En raison en premier lieu, bien sûr, de son intrigue géniale: à Giverny, village où Monnet a peint énormément de ses tableaux, dont ses nombreux nénuphars, un crime est commis. Un homme est retrouvé poignardé, le crâne fracassé et noyé. Cela fait beaucoup. Et il y a trois femmes: une gamine douée en peinture, une belle institutrice et une vieille, recluse dans sa tour. Elles seront au cœur de cette énigme qui va remuer le passé de ce tranquille village. C'est sans doute les sauts temporels qui pouvaient rendre compliqués une adaptation visuelle, mais le scénario et la mise en scène de Duval font merveille. Et, enfin, il y a le dessin d'une renversante légèreté de Cassegrain, dont il faut lire ou relire la série «Tao Bang», et qu'on est heureux de retrouver. Comment ne pas ressortir de cette lecture bouleversé. Du grand art, de la part des trois auteurs.


«Katanga»

«Katanga: dispersion» Tome 3, par Fabien Nury et Sylvain Vallée, Ed. Dargaud, 68 pages

Fabien Nury est l'un des scénaristes les plus intéressants du moment. L'auteur de «La mort de Staline», de «Tyler Cross» ou de «Il était une fois en France» (ce dernier déjà avec Vallée) le confirme une fois de plus avec ce palpitant «Katanga», qu'il clôt en trois tomes. S'inspirant de faits historiques, à savoir la guerre civile qui eut lieu au Congo après le départ des Belges et l'arrivée au pouvoir de Patrice Lumumba en 1960, il raconte une histoire pleine de cupidité, de barbarie, de trahison et de racisme. Pour les bons sentiments, vous pouvez repasser. On se bat, certains pour le pouvoir, d'autres pour quelques diamants: le ministre avec sa fourberie, le mercenaire avec sa mitraillette et la maîtresse des puissants avec ses fesses. Nury aligne une galerie de personnages dignes des grands films d''aventures français des années 1960 et propose l'une des versions les plus terrifiantes et hélas, peut-être, des plus crédibles, de la fin de Lumumba. Une aventure qui vous met un grand coup de poing à l'estomac et vous laisse un goût de cendre dans la bouche.


Horrifikland

«Horrifikland» par Lewis Trondheim et Alexis Nesme, Ed. Glénat, 48 pages

Détectives privés sans boulot, Mickey, Donald et Dingo sautent sur la première affaire qui se présente: retrouver un petit chat perdu. Sauf que celui-ci a disparu dans l'enceinte d'Horrifikland, un parc d'attraction abandonné. Embarqués dans une espèce de gigantesque train fantôme à ciel ouvert, les trois héros vont aller de sursaut en sursaut. Trondheim, déjà auteur de deux autres albums dans cette collection Disney, signe là une aventure pleine de rebondissements. Mais on est surtout scotché par le dessin d'Alexis Nesme, époustouflant. Chaque case est une enluminure, un bonbon délicieux. Et on s'en régale sans jamais être écœuré. On a presque l'impression de lire une BD en cinémascope. Magnifique!


U.C.C. Dolores

«U.C.C. Dolores, La Trace des nouveaux pionniers» Tome 1, par Didier et Lyse Tarquin, Ed. Glénat, 48 pages

Le dessinateur de «Lanfeust de Troy» illustre cette fois son propre scénario et confie les couleurs de l'album à sa femme. «U.C.C. Dolores» est le nom d'un vaisseau spatial dont hérite une orpheline le jour de ses 18 ans. Quittant le couvent où elle a grandi, elle se voit obligée de recruter un pilote si elle veut profiter de son héritage. C'est ainsi que la belle Mony se retrouve associée avec le rugueux Kash. On ne boude pas son plaisir devant ce western galactique à la trame assez classique, mais parfaitement maîtrisé. Avec la bande-annonce en prime.


Aristophania

Aristophania, le royaume d'azur Tome 1, par Xavier Dorison et Joël Parnotte, Ed. Dargaud, 64 pages

Difficile de résumer ce récit signé Dorison, à qui l'on doit notamment «Long John Silver» ou «Le troisième testament». Il nous emmène dans la France du début du XXe siècle, sur les traces de trois enfants dont le père a connu une mort brutale et étrange et dont la mère est en prison. Pourtant, ils ne sont pas totalement abandonnés, un peu comme si une bonne fée veillait sur eux. Sorte de Mary Poppins version sombre, cet Aristophania promet beaucoup et le dessin de Parnotte, qui avait déjà travaillé avec ce scénariste sur «Le maître d'armes», y contribue avec efficacité. La série en prévue en quatre tomes.


Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB

«Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB: après la guerre» Tome 3, par Tardi, Ed. Casterman, 162 pages

Un titre fleuve pour une trilogie tout aussi imposante. Après avoir, pendant des années, évoqué la Première guerre mondiale (à laquelle avait participé son grand-père), Tardi s'est attaqué à la Seconde. Son père y a en effet combattu et a été emmené dans un camp de prisonniers, dans lequel il a passé des années. Ce troisième tome raconte le retour au pays et se montre un peu trop didactique dans ses explications sur le partage de l'Europe par les vainqueurs. Mais un événement va faire basculer le récit: la naissance de Jacques Tardi lui-même. Du coup, c'est l'enfance de l'auteur qui prend le pas sur la biographie du père. Et c'est donc, par la même occasion, véritablement l'oeuvre la plus personnelle de Tardi. Certainement l'ultime volume, à moins que le dessinateur ne décide de raconter ensuite ses premier pas dans le métier, mais cela n'aurait aucun sens de le faire sous ce titre du Stalag.

(Le Matin)

Créé: 12.02.2019, 17h39


Sondage

La rente à vie que va toucher Pierre Maudet vous choque-t-elle?



S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.