Jeudi 17 octobre 2019 | Dernière mise à jour 11:14

Ciné «Avengers Endgame» sur le point de détrôner «Avatar»?

Les superhéros Marvel seront-ils bientôt les rois du box-office? Et si en fait ils l’étaient déjà? Sauf qu’en réalité, c’est «Autant en emporte le vent» qui tient toujours le flambeau.


Des bonus peu satisfaisants pour prolonger les aventures des Avengers

Pour voir la nouvelle version d’«Avengers: Endgame», agrémentée de quelques scènes post génériques tout à fait dispensables, il faudra se rendre dans les salles de cinéma Arena (à Genève ou à Fribourg). Vous êtes curieux de savoir ce qu’elle vous réserve? Voici la liste des séquences supplémentaires proposées.

Le film commence par une introduction du coréalisateur Anthony Russo, remerciant les fans de leur soutien et leur demandant surtout de rester jusqu’à la fin du générique final pour visionner les séquences exclusives.

Le premier bonus est un hommage à Stan Lee, figure de proue des comics pendant tant d’années et décédé en novembre de l’an dernier. La séquence réunit toutes ses apparitions au sein des films du Marvel Cinematic Universe, y compris quelques séquences de tournage où on le voit discuter avec certains acteurs et réalisateurs. S’ensuit alors une scène coupée, dont les effets spéciaux n’ont pas été finalisés, où l’on voit Hulk sauver un groupe de personnes au 40e étage d’un immeuble en feu. La scène se termine lorsque le géant vert décroche son téléphone pour répondre à l’appel d’un certain Steve.

Elle prend donc place avant que Hulk ne retrouve le dénommé Steve – Steve Rogers, alias Captain America –, Ant Man et Black Widows au fameux dinner. Enfin, dans la veine des scènes post génériques traditionnelles du MCU (dont la version «normale» d’«Avengers: Endgame» était étrangement dénuée), on retrouve alors une introduction à «Spider-Man: Far From Home» (sortie le 3 juillet), dévoilant l’arrivée de Magneto.

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Voilà des semaines que la question tient les fans en haleine: «Avengers: Endgame», 22e film du Marvel Cinematic Universe, détrônera-t-il «Avatar» au rang du film le plus rentable de l’histoire du cinéma avec ses 2,79 milliards de recette? La campagne marketing, lancée il y a quelques mois, avait en quelque sorte marqué le coup d’envoi du match du siècle sur le ring du box-office. L’équivalent d’un Joe Frazier contre Mohamed Ali, ou la partie d’échec opposant Donald Byrne à Bobby Fischer.

On rappelle les faits. Fin avril, le film d’Anthony et Joe Russo faisait un démarrage tonitruant, engrangeant 1,2 milliard de dollars dans le monde le weekend de sa sortie, soit près du double du précédent volet, «Avengers: Infinity War». Au passage, il en profitait pour pulvériser à peu près tous les records possible et imaginables (celui du premier weekend d’exploitation, de la meilleure moyenne de spectateurs par salle, du film ayant atteint le plus rapidement les 100 millions de recette, puis le milliard…). Si bien que quelques semaines plus tard, Thor, Iron Man et consorts se retrouvaient déjà en deuxième position, devant «Titanic», à quelques encablures à peine d’«Avatar». A l’évidence, les superhéros Marvel n’allaient donc faire qu’une bouchée des Na’vis de Pandora. Ce n’était qu’une question de semaines… Sauf qu’à force de trop bomber le torse, les Vengeurs ont fini par s’essouffler et la barre des 2,79 milliards a soudainement parue très lointaine.

Le tout pour le tout

Disney a alors tenté le tout pour le tout: ressortir le weekend passé «Avengers: Endgame» sur le territoire américain avec six minutes de contenu additionnel (voir ci-contre pour les détails). C’est cette version qui arrive aujourd’hui, mercredi 3 juillet, en Suisse, dans un parc très limité de salles romandes: les cinémas Arena, à Fribourg et Genève. Total, le weekend dernier, le film a encore engrangé 5,5 millions supplémentaires de recette. Reste à voir au terme du prochain weekend, ce que cette ressortie dans le reste du monde apportera de plus à l’escarcelle Disney. Mais avec aujourd’hui encore 27 millions de retard sur le film de James Cameron, il se pourrait bien qu’«Avengers» ne rattrape jamais celui-ci….

«Avatar» battu! Vraiment?

Sauf qu’en réalité, c’est déjà fait! Eh oui, dans l’indifférence générale, le record est tombé il y a quelques jours. Du moins, si l’on considère uniquement la première exploitation des films. Car en 2010, les aventures de Jack Sully avaient, elles aussi, bénéficié d’une ressortie en version longue, avec 8 minutes supplémentaires intégrées au film. C’est donc au terme des versions «normales» d’«Avengers: Endgame» et d’«Avatar» que le premier sort gagnant (2'749'603'966 dollars contre 2'749'064'328, selon le site de Box Office Mojo), avec quelques 500'000 billets verts supplémentaires de son côté de la balance.

Question d'inflation

Reste qu’Hollywood n’a que faire de ces résultats intermédiaires. L’histoire retiendra le total final, rien de plus. Mais quoi qu’il arrive, il convient de préciser une chose: si les succès au box-office américain, ou mondial, se comptent toujours en millions de dollars, soit en recette, ils se calculent dans le reste du monde sur la base des entrées. C’est là où le bât blesse: car un dollar d’aujourd’hui n’a pas du tout la même valeur qu’un autre il y a dix ans. On appelle ça l’inflation. Ainsi, en une décennie, le prix du ticket de cinéma a augmenté de 20% aux Etats-Unis. Et si l’on s’amuse à répercuter les tarifs actuels sur le nombre d’entrées d’«Avatar», sorti en 2009, le film se retrouve soudainement avec 150 millions de dollars supplémentaires, et ce, rien qu’aux Etats-Unis. De quoi prendre largement la distance face à l’équipe des Avengers.

Et plus on remonte dans le temps, plus la démonstration devient parlante. Notamment lorsque les grands succès du 7e art entrent dans l’équation. A commencer par «Autant en emporte le vent» et ses 200 millions enregistrés au box-office 1939. Au cours d’aujourd’hui, ce chiffre se monterait en réalité à 1,6 milliard, soit près du double du score des superhéros Marvel. Un exploit d’autant plus phénoménal qu’à l’époque, le pays ne comptait que 130 millions d’habitants, contre 327 aujourd’hui. Plus de la moitié de la population se serait à l’époque déplacée dans les salles obscures pour assister aux aventures de Scarlett O’Hara et Rhett Butler.

Scarlett et Rhett mènent la danse

Dana ce contexte, le film tiré du roman de Margaret Mitchell devance de loin tous ses concurrents. En réajustant les chiffres d’anciens films, sortis à une époque où la monnaie américaine avait bien plus de valeur, «Star Wars: Le réveil de la force», actuel recordman du box-office américain avec plus de 936 millions de billets verts, chute à la 11e place, derrière «Les dents de la mer», «L’exorciste» ou même «Blanche neige et les sept nains». Et «Avengers: Endgame», deuxième de la liste actuelle, ne pointe plus qu’à la 17e position sur le tableau ajusté. De quoi chambouler tous nos acquis en matière de performances au box-office.

Dans le reste du monde, le système est tout de même plus simple. Selon ProCinéma, le plus important succès suisse reste «Titanic» avec 1'940'000 spectateurs. Point barre. C’est net, carré. «Avengers: Endgame» caracole pour l’instant aux alentours de la 57e place avec un cumul actuel approximatif d’un peu plus de 500’000 spectateurs, loin de la 4e position d’«Avatar». Entre les deux mastodontes, il n’y a donc pas photo, que ce soit sur le plan suisse, mondial ou américain. Les studios hollywoodiens sont en fait bien malins. Depuis le début, ils ont compris que comptabiliser en dollars leur permettait de mettre régulièrement en avant les prouesses financières de leurs rejetons.

C’est bien connu, les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut… Reste qu’au détriment de la bande à Captain America, on peut ajouter qu’à une époque où les divertissements sont de plus en plus nombreux (entre plateformes de streaming, réseaux sociaux et jeux vidéo), «Avengers: Endgame» a plus de mérite que les classiques du cinéma d’attirer les spectateurs en salles. «Autant en emporte le vent», à l’époque, devait ainsi faire face à beaucoup moins de concurrence, tout comme «Avatar» – dans une certaine mesure. Un jour, peut-être trouvera-t-on le moyen d’ajuster également les recettes dans ce sens…

Quelques chiffres pour y voir clair

Créé: 03.07.2019, 19h11


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