Vendredi 15 novembre 2019 | Dernière mise à jour 19:32

Critique «Avengers: Endgame» est-il à rire ou à pleurer?

Énorme pression pour la suite d'«Infinity Wars»: boucler un premier cycle Marvel qui s'est étalé sur onze ans. Au terme de trois heures de projection, le moment du «Pour/Contre» est venu.

À voir en salle dès le 24 avril 2019: «Avengers: Endgame», Etats-Unis, 181'.
Réalisé par Anthony et Joe Russo.
Avec: Robert Downey Jr., Chris Evans, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Brie Larson, Jeremy Renner, Paul Rudd, Mark Ruffalo.

Un immense succès à confirmer

«Avengers Endgame», 22e film de l'univers cinématographique Marvel, ambitionne de devenir le plus grand succès au box-office de toute l'actuelle saga. Jusqu'à présent, les 21 précédents blockbusters adaptés des comics inventés par Stan Lee ont rapporté quelque 19 milliards de dollars dans le monde à Marvel Studios, rachetés par Disney il y a dix ans.

«Avengers : Infinity War», sorti il y a un an et premier volet du diptyque qu'il compose avec «Avengers Endgame», en a rapporté un peu plus de deux à lui seul pour se hisser à la 4e place des plus gros succès de tous les temps, juste derrière «Star Wars, épisode VII: Le Réveil de la Force» de J.J. Abrams et assez loin de «Titanic» et «Avatar» de James Cameron.

Compte tenu de l'immense succès rencontré par «Avengers : Infinity War», troisième film réunissant Iron Man, Hulk, Thor & co, le quatrième est attendu comme le sommet d'une franchise. Le tout en construisant méthodiquement, à l'instar des comic books Marvel qui célèbrent cette année leurs 80 ans, un univers avec ses super-héros qui se croisent, ses histoires qui s'entremêlent, pour aboutir à l'épilogue de «la Saga de l'infini» ainsi nommée par son producteur et développeur Kevin Feige.

Selon les prévisions de Variety, le film pourrait engranger entre 200 et 260 millions de dollars pour son premier week-end d'exploitation.

Si «Avengers Endgame» est «la dernière pièce d'un puzzle narratif sans précédent qui s'étend sur onze années», selon Joe Russo, coréalisateur du film avec son frère Anthony, il ne marque pas tout à fait la fin de la phase 3 de l'univers cinématographique Marvel.

Un 23e film s'en chargera cet été, «Spider-man : Far from home», avant une phase 4 qui lancera une deuxième saga avec plusieurs films déjà en chantier: «Black Widow», «The Eternals», «Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3», «Black Panther 2», «Doctor Strange 2»... (AFP)

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Plutôt contre

Il fallait boucler une boucle lancée en 2008, avec «L’incroyable Hulk» pour certains, avec «Iron Man» pour d’autres. Il fallait aussi trouver une résolution satisfaisante au coup de théâtre d'«Avengers: Infinity Wars», une première époque dans laquelle Thanos le malthusianiste, parvient à pulvériser la moitié des créatures vivantes d’un claquement de doigt.

Monstrueux soufflé

L’univers étendu Marvel a beau être autrement mieux tenu que celui de DC (Superman, Batman et tous leurs joyeux copains), la mission nous paraissait difficile à accomplir sans casse avant même la projection d'«Avengers Endgame». Notre crainte n’a cessé de se confirmer en cours de visionnage. Au point que ne subsiste dans notre tête que l’image d’un soufflé monstrueux, d’abord imbu de suffisance puis complètement raplapla, l’heure du générique venue.

Aux défauts habituels des productions Marvel – soit des scènes d’actions sans grands attraits chorégraphiques et des effets numériques génériques devenus incapables de susciter un quelconque émerveillement – s’ajoutent ici les effets pervers du trop plein. Trop de personnages, trop de comptes à solder, trop de tonalité. On passe sans cesse du mélo intimiste, au grandiloquent bavard, aux gags pour alléger la pression, aux rappels trop allusifs pour ceux qui n’ont pas vu tous les Marvel depuis 2008 et trop grossiers pour ceux qui ont révisé leurs leçons.

Quels paradoxes?

Mais le principal échec d'«Engame» est à notre sens l’aspect lié au voyage dans le temps dont on savait qu’il allait être l’élément clé pour résoudre l’équation laissée ouverte à la fin d'«Infinity Wars». Les principales règles choisies par les scénaristes (modifier le passé modifie le futur ou modifier le passé crée un futur parallèle) sont si mal articulées, si pauvrement présentées que la suite semble dépourvue de la moindre logique, de la moindre cohérence. Du coup, l'exécution de ces voyages, avec revisite de certains des films Marvel précédents (dont le premier «Avengers»), paraît confuse, sans enjeu, sans danger. On se souvient alors de «Retour vers le futur II» et de sa relecture réjouissante du premier long-métrage et on pleure.

Bref, ce qui devait être au cœur d'«Engame» et conduire aux sorties définitives de quelques-unes des figures majeures de la saga est exactement ce qui nous a fait renoncer à être ému ou à être vaguement intéressé par les pixels en bouillie qui se sont agités trois heures durant devant nos yeux. (JChC)

Plutôt pour

Quand l'émotion et l'action font défaut, il reste l'humour. Si on a pu apprécier cette facette chez bien des films Marvel, elle est bien présente dans ce chapitre final et c'est ce qui le sauve. Après l'éradication de la moitié de tous les êtres vivants de l'univers par le grand méchant Thanos à la fin d'«Avengers: Infinity Wars», l'ambiance n'est pourtant pas à la fête. Hawkeye broie du noir, Black Widow a les yeux trop humides pour parvenir à rire, Captain America n'a toujours qu'une seule et unique posture: être droit dans ses bottes. Et Iron Man qui, dans toutes ses nombreuses apparitions dans l'univers Marvel, a la sortie qu'il faut au bon moment? Le génocide opéré par Thanos l'a fait passer à autre chose. Heureusement on peut compter sur Hulk, Ant-Man, Rocket et surtout Thor.

Un selfie avec Hulk

Ayant enfin compris qu'il ne fallait pas combattre la bête en lui mais l'accepter, le géant vert fait des selfies avec les gamins et il adore ça – «Say green!» dit-il en regardant l'objectif. Le fait que Mark Ruffalo n'apparaisse plus du tout en version humaine amène visuellement un côté cartoonesque. D'ailleurs, même si Hulk a enfin trouvé des habits à sa taille (du XXXXXL?), il n'est pas très adroit avec ses grosses paluches, ce qui n'est pas très pratique pour un scientifique.

Ant-Man en décalage

Si Ant-Man subit régulièrement les piques des Avengers sur sa petite taille, Monsieur Fourmi a un côté comique malgré lui en ayant un temps de retard avec la trame. Face à cette bande de superhéros sérieux qui savent exactement ce qui s'est passé dans les épisodes précédents et quel plan élaborer en un après-midi de brainstorming, le personnage incarné par Paul Rudd a une fonction sympathique. Il pose les questions, demande de ralentir et permet ainsi au spectateur de ne pas se laisser embarquer les yeux fermés dans un nouveau plan. On respire et on se demande: «Quelqu'un a-t-il compris quoi que ce soit à ce qui se passe?» La réponse est non.

Rocket, on le connaît: c'est vanne sur vanne. Et il en a une très bonne sur Captain Marvel – qu'on ne dira pas ici. Il fera très vite la paire avec Thor.

Thor sans torse

D'ailleurs, c'est ce dernier – le meilleur – qu' on garde pour la fin. De Dieu nordique, Thor est passé, physiquement, à ce qu'on pourrait qualifier de supporter du dimanche de l'équipe de foot de Suède – vous comprendrez. Quand il tend la main, ce n'est plus pour attraper un marteau mais une bouteille de bière ou une manette de console. Il émotif et ingérable. Sans compter qu'il a le poil dru. Mais – par Odin! – sa barbe est parfaitement tressée quand il retrouve sa cape.

«Avengers: Endgame» n'a pas de gags salaces. Et même si c'était le cas, ce ne serait pas un Judd Apatow non plus. Mais puisqu'en tant que fan de Marvel on ne pourra pas passer à côté de ce film trop long, autant le regarder avec humour.

On se quitte sur une superblague. Quel superhéros donne le plus vite l'heure? Réponse: Speed heure man! (LF)

Créé: 23.04.2019, 17h11

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