Dimanche 21 avril 2019 | Dernière mise à jour 11:00

Interview Christoph Waltz: «Je ne juge pas mes personnages»

Abonné aux rôles de méchants, l’acteur deux fois oscarisé change de registre dans «Alita: Battle Angel», en salle le mercredi 13 février. Rencontre.

Christoph Waltz avec l'actrice Rosa Salazar qui prête ses traits à Alita: «Dans un film  j’ai envie de découvrir l’humanité d’un personnage et Alita éveille ce désir en moi.»

Christoph Waltz avec l'actrice Rosa Salazar qui prête ses traits à Alita: «Dans un film j’ai envie de découvrir l’humanité d’un personnage et Alita éveille ce désir en moi.» Image: AFP

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On ne l’attendait pas dans la peau d’un bon gars. Depuis que Tarantino a fait de lui une star en colonel nazi sadique dans «Inglorious Basterds», Christoph Waltz a enchaîné les rôles de salaud au cinéma. Après dix ans de méchanceté pure et deux Oscars, celui qui a donné du fil à retordre à James Bond dans «Spectre» change de registre avec «Alita: Battle Angel», qui sort au cinéma le mercredi 13 février.

L’acteur austro-allemand campe Ido, un cybernéticien bienveillant qui sauve un jeune cyborg de la destruction dans l’univers dystopique d’Iron City. Adaptée d’un manga cyperpunk par James Cameron et réalisée par son pote Robert Rodriguez («Sin City»), cette superproduction à 200 millions de dollars en met plein la vue à coup d’effets spéciaux et de performance capture. Elle est après-tout le bébé du père d’ «Avatar» qui a mis près de vingt ans à porter à l’écran ce projet qui lui tenait particulièrement à cœur.

La bande-annonce d'«Alita: Battle Angel»

En interview dans un palace londonien, le comédien de 62 ans nous donne aussi du fil à retordre et rechigne à expliquer ce qui l’a motivé à accepter ce rôle à contre-emploi. «Je deviens irritable quand on me pose cette question, lance-t-il avec un sourire sardonique. Je ne juge pas mes personnages. Mon opinion à leur égard n’a absolument aucune importance. C’est au spectateur de porter un jugement moral sur eux.»

«Je ne connais rien aux mangas»

Lorsqu’il découvre une tête d’humanoïde dans une décharge, Ido façonne une jeune fille aux aptitudes de combattante exceptionnelles et la nomme d’après sa fille décédée, Alita. Mais l’acteur n’est pas enclin non plus à tirer des parallèles entre Alita et Pinocchio ou Frankenstein. «Geppetto taille une marionnette dans le bois et puis celle-ci se transforme comme par magie en petit garçon. Frankenstein récupère de la matière morte et l’injecte d’électricité en espérant la ramener à la vie. Alita a déjà la vie en elle. Notre histoire n’a rien à voir.»

Pour se documenter sur son personnage, il est allé se plonger dans «Gunnm», le manga de Yukito Kishiro dont est tiré le film. «Je ne connais rien aux mangas et ils ne m’intéressent pas trop, admet-il. Ce n’est juste pas mon truc. Je ne suis pas branché BD mais ce n’était pas difficile de faire du rattrapage.»

«Pas une de ces histoires de superhéros»

Finalement, l’interprète de «Django Unchained» nous offre tout de même une piste pour expliquer sa présence dans ce blockbuster. «Je ne suis pas un fan de films pop-corn. Je n’ai rien contre mais ils n’excitent pas ma curiosité. Cela dit, Alita n’est pas une de ces histoires de superhéros qui vouent un véritable culte à ses protagonistes. Je ne souhaite idolâtrer personne. Dans un film j’ai envie de découvrir l’humanité d’un personnage et Alita éveille ce désir en moi.»

(Le Matin)

Créé: 12.02.2019, 10h52

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