Mercredi 24 avril 2019 | Dernière mise à jour 21:32

Streaming Disney dévoile sa plateforme vidéo Disney+

La plateforme de streaming vidéo sera disponible aux Etats-Unis le 12 novembre prochain, à 6,99 dollars par mois.

Le catalogue proposera notamment l'ensemble de la franchise Star Wars.

Le catalogue proposera notamment l'ensemble de la franchise Star Wars. Image: AFP

Pour le patron de Disney, «Hitler aurait adoré les réseaux sociaux»

«Hitler aurait adoré les réseaux sociaux», a lancé Bob Iger, PDG du groupe Walt Disney, numéro un mondial de l'industrie du divertissement, qui a également appelé les dirigeants politiques à rompre avec la culture de la division et du mépris. «Les réseaux sociaux sont conçus pour refléter une vision du monde étriquée, filtrant tout ce qui remet en cause nos croyances tout en confortant constamment nos convictions et en amplifiant nos peurs les plus profondes», a-t-il analysé. «Et dans le pire des cas, les réseaux sociaux permettent au mal de s'attaquer aux esprits troublés et aux âmes perdues. Nous savons tous que les nouvelles véhiculées par les réseaux sociaux contiennent autant de fiction que de faits, propageant des idéologies répugnantes qui n'ont pas leur place dans une société civilisée», a insisté M. Iger.

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De «La Reine des Neiges» à «Star Wars» en passant par des programmes originaux: la plateforme de streaming de Disney, qui sera moins chère que Netflix, a été dévoilée en détails jeudi, pour un lancement en fin d'année aux Etats-Unis.

Compte-tenu de la notoriété de la maison mère de Mickey et de son catalogue, cette plateforme est très attendue, dans un marché du streaming déjà très fourni mais qui continue son ascension à mesure que les consommateurs changent leurs habitudes, au détriment des offres traditionnelles des bouquets câble et satellite.

Disney+ sera lancée le 12 novembre aux Etats-Unis, au prix de 6,99 dollars par mois, un prix «que nous avons voulu accessible» aux plus de consommateurs possibles, a commenté jeudi Bob Iger, patron de la World Disney Company, en présentant cette nouvelle offre aux investisseurs.

La plateforme sera lancée ensuite progressivement à d'autres régions du monde, à commencer par l'Europe de l'ouest, ont précisé les responsables du géant américain qui vient de boucler son rachat d'une bonne partie de 21st Century Fox, étoffant ainsi encore son catalogue.

«Disney est construite sur ces fondations, qu'aucune autre entreprise technologique ou de contenus ne peut concurrencer», a aussi assuré M. Iger, qui a promis pour sa première année plus de vingt-cinq séries originales et plus de dix films originaux. Disney a promis notamment une série animée dérivée de «Toy Story» ou une série à gros budget tirée de l'univers «Star Wars», appelée «The Mandalorian».

Disney proposera non seulement le catalogue des productions Disney mais aussi de Pixar, les franchises «Star Wars» et Marvel ou les programmes de la chaîne National Geographic. En outre, les trente saisons de la série animée «Les Simpsons» (venant de chez Fox) seront aussi disponibles sur la plateforme.

Le film «Captain Marvel», actuellement en salles, sera disponible en exclusivité dès le lancement, ont ajouté les responsables du groupe. Pour son lancement, les abonnés pourront accéder à 7500 épisodes de séries, 400 films issus du catalogue historique et 100 films plus récents.

Mickey casse les prix

En fixant son prix à 6,99 dollars, Disney frappe fort, l'abonnement de base de Netflix aux Etats-Unis étant à 8,99 dollars par mois. D'autant que, fort d'un catalogue déjà énorme, Disney sera moins contraint d'investir aussi massivement que Netflix en contenus originaux pour attirer le chaland.

Disney anticipe «60 à 90 millions d'abonnés dans le monde d'ici la fin de (l'exercice budgétaire) 2024», dont les deux tiers en dehors des Etats-Unis, a précisé la directrice financière Christine McCarthy, ajoutant que le groupe comptait investir environ un milliard de dollars pour les contenus originaux la première année.

Le groupe n'anticipe pas de bénéfices pour Disney avant environ 5 ans. Disney a finalisé fin mars l'acquisition des studios Fox, fondés en 1935 à Los Angeles, et d'autres actifs du groupe de Rupert Murdoch, dont les chaînes de télévision FX et National Geographic.

Le marché du streaming --dominé par Netflix et ses 140 millions d'abonnés-- est le passage désormais incontournable pour les groupes de médias et technologiques. Amazon est aussi présent via Prime Video et Apple vient d'annoncer sa propre plateforme, Apple TV+, prévue pour cette année mais sans donner de date précise ni de prix. WarnerMedia, ex-Time Warner racheté par l'opérateur télécom AT&T, devrait aussi se jeter dans la bataille cette année, avant NBCUniversal (groupe Comcast) en 2020.

Une des conséquences de cette explosion du nombre d'acteurs est la fragmentation progressive des offres: Disney avait d'ailleurs déjà annoncé qu'il allait retirer progressivement son catalogue de Netflix. Pour autant, «je pense vraiment que Disney ne sera pas une menace pour Netflix», estime John Meyer, de la société d'investissements Transpire Ventures, qui note que «Netflix sait mieux que quiconque ce que veulent» les consommateurs.

Autre conséquence: les consommateurs pourraient se retrouver obligés de souscrire à quatre ou cinq plateformes pour disposer d'une offre diversifiée. Disney a déjà lancé une plateforme de streaming, ESPN+, dérivée de sa chaîne sportive ESPN. (afp/nxp)

Créé: 12.04.2019, 02h00

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