Mardi 16 juillet 2019 | Dernière mise à jour 16:07

Berlinale Téchiné dépeint la jeunesse et ses tourments

André Techiné présente à la Berlinale son dernier film «L'Adieu à la nuit», qui parle d'un jeune parti faire le djihad.

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La 69e Berlinale déroule son tapis (2019)

La 69e Berlinale déroule son tapis (2019) La Berlinale, premier gros festival de cinéma européen de l'année, s'ouvre jeudi avec un signal fort envoyé aux réalisatrices, mieux représentées que jamais.

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Un jeune homme qui s'apprête à partir pour le djihad dans «L'Adieu à la nuit» d'André Téchiné ou des adolescents qui choisissent la vie criminelle dans «Piranhas», co-écrit par Roberto Saviano: à la Berlinale, plusieurs films montrent une jeunesse en colère, tentée par la violence ou l'extrémisme.

Dans «L'Adieu à la nuit», qui marque le retour d'André Téchiné au festival de Berlin, cette fois hors compétition - trois ans après «Quand on a 17 ans», en lice pour l'Ours d'or--, Catherine Deneuve incarne une grand-mère dont le petit-fils (Kacey Mottet Klein) a décidé de faire le djihad en Syrie avec sa petite amie (Oulaya Amamra, de «Divines»).

Alors qu'il dit à sa grand-mère qu'il va au Canada, elle finit par découvrir la vérité et va tout faire pour l'empêcher de partir.

Co-écrit par Léa Mysius (réalisatrice d'«Ava»), ce film très documenté qui se déroule sur quelques jours est nourri notamment par le livre «Les Français djihadistes» du journaliste David Thomson.

André Téchiné y décrit, comme avait pu le faire Marie-Castille Mention-Schaar dans «Le Ciel attendra», le processus de radicalisation, la détermination et le discours d'un jeune qui a choisi de rejoindre le groupe Etat islamique.

«C'est un garçon qui est très, très en colère», a expliqué Catherine Deneuve mardi, lors d'une conférence de presse. «A partir du moment où je découvre qu'il est radicalisé, j'essaie de le comprendre et de ne pas le juger».

«Ce qui m'intéressait, c'était d'avoir une espèce de champ/contre-champ entre cette parole extrêmement dangereuse et violente, et un personnage féminin très enraciné, très terrien», joué par Catherine Deneuve, a souligné André Téchiné, qui aime dépeindre la jeunesse et ses tourments.

«J'ai voulu montrer dans le film à quel point, pour ces personnages qui sont embarqués pour se déraciner, l'apprentissage de la religion et la préparation militaire sont devenus leur raison de vivre», a ajouté le réalisateur, qui dit avoir voulu se pencher également sur le «thème de la sortie de l'enfance et de l'adolescence». «Lampe d'Aladin» C'est aussi cette délicate transition de l'adolescence qui a intéressé Claudio Giovannesi dans «Piranhas» («La paranza dei bambini»), film sur les gangs de jeunes à Naples, présenté mardi en compétition à la Berlinale. Il est adapté du livre éponyme du journaliste anti-mafia Roberto Saviano, qui en est aussi le co-scénariste.

«C'est un récit d'adolescence», a souligné Claudio Giovannesi («Ali a les yeux bleus») en conférence de presse. «Ce qui me tenait à coeur, c'était de parler de l'adolescence par rapport à un choix criminel».

Le film suit Nicola, 15 ans, et ses amis - joués par des acteurs non-professionnels de Naples - qui, par désir d'aider leur quartier, leur famille, de pouvoir s'acheter de beaux vêtements ou de séduire des filles, basculent dans la criminalité.

«C'est une histoire inspirée de faits réels. Les paranze , ce sont ces groupes de jeunes garçons qui ont occupé un vide de pouvoir», a expliqué Roberto Saviano, pour qui «ce film veut, à travers Naples, raconter le monde».

«C'est un monde dans lequel ou tu as de l'argent, ou tu fais peur, ou tu ne vaux rien», a-t-il dit, soulignant que dans le sud de l'Italie, «plus personne ne croit que les choses pourront changer par l'action d'un gouvernement ou de la politique».

«Le pistolet, c'est la lampe d'Aladin. Ils peuvent tout obtenir, mais le prix à payer, c'est la vie», a-t-il ajouté.

Ce thème du choix de l'extrémisme revient dans d'autres films de la Berlinale comme «Skin» de l'Israélien Guy Nattiv, dans la section parallèle Panorama, sur l'histoire vraie de Bryon Widner, un jeune membre d'un groupe suprémaciste blanc américain, au corps recouvert de tatouages haineux, qui décide de changer de vie.

La vie violente et ses rituels sont aussi au coeur du film colombien «Monos» d'Alejandro Landes, dans la section Panorama, sur un groupe de huit jeunes guerilleros chargés de surveiller une otage américaine et une vache laitière. (afp/nxp)

Créé: 13.02.2019, 12h02

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