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Cinéma Tim Burton fait les yeux doux aux artistes marginaux

Tim Burton remet au centre de son cinéma des artistes au destin marginal avec son nouveau film «Big Eyes» qui sort le 25 mars dans les salles obscures suisses.

Le prochain film du réalisateur américain Tim Burton raconte l'histoire de la peintre Margaret Keane.

Le prochain film du réalisateur américain Tim Burton raconte l'histoire de la peintre Margaret Keane. Image: Archive/Reuters

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Vingt ans après «Ed Wood», Tim Burton s'intéresse à nouveau avec «Big Eyes» au destin de marginaux du monde de l'art, les peintres Margaret et Walter Keane, devenus célèbres mais décriés par la critique et à l'origine d'une gigantesque imposture.

Le film, en salles le 25 mars, est inspiré par l'histoire vraie de ces peintres du dimanche devenus des artistes à succès, interprétés par Christoph Waltz («Inglourious Basterds», «Django Unchained») et Amy Adams («American Bluff»), qui a remporté un Golden Globe pour ce rôle.

Sa femme peignait les tableaux

Très populaire à la fin des années 50 et au début des années 60 avec ses portraits figuratifs d'enfants aux grands yeux tristes, Walter Keane, dont les œuvres jugées kitsch étaient snobées par la communauté artistique, a révolutionné le commerce de l'art en y introduisant le marketing de masse: il a créé sa propre galerie et vendu des œuvres très bon marché pour que tout le monde puisse se les offrir.

Mais c'était avant que n'éclate un énorme scandale: ses toiles n'étaient en fait pas de lui mais de sa femme Margaret, qui les peignait quasiment à la chaîne, recluse chez eux pendant que son mari courait les événements mondains et s'attribuait toute la gloire de son travail.

Après avoir quitté son mari au milieu des années 60, Margaret Keane gagnera son procès contre lui en 1986. Elle fut ensuite autorisée à signer ses œuvres de son nom.

Le film suit le destin de Margaret

Le film aux couleurs pimpantes suit particulièrement le destin de cette femme, aujourd'hui âgée de 86 ans, et sa relation avec son mari, décédé en 2000. Un beau parleur, grand communicant et escroc, interprété par un Christoph Waltz qui fait le choix de l'exagération dans son jeu.

Abandonnant les effets visuels et revenant à un budget plus modeste après les vampires de «Dark Shadows» (2012) et le long métrage d'animation «Frankenweenie» (2012), Tim Burton ne retrouve pas dans ce 17e film la folie habituelle de son univers gothique, macabre et décalé.

Mais, au-delà du biopic, le réalisateur de «Edward aux mains d'argent» et des «Noces Funèbres», explore des thèmes qui lui sont chers: la nostalgie de l'enfance, les frontières du bon goût et l'exclusion de parias du monde de l'art. Un sujet auquel il s'était déjà intéressé dans «Ed Wood» (1994), biographie du cinéaste éponyme, célèbre pour ses films aux effets spéciaux amateurs et considéré dans les années 50 comme un piètre réalisateur.

Un projet qui n'est pas sans rappeler «Ed Wood»

Ce sont les scénaristes de «Big Eyes», Scott Alexander et Larry Karaszewski, qui avaient déjà travaillé avec Tim Burton sur «Ed Wood», qui se sont d'abord intéressés à Margaret et Walter Keane.

«Ed Wood, notre premier film pour Tim Burton, racontait l'histoire d'un homme réputé être le pire cinéaste que le monde ait jamais connu - tout comme certains tiennent les Keane pour les pires peintres de tous les temps», souligne Larry Karaszewski. «Scott et moi sommes très sensibles au destin de ces gens que l'on croyait au départ de peu d'importance et qui ont été marginalisés».

Tim Burton fasciné par les peintures de Margaret Keane

Grand admirateur de Margaret Keane, marqué par ses tableaux d'enfants, Tim Burton, dont les films sont eux-mêmes souvent peuplés de personnages aux grands yeux ronds, a accepté très vite de produire le film, avant de décider de le réaliser lui-même.

«J'étais toujours été fasciné» par les tableaux des Keane, raconte-t-il. «Le travail lui-même est étrange. Ce sont des enfants tristes et un peu mystérieux, mais légèrement sinistres, comme s'ils sortaient d'un film d'horreur».

Pour Scott Alexander, Tim Burton «comprend l'idée d'art marginal et s'interroge sur la raison pour laquelle l'art doit être toujours légitimé par les critiques. Et c'est précisément le sujet du film». (afp/nxp)

Créé: 13.03.2015, 12h11

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