Jeudi 4 juin 2020 | Dernière mise à jour 07:40

Confinement Télé, ciné, bouquins: «Le Matin» vous propose ses classiques

La situation que l'on vit actuellement offre l'occasion parfaite de se jeter enfin sur ce qu'on n'a jamais lu ou vu. Alors, les collaborateurs du «Matin.ch» ont choisi de vous parler chacun d'un livre, d'une série et d'un film incontournables.

«Opération Tonnerre», «Into The Wild» et «True Romance»: trois films à rattraper. Si vous ne les avez pas déjà vus.

«Opération Tonnerre», «Into The Wild» et «True Romance»: trois films à rattraper. Si vous ne les avez pas déjà vus. Image: Getty/Starface

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UN LIVRE: «Martin Scorsese, conversations avec Richard Schickel» (Sonatine Éditions). Plongée fascinante dans la filmographie du réalisateur, ce bouquin de 2011 permet à Scorsese de commenter métrage par métrage sa fabuleuse carrière. «Le» bouquin pour tout fan du génial Martin, peu avare en anecdotes.

UNE SÉRIE: «Colorado» (2x150', 1978). Cette mini-série – une des plus coûteuses de l'histoire – raconte la conquête de l'Ouest, à travers la naissance d'une petite ville du Colorado. Le scénario captivant est adapté d'un roman de James A. Michener. Le casting compte toutes les stars de la TV américaine d'alors (Barbara Carrera, Richard Chamberlain, Robert Conrad, Raymond Burr, Robert Vaughn). Les paysages sont majestueux, la musique envoûtante... Un must absolu.

UN FILM: «Opération Tonnerre», de Terence Young (1965). Parce que c'est le meilleur de tous les «Bond», celui qui a définitivement fixé la formule magique. Scénario impec', les Bahamas, Adolfo Celi extra de cruauté en méchant de service, scènes sous-marines inoubliables, partition de John Barry entêtante, punchlines irrésistibles, gadgets au top (le jet-pack, le mini-respirateur). Parce que Claudine Auger. Parce que Sean Connery. Royal.

Laurent Siebenmann


UN LIVRE: «La Vie devant soi», Émile Ajar (Poche). C'est à l'école qu'on disserte sur l'histoire de Madame Rosa, vieille femme juive qui «se défendait avec son cul», selon l'expression de Momo, le gamin confiné dans sa pension clandestine. J'admirais Émile Ajar avant d'apprendre en 1980 que Romain Gary avait avait berné le monde littéraire et... mon professeur de français en utilisant ce pseudo pour obtenir un second prix Goncourt en 1974.

UNE SÉRIE: «Chernobyl» (5 épisodes, 2019). Cette série très documentée raconte la catastrophe nucléaire du 26 avril 1986 et le mensonge du pouvoir qui maintient la population dans l'ignorance au lieu d'affronter la réalité. À l'époque, on riait en attribuant les boucles blondes de ma fille à ses biberons, alors que les vaches d'ici broutaient une herbe contaminée. Avec «Chernobyl», le public découvre aujourd'hui ce qui lui a été caché en 1986.

UN FILM: «Aguirre, la colère de Dieu», de Wener Herzog (1972). En 1972, j'ai 12 ans et je ne vais pas au cinéma. Quand «Aguirre» passe à la télé, je vois Klaus Kinski transcender son personnage, un conquistador espagnol en quête d'une cité d'or. L'Eldorado n'a plus la couleur de l'or, mais la quête est la même, qui descend de la montagne et s'enlise dans les marais. Quand un assoiffé de pouvoir veut dominer la nature, il est vaincu par les forces de l’univers...

Vincent Donzé


UN LIVRE: «Le meilleur des mondes», Aldous Huxley (Poche). Un roman de fiction futuriste – plutôt visionnaire – sorti en 1932 mais qui questionne notre société et ses travers quelle que soit l'année à laquelle on le lit. Il soulève des questions universelles sur la liberté individuelle de penser et d'agir dans un monde complètement aseptisé et contrôlé par un état souverain.

UNE SÉRIE: «That '70s show» (8 saisons, 1998-2006). Durant des années, j'ai adoré regarder That's 70's show (1998). Pour les acteurs, leurs rôles de grands adolescents maladroits et rebelles toujours hilares qui consomment des substances illicites (qu'on ne voit jamais mais qu'on devine) dans leur garage et aussi pour les décors, leurs vêtements de hippies et les objets vintages.

UN FILM: «La Chèvre», de Francis Veber, 1981. Parce qu'il n'y a pas meilleur moyen de se redonner le moral en cette période de confinement. Pierre Richard et sa poisse légendaire qui fait n'importe quoi devant le regard dépité de Gérard Depardieu, ça n'a pas de prix. Son personnage à la fois prétentieux et innocent est touchant et l'histoire est comiquement absurde.

Laura Juliano


UN LIVRE: «Le cycle de Fondation» («Fondation» - «Fondation et Empire» - «Seconde Fondation»), Isaac Azimov. Un triptyque devenu classique de la science fiction signé Isaac Asimov publié dans la décennie 1950. Pas une ride.

UNE SÉRIE: «Sur écoute» (5 saisons). Originellement diffusée entre 2002 et 2008, «The Wire» (en VO), série policière orchestrée par David Simon, est devenue avec le temps une chose célébrée par les élites (universitaires, notamment). Il serait dommage de leur laisser le monopole.

UN FILM: «La règle du jeu» (1939). Veillée tragi-comique chez des nantis aveuglés juste avant la Seconde Guerre mondiale. Incompris à sa sortie puis réévalué puis proclamé chef-d'oeuvre du cinéma français, «La règle du jeu» de Jean Renoir est incontestablement un classique dont le cœur volage bat sous la poussière.

(BONUS) LE JEU VIDÉO: «Black Mesa». Voilà un jeu vidéo qui n'a pas volé son titre de classique: «Half-Life», sorti en 1998. «Black Mesa» – le nom de la base dans laquelle se déroule l'action – est son remake vient de sortir sur Steam (PC Windows et Linux).

Jean-Charles Canet


UN LIVRE: «Artamène ou le Grand Cyrus», Madeleine et Georges de Scudéry (Poche).. Guerrier de la Perse antique, Artamène court après une meuf qui lui échappe tout le temps. Notons qu’Artamène est un marathonien car ce roman du XVIIe siècle compte dans son édition originale 13 095 pages. Soit 2 100 000 mots. Intéressant, car l’épidémie, ça va être long.

UNE SÉRIE: «Guiding Light (Haine et Passion)».. Il semble qu’il y soit question de passion. Et de haine, aussi. Mais l’intérêt majeur de ces haines passionnantes diffusées aux Etats-Unis sur CBS de 1952 à 2009 c’est qu’elles se déroulent en 15 762 épisodes. Or l’épidémie, ça va être long.

UN FILM. Même si l’épidémie risque de durer, vous n’aurez certainement pas le temps de regarder un film en plus.

Renaud Michiels


UN LIVRE: «Naissance et Destin de l'univers» (livre audio). Un physicien parle de l'univers du Big Bang jusqu'à sa possible mort. Paul Parsons vulgarise l'astrophysique et rend compréhensible des concepts qui sont à la base très difficile à cerner. Un livre passionnant pour toutes les personnes qui souhaitent en savoir plus sur notre univers.

UNE SÉRIE: «Breaking Bad» (5 saison 2008-2013). Un professeur de chimie découvre qu'il est atteint d'un cancer. Comment va-t-il réussir à subvenir aux besoins de sa famille? Jusqu'où pourrons-nous suivre la descente d'un homme dans l'obscurité. Vince Gilligan nous propose une série qui a marqué son temps par son inventivité et des scènes qui ont frappé les esprits.

UN FILM: «Into the Wild», de Sean Penn (2007). Être transporté à travers les grands espaces américains en suivant Christopher McCandless, qui a décidé d'abandonner ses fantômes du passé, de se découvrir et se reconstruire.

Yannick Michel


UN LIVRE: «Les annales du disque-monde», Terry Pratchett. Parce qu'une Terre plate (qui plus est juchée sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes debout sur une tortue céleste géante), cela ne doit pas tourner moins rond que la nôtre. En une quarantaine de volumes, Pratchett décrit un univers de magie, de conte de fées mais solidement ancré dans nos préoccupations actuelles (l'épidémie en moins). Sauf que c'est beaucoup, beaucoup plus drôle.

UNE SÉRIE: «Dune» et «Les enfants de Dune». Les deux miniséries de trois (longs) épisodes chacune, adaptée des romans de Frank Herbert par John Harrison en 200 et 2003. Et une fois qu'on les a vues, on se rue sur les livres: on a de quoi s'occuper.

UN FILM: l'intégrale Sergio Leone. Parce que c'est long, mais c'est beau! Dans l'ordre chronologique c'est encore mieux, avec l'apothéose «Il était une fois en Amérique» en dessert.

(BONUS) UNE BD: l'intégrale Blueberry. Question évasion et grands espaces, on est servi. Des histoires en béton signées Charlier, dessinées par le maître Giraud. On peut les relire 20 fois sans se lasser.

Michel Pralong


UN LIVRE: l'intégrale de la reine du crime Agatha Christie. Mais s’il ne faut en choisir qu’un, «Dix petits nègres». Dès la première page on est emporté dans l’intrigue et on ne veut pas s’arrêter jusqu’à ce qu'on connaisse le coupable!

UNE SÉRIE: l'intégrale de «Sex and the City» (6 saisons, 1998-2004). Un classique très «girly», mordant et indémodable, qui nous transporte à New York City.

UN FILM: «Vacances romaines» (1953). De William Wyler avec les grandioses Gregory Peck et Audrey Hepburn, qui a remporté un oscar pour son rôle. En cette période de semi-confinement, ce film nous fait voyager sur le routes du sud de l’Italie et nous amène la Dolce Vita italienne dans nos salons.

Emilie Gabella


UN LIVRE: «Erectus», Xavier Müller (XO Éditions). En ces temps difficiles, j'ai tout de suite pensé à ce roman, sorti en 2018. En Afrique du Sud, un homme s'est métamorphosé en Homo Erectus. Il est couvert de poils et ne parle plus. Au fil de l'histoire, d'autres se transforment dans le monde entier. L'humanité recule. Les scientifiques ne savent qu'en faire: les parquer pour les protéger ou les éliminer?

UNE SÉRIE: «Desperate Housewives» (8 saisons, 2004-2012). Tous les ingrédients d'une vie en vase clos.

UN FILM: «Wasabi», de Gérard Krawczyk avec Jean Reno (2001). Pas de prise de tête et des répliques qu'on connaît déjà par coeur. Cela fait un bien fou (rire).

Agnès Pointet


UN LIVRE: «Un mal sans remède», Antonio Caballero (Belfond). Le titre est tout à fait approprié à la situation. C'est un grand roman sud-américain qui se passe en Colombie. On suit un certain Escobar, poète à ses heures, qui traverse la ville de Bogota à la recherche de l'amour et de l'esprit.

UNE SÉRIE: «Westworld» (saison 1). Parce qu'elle mélange deux genres que j'apprécie: le western et la science-fiction, et je suis scotché par tant de créativité et d'ingéniosité narrative.

UN FILM: «Léviathan», d'Andrey Zvyagintsev (2014). Un chef d'oeuvre d'humour noir à la russe, réaliste, excessif, une peinture d'époque noyée dans la vodka et la religion, un miroir que les Russes n'ont pas trop apprécié.

Eric Felley


UN LIVRE: «La Peste», Albert Camus (1947). Le prix Nobel 1957 en pleine actualité. Dès 1941, il réfléchit à traiter du sujet avant les épidémies d'Alger (1944) et d'Oran (1945). Son livre donne un écho étonnant aujourd'hui. Les mesures tardives, le confinement, l'engagement, la peur mais aussi la résistance européenne contre la peste brune: le nazisme, allégorie du mal mortel et de la contagion. Allons-nous grandir de la restriction de nos libertés et de «notre» peste?

UNE SÉRIE: «Damages», de Todd A. Kessler, Glenn Kessler et Daniel Zelman (2007). Cinq saisons, 59 épisodes et pas une seconde à perdre. Pas même pour jeter un œil sur votre smartphone ou aller chercher une plaque de chocolat à la cuisine. Glenn Glose, en avocate ultraperverse, offre son plein potentiel. Elle transgresse, manipule, piétine tout, en particulier les humains. Déchaînée, l'actrice tient là un de ses meilleurs rôles.

UN FILM: «Le Dîner de cons», de Francis Veber (1998). Parce que c'est très bon et que c'est du théâtre avant d'être du cinéma. Jacques Villeret, Thierry Lhermitte, Francis Huster et Daniel Prévost forment un quatuor ébouriffant et caustique. Ça donne une furieuse envie d'organiser des dîners de cons et de connes. Parfait pour s'immuniser ou se mettre aux maquettes avec des allumettes. Confinés ou cons finis? Pas folle la chute, mais c'est aussi du Camus.

Evelyne Emeri


UN LIVRE: «Le Petit Prince», Antoine de Saint Exupéry. Car à chaque période de ma vie où je le relis, je le perçois différemment. Petit, c'était un beau conte pour enfants, avec de l'amitié et de l'aventure. A l'adolescence, j'étais touché par la mort et la solitude. Aujourd'hui, c'est une analyse du monde absurde dans lequel on vit. Il est sorti en 1943, mais «Le Petit Prince» n'a jamais été autant d'actualité.

UNE SÉRIE: «Happy Endings» (3 saisons, 2011-2013). «Friends» et «How I Met Your Mother» sont des classiques, mais j'ai opté pour leur petite soeur, qui est tout simplement hilarante. On reprend le concept de la bande de potes qui se connaissent depuis longtemps et on recommence avec des personnages loufoques, attachants et caricaturaux.

UN FILM: «Monster», de Patty Jenkins (2003). Charlize Theron signe un grand moment de cinéma.. Elle est méconnaissable et bouleversante dans le rôle d'Aileen Wuornos. «Monster» est un drame poignant et bouleversant retraçant l'histoire vraie d'une prostituée qui va vivre une descente aux enfers. Elle tombe amoureuse de la mauvaise personne et deviendra la serial killeuse la plus connue des Etats-Unis.

Fabio Dell'Anna


UN LIVRE: «Les annales de la Compagnie noire» (l'intégrale), Glen Cook (J'ai Lu). Une compagnie de mercenaires au service du méchant de l'histoire: avec son univers sombre, sa narration déroutante et ses personnages paradoxalement hauts en couleur, ce roman se laissera volontiers dévorer par tout amateur de fantasy.

UNE SÉRIE: «Brooklyn Nine-Nine» (6 saisons sur Netflix). Une sitcom (policière) comme on pense en avoir déjà vu, et pourtant. Totem de régularité, la série nous fait rire saison après saison, et les épisodes faisant exception ne sont pas légion. Mention spéciale à Jake Peralta, génialissime personnage principal de l'histoire.

UN FILM: «Inglourious Basterds» (2009). De l'occupation allemande à la chute du Troisième Reich, le tout à la sauce Tarantino. Le pari est ambitieux mais ô combien efficace. On s'attachera volontiers à Shosanna, dernière survivante de sa famille, ou encore aux «Bâtards», un groupe de justiciers antinazis et ultraviolents. Et même au terrible colonel Hans Landa, merveilleusement incarné par Christoph Waltz.

Jonathan Zalts


UN LIVRE: «La maison du sommeil», Jonathan Coe. J'avais 30 ans quand on m'a offert ce roman. Cette fresque où tous les personnages finissent par se retrouver – qui est en réalité son 5e livre – m'a alors ouvert à toute l'oeuvre de Jonathan Coe, à la satire, à l'humour british, à la précision de l'un des meilleurs écrivains de sa génération. Depuis, je ne rate aucune de ses sorties.

UNE SÉRIE: «X-Files» (11 saisons, 1994-2002 et 2016-2018) Avant, le monde des séries, c'était un épisode le samedi après-midi et les sitcoms familiales à 20h. Et sont arrivées les enquêtes de Mulder et Scully, mêlant mystère, horreur, aliens et théorie du complot: un rendez-vous tout de suite devenu immanquable, puis un phénomène mondial. «X-Files» annonçait alors la puissance du format sériel entamée en 2000.

UN FILM: «True Romance», Tony Scott (1993). C'est le film le plus culte de Tarantino, et pourtant il n'est pas de lui. Le cinéaste en a écrit le scénario qu'il a vendu pour réaliser «Reservoir Dogs». Le casting: Christian Slater, Patricia Arquette, Michael Rapaport, Samuel L. Jackson, Gary Oldman, James Gandolfini... Il faut le voir, ne serait-ce que pour la scène entre Christopher Walken et Dennis Hopper.

Laurent Flückiger

Créé: 29.03.2020, 11h14

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