Lundi 17 décembre 2018 | Dernière mise à jour 14:37

Talent Une jeune Vaudoise séduit les grands chefs pâtissiers

Pauline Clouet, 11 ans, a remporté à Paris le concours de pâtisserie «La Cuillère d’Or», sous l’œil admiratif de grands chefs, parmi lesquels Pierre Hermé.

Pauline Clouet a élaboré son gâteau gagnant alliant hocolat et agrumes avec l’aide de son coach Patrick Bovon.

Pauline Clouet a élaboré son gâteau gagnant alliant hocolat et agrumes avec l’aide de son coach Patrick Bovon. Image: Maxime Schmid

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Tel est le nombre de dossiers envoyés par des pâtissiers en herbe au jury de la Cuillère d’Or. Parmi tous ces candidats, neuf ont été choisis pour la finale parisienne. Pauline Clouet était la seule Suissesse du concours.

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Àl’âge où les talents en pâtisserie se limitent le plus souvent à aligner des tranches de pomme sur une pâte feuilletée ou à confectionner un cake au chocolat sans papa ni maman, Pauline Clouet, 11 ans, manie déjà la poche à douille comme une pro. Un talent qui lui a permis de remporter le 7 mars dernier à Paris la catégorie enfants du prestigieux concours gastronomique La Cuillère d’Or. Une compétition réservée aux femmes et destinée à mettre en lumière la représentation féminine des métiers de bouche. «J’adore faire de la pâtisserie et même la cuisine en général, plutôt des plats gastronomiques», raconte la toute jeune fille, qui a déjà participé à des cours dans des cadres prestigieux comme l’Hôtel de Ville de Crissier ou chez le grand Paul Bocuse. Une amie de sa maman lui parle alors de la Cuillère d’Or. «Je me suis renseignée un peu et j’ai vu que c’était un concours exigeant pour lequel il fallait sérieusement se préparer. Nous nous sommes dit qu’il me fallait un coach.»

Rencontre avec Mercotte

Fan des émissions culinaires de télévision, parmi lesquelles évidemment «Le meilleur pâtissier», Pauline rêve de rencontrer la pâtissière amateur vedette Mercotte. «Je lui avais écrit une lettre pour lui dire que j’avais envie de participer à l’émission. Elle m’a alors invitée à venir la voir au Salon de la restauration et de l’hôtellerie à Lyon.» La jeune pâtissière de Servion y fait la connaissance de Patrick Bovon, pâtissier à La Tour-de-Peilz et coach en 2017 de l’équipe suisse au Mondial de la pâtisserie. Et lui demande de devenir son entraîneur. «Il n’a pas dit oui tout de suite, il m’a d’abord testée avec des questions sur les différentes pâtes, les termes techniques.» Un «entretien d’embauche» confirmé par le coach. «J’étais impressionné par sa passion et par son jeune âge. Mais je voulais m’assurer de la solidité de son envie et de ses connaissances. Ensuite, je l’ai entraînée comme une adulte. Je lui ai dit qu’on y allait pour gagner.»

Cent fois sur le métier…

La présélection pour la Cuillère d’Or se fait sur dossier. Les candidats – environ 300 au départ – élaborent un gâteau et en envoient recette et photos au jury. «De tout le concours, c’est ce qui m’a le plus stressée. Il fallait imaginer un gâteau sur le thème «Chocolat mon amour» avec du chocolat et des agrumes. Quelque chose qui plaise au jury mais que je puisse refaire en direct pendant le concours.» Après de nombreux essais, la photo du brownie au chocolat garni de crème à la bergamote, de pâtissière au combava et de suprêmes de citron vert est envoyée au jury. Recette gagnante puisque Pauline est sélectionnée avec huit autres jeunes pâtissières pour le concours parisien. «Je n’ai pas réalisé tout de suite. Il m’a fallu des semaines avant de comprendre ce qui m’arrivait. Pour moi, à ce moment-là, j’étais déjà contente.»

Pourtant, pas le temps de se reposer sur ses lauriers pour la jeune passionnée, qui commence un entraînement intensif avec Patrick Bovon. Avec des hauts et des moments de découragement. «C’est normal, estime le pro. Les moments de bas servent aussi à voir ce qui ne fonctionne pas et à s’améliorer.» Une centaine de réalisations de son gâteau chocolat-agrumes plus tard – «je crois que ma famille et mes amis ne peuvent plus le voir!» –, la jeune prodige part à Paris. Dans le calme. «À part quelques minutes avant de commencer à cuisiner, je n’ai jamais été stressée. Tout s’est parfaitement passé, comme à l’entraînement. J’avais l’impression d’être chez moi ou comme dans un rêve.»

Un beau rêve puisque Pauline Clouet a remporté la compétition et suscité l’enthousiasme du jury. Cerise sur le gâteau, sa création a même été remarquée par le meilleur pâtissier du monde, Pierre Hermé. «Au gala, il a dit que le gâteau ovale de la catégorie enfants – c’était le mien – était un vrai travail d’adulte et de professionnelle!» Pauline se verrait bien en faire son métier plus tard. «J’adore faire plaisir aux gens et j’adore cuisiner. La pâtisserie me permet d’allier les deux. Je suis d’ailleurs la personne de ma famille qui passe le plus de temps en cuisine! Et même à l’école, je mélange ma passion avec les leçons. Pour les maths, je réfléchis en parts de gâteau ou en quantité d’ingrédients. Et en histoire, ce qui me passionne le plus, ce sont les grands banquets et ce que les gens mangeaient.»

Pas de quoi distraire l’écolière qui brille autant sur les bancs de l’école que spatules à la main. Mais le bon souvenir de son concours gagné lui donne déjà des envies de recommencer. Et même de tenter les plus prestigieux comme celui du Meilleur ouvrier de France. «Mais avec un col rouge et blanc. J’espère que, d’ici là, le Meilleur ouvrier de Suisse existera.» (Le Matin)

Créé: 24.03.2018, 15h30

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