Vendredi 29 mai 2020 | Dernière mise à jour 21:34

Original Elle danse en tutu dans les rues des villes suisses: bravo!

À l’image d’un musicien de rue, Tzvetana danse sur un air classique, entre les passants et les voitures.

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Quand elle pose son lecteur CD sur le trottoir, les habitués des terrasses savent que la danseuse en tutu rose exécutera ses pas avec grâce, indifférente au brouhaha qui l’entoure.

De Genève en Bâle en passant par Fribourg, Neuchâtel et Bâle, Tzvetana Messerli danse sur un seul air pour son plaisir et celui des badauds: l’adagio en sol mineur de Tomaso Albinoni/ Remo Giazotto. Une interprétation qui dure de 7 min 19 sec.

Sa chevelure blanche lui confère l’allure d’une princesse de conte de fées. La danseuse assume ses 74 ans, mais souhaite qu’on n’y prête pas attention. Pour beaucoup d’observateurs, Tzvetana vit sur son petit nuage. Si certains dédaignent sa prestation, beaucoup apprécient ce rendez-vous hebdomadaire et personne ne s’en moque.

Lumière des phares

«Cette danseuse est admirable dans sa démarche!», s’extasiait jeudi dernier à Bienne le couple d’artistes MS. Bastian & Isabelle L. Après la tombée de la nuit, Tzvetana se produisait devant le établissements de la place Guisan, dans la lumière des vitrines, des phares et des candélabres.

Sa passion, Tzvetana l’a cultivée dès l’enfance à Sofia dans les pas de sa mère cantatrice. Professeur de chimie et de biologie, son père n’a pas été aussi déterminant dans sa carrière. Gamine, elle a fréquenté une école de ballet jusqu’à l’adolescence, mais c’est en autodidacte qu’elle a tracé un chemin personnel et forgé une personnalité originale.

À Neuchâtel

Suisse par mariage, Tzvetana vit à Berne. Mardi dernier, elle a laissé notre photographe Sébastien Anex l’accompagner depuis la gare de Berne jusqu’à Neuchâtel, en gardant son domicile confidentiel.

«Je m’arrêterai quand l’hiver arrivera: le froid est l'ennemi de la danse», glisse la danseuse qui ne se produit que dans trois villes par semaine.

Les semelles s'usent

Quand sa prestation rapporte quelques sous, cet argent sert à renouveler sa garde-robes, dans des boutiques spécialisées de Gênes et de Bologne. En particulier des chaussures: «Les semelles s’usent rapidement sur le bitume», glisse-t-elle.

La danse l’a maintenue en pleine forme, mais Tzvetana n’est pas à l’abri d’un incident: «Je me sens fit et jeune, mais l’autre jour, je me suis cognée à ma baignoire. Aïe!», sourit la danseuse en replaçant ses accessoires dans son caddie flanqué d’un autocollant antinucléaire.

Pour elle, la danse est comme une «thérapie du bonheur» qui nourrit l’âme, autant que le corps.

Créé: 23.10.2018, 07h27

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