Samedi 4 avril 2020 | Dernière mise à jour 11:13

Streaming Disney+ arrive avec un fond de catalogue en béton

Sur un modèle similaire à Netflix, Mickey ouvre sa plateforme de diffusion en flux continus sur le marché européen, Suisse comprise. Son point faible: des contenus originaux en rangs parsemés.

Sur la page d'accueil de Disney+, «The Mandalorian», la série originale phare de la plateforme, est particulièrement mise en valeur.

Sur la page d'accueil de Disney+, «The Mandalorian», la série originale phare de la plateforme, est particulièrement mise en valeur. Image: Disney+

Le coronavirus fait fléchir Disney... En France (MAJ)

Face aux inquiétudes de Bruxelles d'un éventuel engorgement des réseaux, très sollicités en raison du télétravail, Netflix a accepté jeudi de réduire son débit pendant 30 jours en Europe tout en gardant la haute définition pour les abonnés qui ont choisi cette option. L'objectif est de réduire de 25% le trafic utilisé par Netflix, rapporte «Les Echos».

Cette concession d'un acteur majeur du streaming et, surtout, la poursuite de diverses pressions gouvernementales, va-t-il avoir un impact sur Disney+, qui lance un service concurrent par nature gourmand en bande passante?

jeudi encore, «Les Echos» rapportaient que le gouvernement français avait demandé à Mickey «d'ajuster» son arrivée sur le marché. Disney a d'abord fait la sourde oreille avant de céder: l'ouverture du portail dans l'hexagone est désormais reportée au 7 avril prochain.

En revanche, la mise en service reste fixée au 24 mars pour les autres pays Européens concernés ainsi que la Suisse: vendredi la porte-parole de Disney, Karin Lehmann confirmait qu'un report «n'est pas en discussion pour le moment».

Ce qui change est d'ordre technique,comme chez Netflix, Disney+ indique vouloir réduire le temps de la crise l’utilisation globale de la bande passante d’au moins 25%. Une disposition qui pourrait affecter la qualité des diffusions, celles proposées en 4K en particulier.
- (JChC)

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Après le lancement de la plateforme Disney+ en 2019 aux Etats-Unis, au Canada et aux Pays-Bas, Mickey vient jouer des coudes entre Netflix et Prime Video d'Amazon le 24 mars en Suisse, ainsi que dans de nombreux autres pays européens.

Ce nouveau service, qui sera proposé à l'abonnement (une semaine d'essai gratuite puis 9,90 francs par mois ou 99 francs à l'année après l'extinction d'une offre promotionnelle à 84,90), nous le testons depuis quelques jours. Nos attentes étaient très hautes autant sur le plan des performances, que sur le plan de la quantité et de la qualité du catalogue de films et de séries. Si nous avons des réserves ça et là, il nous faut bien convenir que Disney ne vient pas les bras vides.

Conditions de test

Disney+, nous l'avons essentiellement testé via le navigateur Chrome (www.disneyplus.ch) sur un PC Windows (un peu) et (surtout) via l'application Disney+ sur une Apple TV reliée à écran 4K. Autrement dit, nous nous sommes mis en mode «canapé au salon» et pas du tout en mode smartphone dans un transport en commun, coronavirus oblige. Nous l'avons lancé en passant par notre réseau wi-fi personnel, le même qui nous permet de visionner les contenus Netflix en Ultra Haute Définition et en glorieux High Dynamic Range (HDR). Depuis mardi, les contenus auxquels nous avons accès sont exactement les mêmes que pour ceux qui souscrivent un abonnement depuis la Suisse.

Interface

La page d'accueil de de Disney+ sur PC Windows.

Côté présentation, Disney+ adopte une esthétique des contenus très similaire à celle visible sur Netflix, Prime Video et Apple TV+: des vignettes, une navigation verticale et horizontale simplifiée, des classements par catégories et un système de recommandation gérée par on ne sait quelle mystérieuse intelligence artificielle. Les informations sont claires, l'ergonomie est cuisinée aux petits oignons, toutes les informations essentielles sont là et les changements à la volée des langues et des sous-titres sont parfaitement intégrés. On dira même que l'interface et l'ergonomie sont plus agréables que celles des services concurrents. Prime au dernier arrivé. Avec encore un joli plus: l'intégration d'emplacements qui, comme pour un DVD et Blu-Ray, permettent d'accéder à des bonus (envers du décors, scènes coupées...).

Qualité des vidéos

«Star-Wars - L'empire contre-attaque». L'épisode V de la saga, comme tous les autres, est proposé en 4K HDR sur la plateforme.

En termes de qualité des vidéos, là encore, on reste si ce n'est dans l'excellence du moins dans le très satisfaisant. Tous les contenus que nous avons lancés se présentaient sous leur meilleur jour possible. Une qualité globale que l'on ne constate à ce niveau que sur Netflix et Apple TV+ et que l'on souhaiterait voir systématisée sur des applications telles qu'Amazon Prime ou myCANAL. Un nuage plane cependant sur la qualité constatée avant que Disney n'annonce qu'elle ferait quelque chose pour ne pas trop contribuer à engorger le réseau internet: sa décision de réduire l’utilisation globale de la bande passante d’au moins 25% pendant la crise du coronavirus a une incidence sur les vidéos: pendant quelques temps, des artefacts de compression peuvent être plus visibles ça et là les contenus supposés passer en 4K HDR peuvent paraître légèrement dégradés. C'est du moins ce que nous soupçonnons à ce stade, les yeux rivés sur un très grand écran.

Et le catalogue dans tout ça?

«The Mandalorian», saison 1, épisode 1.

Pour son catalogue de lancement en Suisse, Disney annonce un bon millier de films, de séries et de documentaires. Il bénéficie grandement des trésors que Picsou a accumulés dans ses caves. Des trésors venus des écuries Disney, bien sûr, mais aussi des écuries Pixar, «Star Wars», Marvel, National Geographic et 20th Century Fox, studio mythique récemment acheté (et rebaptisé 20th Century) par le groupe. Autrement dit, en termes de produits populaires, il y a du lourd et même quelques classiques, ou raretés, tels «Le trou noir» et «20 000 lieues sous les mers» (mais pas de «Taram et le chaudron magique» pour l'instant). Sur ce fond de roulement terriblement attractif (bien que 100% étatsuniens) s'ajoute une certain nombre d'«Originals», soit des productions maison, conçues uniquement pour la plateforme, et qui ne sont de ce fait soumis à aucune chronologie des médias. C'est dans cette catégorie que figure «The Mandalorian», la série événement qui a redonné (par sa naïve simplicité et ce n'est pas péjoratif) quelques couleurs à une franchise «Star Wars» qui semble avoir perdu sa boussole au cinéma.

L'arbre cache une forêt

La zone réservée aux productions exclusivement conçues pour Disney+.

Mais là réside aussi la principale faiblesse actuelle du service: «The Mandalorian» est un peu l'arbre qui cache une forêt des «Originals» encore très, très clairsemée. Nous n'avons pas trouvé d'autres fictions maison véritablement porteuses et excitantes. Ni «Le monde selon Jeff Goldblum» (une série documentaire avec un acteur célèbre), ni «Les High School Musical» n'ont véritablement comblé notre soif d'originalité (nous ne sommes pas le public cible à vrai dire) et on cherche encore une pépite qui dormirait dans un coin. Par comparaison, Apple TV+ a démarré en fin d'année dernière avec au moins une poignée de séries très soignées et ambitieuses, que les premiers utilisateurs ont pu dévorer avec délectation. Soit dit en passant, le problème d'Apple TV est cependant l'inverse de celui qui touche Disney+, le service n'ayant aucun catalogue de fond.

À l'heure de conclure

À l'heure de conclure ce test et en résumé, nous sommes à 99% convaincu par l'outil Disney+, à 90% par l'incroyable base des fictions et documentaires proposés et à 30% par le catalogue actuel des productions originales (dont 29% dû à «The Mandalorian»). Le service ne nous semble pas moins assez irrésistible pour les familles à la recherche de divertissements pour tous les âges réunis dans un seul chapeau.

Cependant, les amateurs d'émotions plus fortes, ou plus adultes, ainsi que ceux ou celles qui aiment frissonner devant un bon thriller psychologique – ou encore qui aiment se faire surprendre par un ovni venu d'on ne sait où – ne seront probablement pas plus rassasiés par l'offre actuelle que par l'offre future de Disney+.

Car Mickey veille au grain et n'aime pas trop les têtes qui dépassent.

Jean-Charles Canet

Plateformes sur lesquelles le service sera disponible, prix, nombre d'utilisateurs simultanés... Ce lien permet de trouver réponse à tout ou presque. Le menu pour tout mettre en français se trouve en bas de page...

Créé: 20.03.2020, 09h39

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