Mardi 2 juin 2020 | Dernière mise à jour 15:37

Festival John Howe: «Les dragons sont partout en Suisse»

Invité d'honneur de BDmania, l'illustrateur basé à Neuchâtel part en quête de la légendaire créature dans un documentaire projeté ce soir à Fribourg.

BDmania

Du 2 au 4 novembre à Belfaux (FR)

Programme complet sur www.bedemania.ch.
Projection de «Dragons» en présence de John Howe, mercredi 31 octobre à 20h30, cinéma Rex, Fribourg.

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Ouvrez les yeux: les dragons sont partout. Dans la culture populaire moderne comme dans la mythologie, dans les églises ou même au sommet de nos montagnes. À quoi est due cette fascination pour une créature qui n'a jamais existé? Pour le savoir les frères Alexis et Yannis Metzinger ont fait appel au plus Neuchâtelois des illustrateurs canadiens, John Howe, et au conteur Nicolas Mezzarila pour leur documentaire intitulé «Dragons», fantastique autant sur le fond que sur la forme.

L'artiste bien connu des fans de J.R.R. Tolkien et concepteur du terrible Smaug de la trilogie cinématographique «Le Hobbit» est parti dans une quête aux quatre coins du monde qui l'a mené à rencontrer notamment George R.R. Martin, créateur de «Game of Thrones».

Interview, avant la présentation des quatre épisodes ce mercredi 31 octobre à 20h30 au ciné Rex 1 à Fribourg dans le cadre du festival BDmania. «Dragons» sera également diffusé en décembre sur Arte.

John Howe, qu'est-ce qui vous fascine dans le fait de dessiner un dragon?

Tout! C'est la créature fantastique qui offre le plus de liberté pour la définir, au contraire de la licorne, par exemple. Je crois qu'on ne peut pas trouver dans le passé, préhistorique ou non, un archétype qui serve de modèle. Ces derniers temps, il y a une petite tendance à tout ramener à la paléontologie. J'ai lu des bouquins sur le sujet qui ne m'ont pas convaincu.

Vous avez pu concevoir Smaug pour le cinéma. Vous estimez-vous chanceux d'avoir pu travailler sur celui qui est définit comme le premier dragon moderne?

C'était chouette. Les sources d'inspirations de Tolkien sont anciennes mais c'est le premier dragon qui prend une forme profonde et arrondie. Jusque-là les représentations étaient convenues. Cela fait longtemps que je fais des dessins sur le thème pour des couvertures de bouquins ou des cartes et c'est mon travail sur le film qui m'a pris le plus de temps. Peter Jackson (ndlr.: le réalisateur du «Hobbit») nous avait seulement dit que Smaug devait être grand, doré et rouge. Donc on a conçu un dragon classique: avec quatre pattes et des ailes. Six mois avant la sortie du 2e volet, Peter Jackson voulait finalement que les deux pattes avant soient ses ailes, un peu comme une chauve-souris.

Dans le documentaire, on vous voit au Pilatus, près de Lucerne, où se trouvait un dragon. Y en a-t-il eu beaucoup en Suisse?

Il y en a eu partout. Cela s'explique par le fait que la montagne, qui était très peu explorée, demeurait un habitat possible. De plus, tous les phénomènes météorologiques en Suisse sont propices à croire aux dragons. La grande mythologie a tendance à se distiller de façon très locale.

Vous ne croyez pas aux dragons?

C'est tentant. Mais je crois que les dragons existent à un niveau bien plus parlant que la réalité. Ils existent au niveau culturel et psychologique. Ils reflètent notre incapacité à cerner un monde grand et dangereux. C'est compliqué d'affronter des choses quand on ne peut pas les définir. À l'époque où on vit, le dragon a un fort aspect écologique, il est la dernière part sauvage qu'il nous reste et c'est dangereux de ne pas la prendre en compte. Tout ça finira par nous mordre.

Pour les besoins de «Dragons», vous avez rencontré George R.R. Martin, l'auteur du «Trône de fer». Vous vous connaissiez tous les deux?

Un peu. J'avais illustré l'un de ses romans (ndlr.: «A Clash of Kings», tome 2 de la saga «Le trône de fer»). C'est toujours spécial pour moi d'aborder ces gens qui ont un bagage gigantesque. George R.R. Martin est incontournable, il y a assurément un avant et un après «Game of Thrones». Mais je dois avouer que j'ai plus d'affection pour les femmes auteures, comme Robin Hobb (que l'on voit aussi dans le documentaire), Ursula K. Le Guin, Naomi Novik, Anne McCaffrey, qui ont renouvelé le fantastique à leur façon.

Avez-vous été contacté pour travailler sur la série basée sur l'univers de Tolkien que prépare Amazon?

Non. Si vous avez des nouvelles à me donner je suis preneur. (Rires.)

Votre nom apparaît dans une nouvelle production de Peter Jackson, «Mortal Engines», qui sort en décembre en salle.

Je n'ai fait que neuf semaines en Nouvelle-Zélande mais j'ai eu beaucoup de plaisir à travailler là-dessus car c'est du post steampunk, ce qui est quelque chose de plutôt rare pour moi, alors que j'aime beaucoup la science-fiction.

Quelque chose d'autre sur le feu?

Je dois terminer le calendrier 2020 sur les romans «Game of Thrones». Sinon j'ai deux livres qui sortent: «Un voyageur en Terre du milieu», qui est mon carnet de croquis, et «Cathédrale», qui est une réédition trente ans après. Il y a aussi en ce moment une exposition au Musée Gutenberg (ndlr.: dans le cadre de BDmania) où la moitié de mes œuvres présentées n'ont jamais été vues en Suisse.

Créé: 31.10.2018, 15h55

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