Dimanche 17 novembre 2019 | Dernière mise à jour 00:46

Interview «J'étais coincé dans un ascenseur avec Aznavour et Sting»

Kendji Girac cartonne avec son dernier disque, «Amigo», et nous parle de ses plus belles rencontres.

Le chanteur de 22 ans revient avec un disque plus urbain, mais en gardant ses sonorités gipsy pop.
Vidéo: Laura Juliano

Kendji Girac - Amigo

Album disponible depuis le 31 août

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Quelques pas de flamenco, le temps de lui installer son micro. Une petite chanson pour tester le matériel et c'est parti. Kendji Girac était à Lausanne ce 16 octobre 2018 pour présenter son dernier album «Amigo» (il sera en concert à l'Arena de Genève le 12 avril 2019).

Content d'être en Suisse, il nous explique connaître plutôt bien notre pays. «Je viens très souvent à Genève. J’ai une amie qui habite là-bas. Je connais l’histoire de la marmite de l'Escalade par cœur et j'adore la région de Fribourg.» La bonne humeur du chanteur de 22 ans est communicative. Il rit beaucoup, parle avec les mains et ne quitte jamais son sourire. Rencontre avec un jeune homme qui a su garder les pieds sur terre et rester humble malgré son succès.

Vous venez de sortir le 31 août 2018 votre 3e album «Amigo», il est déjà disque de platine en France. Tout va bien, non?

Tout va bien! J'étais parti en vacances durant un an et demi après ma tournée. J'ai pas mal voyagé. Je me suis reposé et j'ai beaucoup travaillé. L'accueil de ce disque a été inespéré, je ne peux pas rêver mieux.

Au moment de la sortie aviez-vous plutôt peur des réactions ou étiez-vous plutôt pressé de les entendre?

D'un côté j'avais vraiment hâte mais de l'autre... (Il réfléchit quelques secondes.) C'était quand même assez compliqué. Tout le monde dit que, dans la carrière d'un artiste, le troisième disque est toujours le plus difficile. Et je suis quelqu'un qui est facilement impressionné. J'ai eu peur de faire des tournées, peur de publier mes albums... J'ai des doutes, comme tout le monde.

Qu'avez-vous fait durant cette pause, après une tournée de 175 dates?

Avec ma famille, on a voyagé pendant un mois en France. J'ai toujours ma petite caravane. Je suis ensuite parti à Los Angeles, en Espagne et aux îles Fidji. C'était surtout une période où j'ai pu me ressourcer et faire les bons choix musicaux.

Le moment le plus fou de ces vacances?

C'était aux Îles Fidji. J'étais sur une île déserte où j'ai tourné une émission de survie (ndlr: «L'aventure Robinson» sur TF1). Je suis resté cinq jours sans manger. J'ai pris deux jours pour allumer un feu et je devais monter sur les cocotiers pour me nourrir. J'ai perdu 2-3 kilos. C'était intense, mais j'en garde de bons souvenirs. Si c'était à refaire, je le referais tout de suite.

Sur ce troisième disque, vous avez gardé vos influences gipsy pop mais vous touchez à des sons plus urbains,.

J'ai voulu amener un style différent, me jeter un peu dans l'urbain sans trop aller dans l'excès. Je ne voulais pas que les gens se disent: «Kendji a pété un câble, il veut faire du rap.» (Rires) On a composé quelques chansons dans ce genre et le pari a été relevé. J'avais envie de surprendre.

Vous avez fait appel au rappeur du moment Damso pour ces titres. Comment s'est passé cette collaboration?

Très bien. Je l'ai invité dans un studio à Paris dès le premier jour. C'est d'ailleurs à ce moment-là qu'on a écrit «Maria Maria». On avait dû changer le texte car Damso lui avait donné un côté vraiment... Obscur (rires). Je ne pouvais pas le chanter.

«Obscur», c'est à dire?

Les paroles étaient beaucoup plus osées et sexy. On a changé quelques mots et maintenant le titre peut être autant écouté par les mamans que par les petits.

«Maria Maria» a d'ailleurs été élue très rapidement meilleure chanson de l'année sur TF1. Vous venez aussi d'être nommé pour le NRJ Music Award de l'artiste francophone de l'année. Ravi?

Bien sûr! Je suis content d'être encore une fois de la partie. Je garde toujours de très bons souvenirs de cette cérémonie.

Un des plus marquants a certainement dû être votre duo avec Charles Aznavour sur «La Bohème» en 2015?

Oui! C'était un moment magique, d’autant plus qu'il s'agissait de notre première rencontre. Avant de monter sur scène, j'ai eu un coup de stress car il y a eu un petit problème d'ascenseur. Je suis resté coincé avec Aznavour avant d'aller aux répétitions. J'ai bousculé sans faire exprès la personne derrière moi. Je me suis retourné pour m'excuser et j'ai remarqué que c'était Sting! On a discuté un petit moment, mais j'étais tout gêné d'être entouré par ces grands messieurs. J'étais tétanisé.

Quelque temps plus tard dans «Vivement Dimanche», vous recroisez Charles Aznavour qui dit vous trouver «formidable».

C'est le papa de la chanson française. Comme Johnny, c'est un monument. Surtout chez moi. Que ce soit mon père, mes frères, on écoute beaucoup Aznavour. Et je chante ses chansons depuis longtemps. Quand j'avais 14, 15 ans, la plupart des titres que je jouais dans les bars étaient en espagnol. Pour que le public puisse parfois comprendre les textes, je reprenais ses plus gros succès.

Vous êtes dans le show-business depuis cinq ans. Y a-t-il une autre rencontre qui vous a particulièrement touché?

Oui, Johnny Hallyday. Notre première rencontre était lorsque j'ai chanté avec lui sur une émission qui lui était consacrée. On a interprété «Oh Marie». Il était très impressionnant. Rien que par sa taille (ndlr.: 1,85 m). Je me sentais tout petit à côté de lui. Plus tard, j'ai repris «L'Envie» sur un album de reprises qu'il avait orchestré de A à Z. On m'a dit qu'il voulait que je chante spécialement ce titre. Lorsque j'ai annoncé la nouvelle à mon père, il m'a dit: «Tu vois fils, quand on agit bien, parfois la vie nous offre de beaux cadeaux.»

Vianney vous a aussi fait de beaux cadeaux pour cet album en écrivant plusieurs titres.

Oui, il a participé à l'écriture de 4 chansons. C'est un gars formidable et j'avais envie de casser cette image sombre avec Damso. Je suis très content d'avoir travaillé avec lui et je pense que je vais le refaire. Il est simple et il joue très bien de la guitare. Il a aussi une sublime plume.

Créé: 17.10.2018, 16h48

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