Vendredi 14 décembre 2018 | Dernière mise à jour 09:03

Créations «J’ai toujours été sensible à la mode»

Orelsan ajoute une corde à son arc avec AVNIER, marque de streetwear née de son amitié avec un designer lausannois

Préférant une production responsable, chaque pièce de la collection ne dépasse jamais les 120 exemplaires. Aurélien Cotentin (Orelsan) et Sébastian Strappazzon souhaitent produire mieux et sont intransigeants sur la façon, la qualité des matières et la précision des finitions de leur marque unisexe. Leurs designs, dont le logo a été réalisé par Philippe Cuendet fondateur des studios DIY et +41, sont sobres et créent une identité singulière où l’on préfère la discrétion et la qualité à l’ostentatoire.

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Casseurs Flowters - J’essaye, j’essaye

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L’histoire commence au début des années 2000. Le Lausannois Sébastian Strappazzon, ancien pro de BMX devenu designer, lance sa première marque, AliasOne. Il envoie des pièces à Orelsan qui en porte sur scène. Leur collaboration se transforme petit à petit en amitié et un soir de 2014, dans les coulisses d’un concert du rappeur, c’est le déclic. «Séb me dit qu’il aimerait bien que l’on essaie de faire une collection capsule pour AliasOne, nous explique Orelsan. Comme ça faisait longtemps que j’avais envie de faire des fringues, je lui ai dit «ben viens, on fait carrément une marque».

Aurélien Cotentin, de son vrai nom, raconte qu’il a toujours aimé la sape, «c’est un truc forcément présent dans le rap», ajoutant que comme il a fait du roller avant, il est habitué à ce que l’univers des marques soit très présent. «J’ai toujours été sensible à ça et aux modes.» En ce moment, il cite Stampd, une marque de Los Angeles, Norse Projects ou Wood Wood (comme du «bois-bois», précise-t-il en riant.)

Passer aux fringues est donc une étape qui paraît logique dans le parcours déjà bien étoffé de l’artiste de 33 ans qui vient de sortir son film «Comment c’est loin» et l’album qui va avec, en compagnie de Gringe pour Les Casseurs Flowters. Les deux ont également fait un tabac sur Canal+ avec le programme court «Bloqué» dans lequel on a pu les voir porter des vêtements frappés du logo AVNIER. Alors, d’où vient ce nom? «On s’est décidés avec Séb, le soir de l’avant-dernière date de ma tournée. C’était à Neuchâtel. On voulait un mot qui veuille dire quelque chose, mais sans vouloir dire quelque chose… alors on s’est amusé à faire la contraction d’avant-dernier.»

Mais qui fait quoi?

Dans la vie de la marque, qui en est à sa deuxième collection, les choses se passent démocratiquement. «J’aide Séb à choisir dans ce qu’il dessine, puisqu’il dessine tout le temps! Je m’occupe de la communication, des contacts, des stratégies que l’on n’a pas encore vraiment pu mettre en forme comme c’est tout nouveau», raconte Orelsan. C’est que lors de la première collection, tous deux avaient décidé de ne pas trop mettre le rappeur en lumière. «Il y a plein de rappeurs qui ont des marques, et je ne voulais pas que l’on pense que c’était juste une marque de plus. Je voulais d’abord que l’on fasse nos preuves. Je ne voulais pas que l’on mélange tout, d’autant plus que ce n’est pas spécialement une marque qui s’adresse à mon public, en fait…» Puis, maintenant que le film est passé «ça a vraiment pris tout mon temps», l’artiste s’est mis à dessiner également. «Il y a quelques pièces qui sont nées de mes idées, mais ça reste majoritairement des dessins de Séb.»

Production presque familiale

Pour AVNIER, ses deux créateurs souhaitaient une production raisonnable et responsable. C’est une styliste de Montreux qui met en forme leurs créations qui prennent finalement vie dans un atelier de fabrication familial au Portugal. Faire peu, mais faire bien. «Carrément, c’est important. J’aimerais même qu’on fasse encore mieux en évoluant. J’ai toujours eu envie de faire des trucs dans l’humanitaire, mais je ne savais pas trop où aller… Et là, c’est comme un premier pas. C’est normal d’être responsable et de bosser avec le développement durable», assène un Orelsan convaincu. Concernant la qualité stylistique de la collection – pensées pour que les pièces soient détournables et échangeables entre garçons et filles – autour du duo, les avis sont bons! «Gringe aime bien et mes potes aussi, ils en portent tous. Dans notre entourage nous avons vraiment de bons retours. Tous voient que c’est de la qualité», glisse Aurélien qui semble porter beaucoup d’importance à son entourage, à l’image de «J’essaie j’essaie», clip touchant dans lequel il chante avec sa grand-maman.

Lui, outre la mode, il commence à bosser sur un nouvel album solo. «Ce n’est pas pour tout de suite, c’est pour dans un an et demi… Sauf si je suis ultraefficace», dit le rappeur faussement nonchalant. Il n’avait certainement rien d’apathique quand, en visite chez son pote, il s’est fait surprendre par un serpent dans le lac Léman: «Séb, il a l’habitude, il m’a dit qu’il ne me mordrait pas, mais moi je suis sorti de l’eau illico», plaisante-t-il avant de conclure avec son avant-dernier mot: «bisou»! (Le Matin)

Créé: 21.01.2016, 10h47

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