Vendredi 22 novembre 2019 | Dernière mise à jour 23:25

Interview Jean-Baptiste Guégan: «Je ne serai jamais Johnny»

La voix de Johnny est en tête des charts avec son premier album, «Puisque c'est écrit». Avant son passage à Genève, il revient sur ce succès, ses moments les plus mémorables et donne son avis sur Laeticia.

Jean-Baptiste Guégan sera en concert à l'Arena de Genève le 8 novembre prochain.

Jean-Baptiste Guégan sera en concert à l'Arena de Genève le 8 novembre prochain.

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Une veste en cuir est posée sur la table derrière nous. Pas de doute, on est au bon endroit dans ce bureau dans les hauts de Lausanne. Quelques secondes plus tard, Jean-Baptiste Guégan débarque tout sourire, un T-shirt noir rentré dans un pantalon de la même couleur. A sa main droite, on remarque une bague en forme de tête de mort qui appartenait à Johnny Hallyday. Le parolier de ce dernier, Michel Mallory, la lui a offerte. «Elle ne me lâche plus», nous confie-t-il ce mardi 17 septembre. Serait-ce un porte-bonheur? «Je ne sais pas. J'espère et je ne l'enlève plus.»

Numéro un des ventes en France et en Suisse romande, le gagnant 2018 de «La France a un incroyable talent» se doutait que «quelque chose d'intense allait se passer» avec son disque «Puisque c'est écrit». «Je suis ravi, car j'y ai mis mes tripes, mon cœur et surtout toute ma sincérité.»

Pensez-vous que votre succès est dû à un manque de Johnny Hallyday?

Le public ressent un manque, c'est vrai. Il me manque aussi par moment. Mais je fais abstraction de ça. Je ne serai jamais Johnny Hallyday et je ne compte pas le devenir. De toute façon ce n'est pas possible.

Cela vous gêne-t-il d'être reconnu en tant que la voix du rockeur et pas en tant que Jean-Baptiste Guégan?

Certains savent faire la différence. Après, j'ai besoin que les autres comprennent que ce n'est pas fait exprès. Ma voix est comme ça. Je n'y peux rien. D'ailleurs, j'ai juste des similitudes vocales. Pour être honnête, ça ne me dérange pas que les gens le pensent, mais j'espère que mon identité commence à changer grâce à cet album.

Quand est-ce que cet amour pour le Taulier a commencé?

J'avais 9 ans. J'ai été le voir en 1992, à Bercy. Ce moment a été comme une porte dans la tronche. Quand on est si petit et que l'on voit une bête de scène comme lui, cela ne peut que marquer. J'ai vu une star comme on n'en fait plus aujourd'hui.

A quel moment avez-vous compris que vous aviez du potentiel?

On faisait des karaokés entre potes. J'ai mis une chanson de Johnny et l'animateur de soirée m'a dit: «C'est impressionnant. Comment tu fais?» J'ai continué avec des foires et des mariages. Petit à petit, j'ai trouvé ma place dans ce milieu. Mais avant je m'entraînais seul dans ma chambre. Je chantais pour aller mieux. D'ailleurs, mon titre «Merci» exprime ma gratitude envers Johnny durant cette période. Malheureusement, je n'ai pas eu l'occasion de le lui dire de son vivant.

Dans ce titre vous lui dites aussi merci de vous avoir aidé à fuir «de la délinquance». C'est-à-dire?

Je suis un écorché vif. J'ai eu pas mal de choses qui se sont passées dans ma vie et pour m'en sortir j'écoutais ses albums. J'étais alors dans ma bulle et rien ne pouvait m'atteindre.

Le destin a mis sur votre route Michel Mallory, l'un des paroliers du Taulier. Comment a eu lieu cette rencontre?

Par le biais d'un ami à sa femme qui est venu me voir en spectacle. Il a bien aimé le show et il a glissé un mot à son épouse. Michel, quant à lui, ne voulait pas vraiment entendre parler de tout ça. Il était très réticent. Je pense qu'il voulait un peu tirer sa révérence. Cinquante ans d'amitié avec Johnny, ça ne s'oublie pas.

Pourtant, il est l'une des pièces maîtresses de votre album et vous a offert plusieurs titres destinés à la base à l'idole des jeunes

Oui! Mon manager l'a ensuite rencontré pour lui parler d'un projet hommage et par la suite sortir mon premier disque. On savait que Michel Mallory devait partir avec Johnny pour enregistrer un album à Nashville, mais cela ne s'est jamais fait. Il a été très déçu que cela ne se réalise pas et j'ai été la suite logique des choses. Il a compris que j'étais quelqu'un de sincère. Que je faisais tout ça avec amour et humilité.

Plusieurs personnes disent que vous êtes la réincarnation de Johnny Hallyday...

C'est un peu lourd à porter. Marianne James l'avait dit aussi lors de «La France a un incroyable talent». Je n'aime pas trop ce terme. Je trouve ça très fort. Même si je crois en la réincarnation.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que vous profitez de sa mort?

Ils ont le droit de penser ce qu'ils veulent. Je n'ai absolument rien contre ces gens-là. Ils peuvent ne pas aimer le projet. Moi aussi, il y a plein de choses que je n'aime pas.

Comme quoi?

Je n'aime pas les chanteurs qui n'ont pas de voix. Ils peuvent chanter de super belles chansons, mais pour moi tout dépend de la manière dont elle est interprétée.

Il y a des artistes qui vous plaisent particulièrement?

Bien sûr, j'aime beaucoup Bruce Springsteen. C'est une bête de scène!

En parlant de scène, vous serez le 8 novembre prochain à l'Arena de Genève. Que pouvez-vous nous dire sur ce show?

Je serai accompagné d'environ 15 musiciens. Certains ont joué avec Johnny. D'autres avec Michel Sardou. Les choristes ont chanté pour Sardou et Sylvie Vartan. Pour le reste, je veux garder des surprises! Il faudra venir me voir.

Quel est le cadeau le plus insolite que vous avez reçu?

A la fin d'un spectacle en plein air, le maire de la ville est venu me voir pour me dire qu'il a apprécié le concert. Nous avons sympathisé et il m'a dit: «Bon, vu que tu nous a allumé le feu, il va falloir l'éteindre maintenant.» Et il m'a offert un extincteur. (Rires.) Un gros truc où on peut lire dessus: «Merci beaucoup!» J'ai aussi reçu des dessins, des nounours, des fleurs...

Pas de sous-vêtements?

Non pas encore (Rires.)

Vous avez trois enfants, un fils de 11 ans et des faux jumeaux de 7 ans, comment réagissent-ils?

Je les protège beaucoup. Je ne leur dis pas exactement ce que je vis. Ils savent que papa est un artiste. Ils sont venus me voir en concert et j'espère qu'ils continueront à venir.

Laeticia Hallyday est en France en ce moment. Si elle vous invite pour vous parler, vous accepteriez?

Je n'ai pas forcément le temps en ce moment... Si c'est pour parler du projet que j'ai et me dire qu'elle est d'accord, pourquoi pas. Mais je veux juste clarifier quelque chose: je n'ai rien contre elle. Je ne la connais pas. Je ne rentre pas dans les histoires de famille, ça ne me concerne pas. Pour revenir à votre question: volontiers, si elle m'invite. Ma porte est ouverte!

Fabio Dell'Anna

Créé: 17.09.2019, 17h26

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