Dimanche 25 août 2019 | Dernière mise à jour 15:00

Insolite L'art sort de son trou

Hier, le festival d’art en plein air de Môtiers (NE) a extrait de terre une maison de 15 tonnes avant de la retourner. Récit d’une opération mouvementée.

Vidéo: Laura Juliano

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«C’est la journée de tous les risques», sourit Pierre-André Delachaux, président et fondateur du festival d’art en plein air de Môtiers (NE). La prochaine édition commencera le 20 juin, mais il a déjà du travail avec l’un des 65 artistes attendus. Au programme: sortir de son trou et retourner une maison de 15 tonnes enterrée à l’envers en novembre dernier par l’artiste zurichois Bob Gramsma.

Dans la boue, c’est une demi-douzaine d’ouvriers qui s’activent, aidés par autant de tracteurs et des grues. Et l’opération est loin d’être évidente. Premier problème, le béton de la maison s’est accroché à une paroi rocheuse. C’est au marteau-piqueur qu’il faut l’en détacher. «On ne sait pas ce qui va se passer, personne n’a jamais fait ça. Mais ce côté hasardeux fait partie de l’œuvre», souligne Pierre-André Delachaux. L’artiste, lui, est confiant. «Il n’y a pas beaucoup d’endroits où on peut tenter des choses comme ça», précise-t-il. Le festival d’art en plein air de Môtiers, qui se tient tous les quatre ans depuis 1985, a d’ailleurs une réputation particulière. «Il y a une rumeur qui dit qu’à Môtiers tout est possible et qu’il n’y a pas de limite. Ce n’est pas faux», raconte Pierre-André Delachaux.

Cette fois-ci, l’œuvre est prête à sortir de son trou. La grue se met en action, les chaînes se tendent et la maison se soulève. Ses parois sont recouvertes de terre et de pierres. «L’idée, c’était de matérialiser le trou avec le béton. C’est moi qui l’ai creusé, mais il a pris la forme des éléments qu’il y a autour», explique Bob Gramsma.

L’artiste des défis fous

Quand une des quatre accroches qui relient la maison à la grue se détache, l’artiste se tend. Il garde pourtant le sourire. Il faut dire qu’il est le spécialiste des défis fous. «Il y a 8 ans déjà, il avait construit un village en silos à grains. C’était pas évident», se souvient Thierry Bezzola, responsable technique de la manifestation. Face au bip-bip des tracteurs qui se mettent en place pour retourner la maison, il est obligé de reconnaître que cela ressemble plus à de la construction qu’à de l’art de galerie. «Mais les gens ne voient pas tout ça. En juin prochain, nous aurons remis le terrain en état et semé de l’herbe. La maison sera dans une nature intacte.» Après une dernière frayeur, elle repose pour l’heure entre la boue et les tracteurs. Mais dans le bon sens.

Créé: 11.03.2015, 07h55

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters