Lundi 24 septembre 2018 | Dernière mise à jour 03:27

Interview Ludovic Baron ou quand la photo devint tableau

Le jeune photographe français a séduit par son travail le Moulin-Rouge qui lui a commandé huit œuvres de 4 mètres de haut pour ses 130 ans. Rencontre.

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Il fait de la photo comme on ferait du cinéma: en racontant, avec minutie et poésie, une histoire complète. Chaque plan doit être esthétique, chaque détail de l’image est travaillé, scripté, avant qu’un savant montage sur ordinateur ne l’intègre à la réalisation finale. Plus que des photos, des tableaux! Le Français Ludovic Baron, 32 ans, est en passe de devenir une star de l’Art photography. TF1 lui a fait l’honneur de son JT, la Galerie de l’Opéra Garnier vend ses œuvres, le cinéma lui commande des affiches et les stars comme Lara Fabian, Marisa Berenson ou Rayane Bensetti se pressent dans son studio photo, Le 8e Lion, ouvert uniquement sur rendez-vous pour elles, à une adresse tenue secrète sur les Champs-Elysées.

Sans compter que le Moulin-Rouge lui a commandé huit tableaux de 4 mètres retraçant leur histoire, pour un gala que la célèbre adresse lui laisse aussi le soin d’organiser, à l’occasion de leur 130e anniversaire en 2019. «J’ai rencontré Ludovic par hasard il y a deux ans, raconte Jean-Luc Pehau-Ricau, directeur de la communication du Moulin-Rouge. J’ai été fasciné par son travail sophistiqué, recherché, glamour, original. Il est parfait pour retranscrire notre univers. C’est la première fois que nous collaborons ainsi avec un photographe. Et je sais que ce sera superbe!»

Nous avons voulu en savoir plus sur Ludovic Baron et l’avons rencontré lors d’un récent passage à Lausanne, où il était venu pour des rendez-vous d’affaires. Toujours l’appareil photo à la main, Ludovic Baron immortalise tout: «Ça va m’être utile à un moment donné. J’ai une banque d’images absolument hallucinantes! rit le jeune homme. Je pars d’un dessin précis. Puis je fais des recherches pour découvrir où je peux trouver les éléments dont j’ai besoin pour être au plus près de mon dessin. Je recherche dans les architectures ce qui pourrait correspondre à mon idée. Si je ne trouve pas les robes que j’ai imaginées par exemple, je les fais créer. Ce qui sera le cas pour le projet du Moulin-Rouge par exemple, pour lequel nous avons aussi recréé les décors d’époque. Au final, chaque détail sur mes tableaux est tiré d’une photographie que j’ai faite», précise-t-il. Une quête du motif parfait qui l’a déjà mené à Abu Dhabi, à New York, à San Francisco, à Venise. Ou encore à Vienne pour «La femme en bleu face à l’escalier du bonheur».

«La lumière blanche symbolise le bonheur qui est le but du personnage, détaille l’auteur. Je les montre souvent de dos pour qu’on puisse s’y identifier. L’escalier qui mène au bonheur n’est pas facile d’accès. Cette femme vient de passer une barrière et s’est entaillé la jambe. Il reste une goutte de sang sur un pic. Des ombres la menacent. Elle a une fourrure en forme d’aile d’ange, mais en a perdu une en chemin. Elle a aussi laissé une part d’elle, de sa robe. Elle est un peu brisée, mais on sent par sa position déterminée qu’elle va atteindre son but.»

Un premier film prévu

Intarissable, Ludovic Baron a la passion communicative. Et nous attire sans peine dans son univers féerique toujours, inspiré de la monarchie qui le fascine, souvent. Chaque tableau est tiré en 20 exemplaires, signés, numérotés et vendus en trois formats, dont le plus grand est de 1,80 m sur 1,20 m. Les œuvres pour le Moulin-Rouge seront des pièces uniques, vendues à l’aveugle: «Les acquéreurs ne sauront ce qu’ils ont acheté que le soir du gala!» se réjouit-il. En général, en dehors de cette commande gigantesque, le Français compte deux à trois semaines pour un tableau. «Mais pour Larry Flynt (photo), il m’a fallu deux ans! En tout, il y a 1000 calques sur Photoshop, donc 1000 détails retraçant la vie de Flynt.»

Un premier livre d’art, disponible sur son site, réunit 21 de ses clichés. Qui pourraient bientôt entrer en mouvement: le cinéphile, qui se destinait à la réalisation, a fini le script d’un premier long-métrage. «Tout ce que je crée a un seul but: le transposer en film, avec poésie et plein de symboles.» Mais avant de mettre ce projet en route, cap sur Sydney et Shanghai, où il exposera prochainement. (Le Matin)

Créé: 07.06.2018, 07h06

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