Lundi 22 janvier 2018 | Dernière mise à jour 00:33

Jardin Le piléa, nouvelle star des réseaux sociaux

Cette jolie plante succulente envahit le Web: les blogueurs vantent ses mérites décoratifs, ses vertus porte-bonheur et même ses capacités dépolluantes. On y croit? Démêlons le vrai du faux.

Le piléa, aussi appelé «nombril de Vénus», est facile à vivre, mais un excès d’eau la fait immanquablement pourrir.

Le piléa, aussi appelé «nombril de Vénus», est facile à vivre, mais un excès d’eau la fait immanquablement pourrir. Image: Kim Schott/iStock

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Son succès est aussi soudain que planétaire. Depuis qu’elle est la coqueluche des réseaux sociaux, cette modeste plante cumule toutes les vertus, à en croire les blogueurs spécialistes de verdure ou de décoration Dépolluante, porte-bonheur ou simplement jolie, Pilea peperomioides est devenue une icône végétale, d’autant plus recherchée qu’elle est rare dans les jardineries, pas encore calées sur les engouements du Web. Parmi les superpouvoirs qu’on lui prête, on en retiendra deux: sa facilité de culture d’abord, sa réputation de porte-bonheur ensuite. Deux qualités qui lui valent de se trouver dans cette page ce 31 décembre, Journée mondiale des grigris et autres superstitions, et veille de toutes les bonnes résolutions. Parce qu’avec ce piléa à la maison, on s’assure le bonheur (il suffit de glisser une pièce dans ses racines pour que la fortune arrive) et le début d’une relation sans prise de tête. Deux ou trois choses à savoir encore sur cette fameuse plante à monnaie chinoise, pour que l’idylle perdure tout 2018, au moins.

Son allure: sobre

Certains voient dans ses feuilles rondes comme des galettes en vinyle le retour des années 70. D’autres lisent dans ses lignes pures une esthétique plutôt fifties. Le piléa, aussi joliment appelé «nombril de Vénus», s’accommode bien avec le mobilier de ces années-là, qui semble s’être inspiré de sa forme simple, portée par des pieds fins et obliques. Il a le bon goût de s’accorder avec la sobriété du design nordique et on le voit souvent photographié dans ce type d’intérieur. Juste retour des choses, c’est un Scandinave, missionnaire en Chine, qui en aurait importé les premières boutures en Norvège, dans les années 50. Le succès s’est fait attendre: ce piléa-là a traversé des décennies d’indifférence glacée, tandis que ses innombrables cousins envahissaient jardinières à roues et potées d’intérieur de leurs feuilles gaufrées, argentées ou pourpre.

Ses superpouvoirs: exagérés

La plantule désormais adulée serait aussi purificatrice de l’air ambiant. Vrai? Qu’elles concernent le piléa ou n’importe quelle autre plante d’intérieur, ces affirmations s’appuient depuis bientôt quarante ans sur les recherches d’un scientifique américain de la NASA, Bill Wolverton, qui dès les années 80, a mis en exergue la capacité des plantes à fixer toutes sortes de polluants, dont le formaldéhyde. La différence majeure entre ses travaux en milieu confiné et la réalité des appartements est que l’air traité par Wolverton était aspiré pour passer à travers le terreau et donc les racines des plantes. Quelques végétaux en pot, installés sans dispositif spécial dans une pièce, ne sont capables ni de stocker les polluants de l’air, gaz ou microparticules, ni de filtrer celui-ci de manière significative. En 2010, puis en 2013*, l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a d’ailleurs interdit l’utilisation du terme «dépolluant» pour les plantes d’intérieur, faute de démonstration scientifique. L’ADEME rappelle que pour évacuer les polluants, il vaut mieux aérer sa maison régulièrement.

En nombre suffisant, la végétation d’intérieur a en revanche un impact réel sur l’humidité de l’air de nos appartements, toujours trop sec. Et surtout sur le bien-être moral des habitants, procuré par leur simple présence vivante. Quant au potentiel de fortune que la plante à monnaie chinoise saurait révéler, on vous laisse juge de sa crédibilité. Celui ou celle qui n’a jamais jeté une pièce dans une fontaine en faisant un vœu se passera de glisser une pièce de dix sous dans le pot de son piléa.

Ses besoins: faciles

Cette succulente stocke des réserves d’eau dans ses feuilles. Dans la province chinoise du Yunnan où elle est spontanée, elle pousse dans des terrains bien exposés et surtout drainés. Son pire ennemi: l’eau stagnante, qui la fait pourrir en très peu de temps. Il faut l’arroser lentement, une fois par semaine et évacuer le surplus d’eau. Supprimer les tiges par le bas au fil de la croissance, à leur insertion dans le «tronc» principal. Elle grimpera à 30 ou 40 centimètres en moins de deux ans, croissance qu’il faudra supporter avec de petits tuteurs. Ce n’est pas un arbre, même si elle en a (presque) l’allure!

Sa multiplication: toute simple

Après quelques semaines, la plante mère émettra des rejetons qui eux-mêmes porteront de mini-feuilles rondes. Une fois dotés de 3 feuilles au moins, ces rejets peuvent être séparés de la «mère» (couper la racine, au printemps) et replantés dans un autre pot, dans un terreau léger et pas trop compacté, toujours pour éviter la pourriture. En principe, avec assez de lumière et une humidité modérée, le petit pied devrait reprendre et produire lui aussi des rejetons. Facile à partager!

Pour en savoir plus sur les plantes «dépolluantes» et le programme Phytair, le site de l’ADEME www.ademe.fr, rubrique épuration air intérieur (Le Matin)

Créé: 08.01.2018, 18h04


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