Vendredi 18 octobre 2019 | Dernière mise à jour 08:56

Humour «Montreux m'a donné ma chance»

Le youtubeur français Pierre Croce présentera ce samedi au Comedy Festival le premier spectacle réalisé avec un PowerPoint. Interview.

Utilisant le PowerPoint dans son école de commerce, l’humoriste de 29 ans s’est aperçu qu’il y avait quelque chose de marrant à faire avec l’outil.

Utilisant le PowerPoint dans son école de commerce, l’humoriste de 29 ans s’est aperçu qu’il y avait quelque chose de marrant à faire avec l’outil. Image: Fifou

Montreux Comedy Festival
Du 2 au 7 décembre, 2M2C, Montreux.
Billetterie: Fnac, www.montreuxcomedyfestival.com

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«Ce que pensent les chats», «J’ai testé le porno en réalité virtuelle» ou «12 choses qu’on a tous vécues». Sur sa chaîne YouTube, Pierre Croce varie les sujets. La plupart du temps dans la déconne et toujours «faits maison». Même s’il a déjà travaillé avec Studio Bagel, le Français de 29 ans tient en effet à sa liberté. Son autre particularité, contrairement à la plupart des youtubeurs pour qui le Web sert de tremplin scénique, Pierre Croce a débuté sur les deux tableaux en même temps. Son spectacle? «PowerPoint Comedy», dont il nous présente les particularités avant sa venue au Montreux Comedy Festival, le samedi 5 décembre.

Quand êtes-vous tombé dans la marmite de l’humour?

Très jeune. Ado, je suivais à la TV la troupe Nous Ç Nous, dans laquelle sévissait notamment Jean Dujardin. Ça m’a donné envie de faire de la scène. Jusqu’à ce que je découvre que l’univers humoristique sur le Web me plaisait. Et je me suis lancé.

Les chroniques sur le Web, un passage obligé?

Non, il y a encore beaucoup d’humoristes qui ne passent pas par là mais par les créneaux traditionnels. Je ne dirais pas qu’être sur le Web devient obligatoire, mais c’est au moins aussi important que le reste. Ce que j’aime bien avec ce média, ce sont les possibilités de créativité. Je peux changer de concept d’une semaine à l’autre et tester des choses. Alors qu’en télé, une fois qu’on est installé dans une émission pour faire une chronique, on doit s’y tenir toute l’année.

Vous avez été très tôt invité à Montreux, c’est juste?

Oui, c’est ma quatrième année au festival. La première, j’ai été invité de par mon premier boulot chez DailyMotion et j’ai demandé au directeur, Grégoire Fuhrer, si je pouvais tester un sketch. Il m’a laissé une petite place de cinq minutes dans le Comedy Club, qui à l’époque se passait devant 70 personnes. Mine de rien, c’est le premier festival qui m’a laissé monter sur scène et c’était déjà mon concept de PowerPoint. Le lendemain, une programmatrice qui était dans la salle m’a dit de monter à Paris pour tester mon spectacle. Ça a débuté comme ça. Je suis revenu à Montreux en tant qu’artiste dès l’année d’après. Cette fois, j’y présente mon spectacle et je participe même au gala de clôture!

Comment vous est venue cette idée de spectacle en PowerPoint?

J’utilisais l’outil dans mon école de commerce depuis assez longtemps. Et je me suis aperçu qu’il y avait quelque chose de marrant à faire. En effet, quand je faisais des présentations devant mes élèves, je me rendais compte qu’il y avait une mécanique intéressante dans le décalage entre la parole sérieuse et les petites bêtises que j’ajoutais à l’écran. Le stand-up est à la mode, alors il me fallait un concept différent pour percer.

Personne n’y avait pensé avant vous?

Il y a eu un sketch d’Alexandre Astier de 5-10 minutes sur PowerPoint il y a quelques années. Mais la référence dans ce genre de mise en scène c’est le Pr Rollin, qui utilisait un rétroprojecteur pour des petits exposés.

Est-ce que ça vous demande plus de travail?

Non, juste au début il y a une préparation particulière qui m’a pris une bonne journée de travail. Après, c’est même plus simple: je n'ai jamais de trous de mémoire, puisque j’ai toujours le conducteur à l’écran.

Quels sont les sujets que vous abordez?

Dès le début, je me suis rendu compte que, la forme étant spéciale, si le fond l’est aussi, je perds l’attention du public. Donc il y a juste trois minutes sur les erreurs à ne pas faire sur PowerPoint et deux sur les ordinateurs. Plus le spectacle évolue plus je raconte des choses sur moi, mon enfance en Lorraine, mes études aux Etats-Unis, mon arrivée à Paris, la vie en collocation ou les SMS de rupture.

Est-ce que les attentats de Paris ont eu une incidence sur le contenu de votre spectacle?

Non et je n’ai pas envie d’aborder le sujet sur scène. Les gens sont encore trop touchés et moi aussi. Et c’est particulier, c’est pendant un spectacle que ça s’est passé. Quand on est dans une salle on est obligé de penser «et si ça se passait ici?». De toute façon je ne me suis jamais positionné comme un humoriste qui aborde les sujets d’actualité.

Vous permettez-vous plus de choses en vidéo que sur scène?

Le public a payé pour voir mon spectacle, alors j’ai envie qu’il rigole le plus possible, sans temps mort. C’est l’efficacité, avant tout. Dans mes vidéos, par contre, je me permets plus de choses. Un exemple: certains internautes ont commencé à beaucoup me critiquer, sans que ce soit fondé, et ça m’a beaucoup touché. J’ai décidé d’y donner réponse par un sketch avec un fond sérieux. Depuis, les commentaires négatifs ne me font plus rien. Il faudrait éduquer les gens, les instruire sur la manière de se comporter sur Internet. Je ne serais pas surpris qu’on en vienne à créer des cours à ce sujet. Ça serait nécessaire.

Créé: 30.11.2015, 11h13


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