Mercredi 18 septembre 2019 | Dernière mise à jour 03:52

Coup de cœur Ala.ni, l'appel de l'a cappella

Sur son 2e album, «ACCA», la chanteuse anglaise met en valeur sa grande voix soul et s'offre même la participation – en français – d'Iggy Pop. Rencontre.

Après «You & I» en 2016, Ala.ni a appelé son disque «ACCA», en référence à a cappella.

Après «You & I» en 2016, Ala.ni a appelé son disque «ACCA», en référence à a cappella. Image: DR

«Acca», de Ala.ni (déjà disponible).

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Il y a deux ans, Ala.ni nous avait charmé une première fois avec l'album «You & I», où elle chantait un swing d'antan avec un micro rétro. Et déjà en interview, son humour la rendait irrésistible. Cet été, la Parisienne d'adoption, née à Londres, était programmée au Montreux Jazz Festival. Nous avons alors sauté sur l'occasion pour évoquer avec elle la sortie fin août d'«ACCA», un 2e album, si ce n'est entièrement a capella, aux orchestrations minimalistes. Il est temps de la découvrir cette chanteuse de 34 ans très drôle et très expressive.

On compare souvent votre voix et votre style à ceux de Judy Garland et Billie Holiday? À l'aise avec ça?

Judy Garland, pourquoi pas. Quant à Billie Holiday, elle représente beaucoup pour moi. Mais les gens ne feront pas nécessairement ces comparaisons en écoutant mon nouvel album. Je ne me suis jamais déclarée comme étant une chanteuse de jazz. Je chante comme je chante, comme je le sens.

Votre grand-oncle, Leslie Hutchinson, était une star de music-hall. Il a en quelque sorte lancé votre carrière...

Oui, c'était une bonne chose de me plonger dans mes racines. C'était les années 1930, c'était un homme, noir, bisexuel, tout ce qu'il n'aurait pas dû être. Et il a eu du succès. Il m'a fait me sentir courageuse. Je ne l'ai pas connu mais je lui ai fait un petit mausolée pour la sortie de mon premier album, «You & I». J'ai mis quelques vieux disques de gramophone, un livre, des coquillages de Grenade, d'où est originaire ma famille. J'ai allumé des bougies, je voulais lui parler! (Rires.)

Vous étiez choriste pour Blur mais aussi pour Mary J. Blige. Que retenez-vous de ces deux expériences?

Les deux étaient très différentes. Damon Albarn est encore un ami, il m'aide beaucoup. J'adore le voir sur scène, il saute partout. J'ai toujours voulu être capable de faire de la musique qui traduirait mon énergie, les mouvements de mon corps. Moi je suis plus... (ndlr.: elle se met à chanter comme une diva.) Mais j'essaie de me mettre à danser. Quant à mon expérience avec Mary J. Blige, elle m'a plutôt appris comment il ne fallait pas être. Je crois qu'elle va mieux maintenant mais, quand je chantais pour elle, c'était autre chose: elle traitait mal les gens, se comportait mal. Mais elle est incroyable, c'est Mary J. Blige!

Cela a dû vous décevoir.

Beaucoup. Par exemple, je chantais les chœurs de «I'm Going Down» et je me disais: «Elle a une aventure!» J'étais gênée et je n'avais plus envie d'être chanteuse si c'est cela que ça signifiait. J'étais jeune, j'avais 17 ans.

Si «ACCA» est un album a cappella, vous le devez un peu à Iggy Pop, c'est juste?

Oui, je n'aurais jamais pensé ça! J'ai écrit la chanson appelée «Le diplomate» après avoir croisé un diplomate français à Paris. Je l'imaginais entrer au son des trompettes (ndlr.: elle imite le bruit.) Et cette chanson a fini dans les mains d'Iggy Pop! C'est le point de départ d'«ACCA». C'est la beauté de la musique: tu commences à un endroit et, aussi longtemps que tu y crois, elle va t'amener où elle a besoin d'aller.

Quelles étaient vos inspirations au moment d'écrire l'album?

J'écoutais beaucoup Dr. Dre. J'essayais de comprendre comment, à partir de quelques notes de piano, il arrivait à nous implanter son morceau dans la tête. J'ai décrypté ses chansons en détail. J'ai vraiment analysé Dr. Dre. Comme ça se fait évidemment pour tout album a cappella! (Rires.)

Laurent Flückiger

Créé: 12.09.2019, 14h47

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