Lundi 22 octobre 2018 | Dernière mise à jour 03:07

Live L'artiste de la semaine: Long Tall Jefferson

On rêve de grand espaces américains en écoutant sa musique folk. Rencontre avec celui que l'on surnomme le Bob Dylan suisse.


Long Tall Jefferson - «Lucky Guy»

Disponible depuis le 7 septembre

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Qui se cache derrière cette voix grave et cet allure hipster? Un Lucernois introverti qui se débrouille bien en français? Un amoureux des mots? Un bon joueur de guitare et d'harmonica? Les trois! Mais avant tout, Long Tall Jefferson, de son vrai nom Simon Borer, est un passionné. Notre artiste de la semaine prend vie dès le moment où il se retrouve sur scène. La preuve avec deux titres qu'il nous a interprétés à la rédaction: «Yonder Is A Mountain» de son dernier album, paru le 7 septembre 2018, «Lucky Guy» et une reprise de Jean Ferrat «Ma Môme». Un Suisse dont le talent a déjà dépassé nos frontières.

Vous venez de jouer cet été au Rock Oz'Arènes. Comment c'était?

C'était cool. C'était mon deuxième festival accompagné d'un groupe. Il s'agit d'un nouveau départ de ne plus vouloir jouer en solo. Avec ce deuxième album, j'avais envie d'évoluer. Et l'endroit était formidable.

Quelle différence il y a entre votre premier album «I Want My Honey Back» et «Lucky Guy»?

«I Want My Honey Back», je l'ai enregistré seul sur une ancienne machine à cassette. Pour le deuxième, lorsque j'ai commencé à travailler sur les démos, j'ai compris qu'il fallait que je m'investisse un peu plus. J'ai invité des amis et j'ai fait beaucoup plus attention aux détails.

Est-il plus produit?

Oui. Plus produit, c'est ça! Le son et les arrangements sont plus grands.

Comment êtes-vous tombé dans la musique?

Je ne peux pas dire que je suis tombé dans la musique. Je suis plutôt tombé amoureux des paroles quand j'avais 3 ans. Je ne pensais qu'aux mots et j'écoutais déjà beaucoup les histoires à la radio. Ce sont les racines de ce que je fais aujourd'hui.

Et après les mots vient la musique... Quel était le premier album que vous avez acheté?

Il y en a deux. Le premier que j'ai acheté avec mon argent de poche, c'était un disque de DJ Bobo. (Rires). Mais la fois qui compte vraiment, c'était le jour où j'ai donné de l'argent à mon père car il allait chez Media Markt. Je lui ai demandé de m'acheter un disque des Pink Floyd et il est revenu avec un album live de The Doors. J'étais en colère! Je lui ai dit: «Si ce n'est pas bon, tu me rembourses!» Je l'ai écouté et j'ai fini par l'adorer.

Pendant plusieurs années vous avez joué dans des groupes, à quel moment avez-vous décidé de vous lancer en solo?

Il y a eu un trou dans ma vie, et il a fallu que je m'occupe de manière productive. J'écrivais beaucoup, j'avais fini mes études et j'étais parti en tournée avec Pablo Nouvelle. A Berlin, j'ai acheté cette machine à cassettes dont je vous ai parlé. Au moment de l'achat, je me suis dit: «Si je la prends, il faut que j'enregistre un album.»

«Lucky Guy» est sorti le 7 septembre, est-ce que vous vous considérez comme un homme chanceux?

En tant que Long Tall Jefferson, oui. Mais personnellement, je ne pense pas. Mon alter ego vit dans un univers un peu plus facile. Il simplifie la manière dont le monde tourne. Il y a tellement d'horreur en ce moment, de situations compliquées qui me font réfléchir... Mais Long Tall Jefferson s'inquiète moins.

Combien de temps avez-vous pris pour enregistrer cet album?

On a commencé l'été passée et tout s'est terminé en décembre. Cela a pris un peu de temps car j'étais toujours en tournée. Je passais deux jours en studio et je repartais sur les routes pendant 4 semaines.

«Stay A little longer» est votre premier single. On retrouve un peu la même sonorité que les Beattles. Est-ce qu'ils vous ont influencé?

Bien sûr, je suis un énorme fan. Mais lorsque j'écris ou compose, je ne pense pas forcément à quelqu'un. Je peux être un peu inspiré par le style d'un artiste, mais je me concentre surtout sur ce que j'aimerais dire. Je vais me balader avec la chanson et on se retrouve quelque temps plus tard dans un nouveau lieu.

Et on vous compare souvent aussi à Bob Dylan, ça vous dérange?

Il est une référence pour toutes les personnes qui essaient d'écrire des chansons en racontant des histoires. Et dès qu'on entend une guitare et ce style d'écriture, on ne peut que penser à lui car il s'agit d'une figure emblématique dans la musique. Il a même gagné le prix Nobel de littérature... cet homme est un roi.

Vous êtes sur le point de partir en tournée à travers la Suisse, mais aussi en Allemagne. Être sur scène est la partie que vous préférez de votre métier?

J'adore être sur scène, mais je préfère par-dessus tout écrire. Quand je suis en tournée, je ne suis jamais calme pour le faire. Il y a trop de trucs auxquels je dois penser... Il faut toujours être attentif, surtout quand tu tournes en solo. Mais quand j'ai un mois ou juste une semaine pour me plonger dans l'écriture... ça me rend vraiment heureux.

Son album Lucky Guy est désormais disponible

Retrouvez Long Tall Jefferson en concert:

Le 10 octobre au Bourg à Lausanne

Le 30 novembre à La Parenthèse à Nyon

Le 6 décembre à l'Amalgame à Yverdon-les-Bains. (Le Matin)

Créé: 18.09.2018, 17h12

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