Mardi 17 septembre 2019 | Dernière mise à jour 01:42

Festival Le Blues Rules a le blues de son château

Les 24 et 25 mai, la manifestation vivra sa 10e édition dans son jardin actuel, à Crissier (VD), avant de déménager sur un autre site. L'occasion de rassembler les souvenirs de l'un de ses fondateurs, Thomas Lecuyer.

Blues Rules, 24 et 25 mai, Crissier (VD). Infos: www.blues-rules.com. Loc. Fnac, Petzi.

Trois artistes à ne pas manquer à la 10e édition

Delgrès, vendredi 24 mai à 24 mai à 23 h 30

Parce qu'il n'y a pas que le Mississipi au Blues Rules, voici un trio venu de la Guadeloupe qui explore lui aussi ses racines. Deep blues, musiques africaines et phrasés caribéens au programme.

Cedric Burnside, samedi 25 mai à 23 h 30

Nommé deux fois aux Grammy Awards, ce quadra petit-fils de R.L. Burnside et cousin de Kent (à l'affiche la veille) est peut-être le plus grand bluesman de sa génération.

Dr. David Evans, samedi 25 mai à 19 h 30

Il est le plus grand musicologue du blues du Mississippi vivant, qui plus est vainqueur d'un Grammy en 2019!

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Il est un festival où l'on se pose dans l'herbe grasse aux abords d'un château à écouter du blues joué par des fils de paysans, des gueules cassées, des papis du Mississipi. Il n'y a qu'une seule scène (un credo), deux bars, pas de chichi, juste l'amour de la musique. C'est le Blues Rules, à Crissier, dans l'ouest lausannois. L'événement vivra sa 10e édition les 24 et 25 mai, sa dernière aussi dans cet écrin bien aimé. L'occasion de partager les souvenirs de son cofondateur Thomas Lecuyer.

Membre de l'équipe des la Nuit des Publivores, DJ, journaliste, le Français d'origine habite depuis 2008 un appartement dans le château quand il a vent que le syndic de Crissier d'alors, Michel Tendon, cherche un prétexte pour ouvrir les portes de la demeure. Le lieu bucolique s'y prêtant, Thomas Lecuyer pense automatiquement à un festival de musique et en parle à un ami, Vincent Delsupexhe. «Nous sommes tous les deux passionnés par le blues, explique-t-il. Vincent a une grosse culture du son du Mississipi, moi c'est plus la soul et le jazz et nous voulions un événement où la musique aurait une histoire à raconter.»

Des artistes du terroir

La 1re édition du Blues Rules a lieu en 2010 avec 23 groupes, dont Hell's Kitchen, Mama Roisin et Les producteurs de Porc, l'orchestre du Groland. «J'ai un souvenir mythique de ces derniers: le président de la Présipauté était ivre, 60 personnes étaient devant la scène et il faisait un froid de canard», raconte le cofondateur. Le Blues Rules fait un déficit (la seule fois de son histoire) mais il en ressort qu'il s'est passé quelque chose de spécial avec ce festival qui n'a ni backstage ni VIP et où tout le monde se mélange dans le jardin. «De deux Frouzes (sic) de passage, on est devenus une équipe avec, par exemple, un cuisinier qui est le ferblantier de Crissier, la voirie qui donne un coup de main, détaille Thomas Lecuyer. Au Blues Rules, nous avons deux valeurs importantes: la cohérence musicale et le partage, en essayant de travailler le plus possible loin des circuits commerciaux.»

Wes Mackey, Robert Belfour, Kenny Brown, Leo Bud Welch, Mighty Mo Rodgers ou encore le révérend K.M. Williams ont joué à Crissier, plus d'une fois pour certains (la moitié de la programmation doit être américaine). Tous des artistes qui ont des histoires de vie, tous des gens du terroir qui embrassent la culture du blues. «C'est une musique qui a 100 ans et qui se perpétue essentiellement par tradition orale. Alors qu'ils l'ont apprise localement de leurs parents ou grands-parents, elle résonne internationalement, c'est fascinant. Le cœur de notre motivation est de faire venir ces gens pour faire écouter la source du blues aux spectateurs», décrit Thomas Lecuyer.

Et ce n'est pas toujours facile de concevoir la programmation. Le festival a deux angoisses. La première est que l'artiste annule parce qu'il est emprisonné. C'est arrivé il y a deux ans avec Stud Ford. Sa peine est d'ailleurs sans cesse rallongée. La seconde est que l'artiste est malade. Le Blues Rules engage en effet souvent des musiciens âgés.

L'avenir dans un autre jardin

D'une capacité de 1500 spectateurs par soir, le festival se porte bien. Sa 10e édition sera pourtant sa dernière au château. Un projet immobilier doit en effet voir le jour dans le jardin, ce qui offrira moins de place et plus de problèmes d'autorisation. Le Blues Rules ne quittera pas pour autant Crissier: il se déplacera, sur les hauteurs, à la place de Fêtes de Montassé. «C'est un nouveau challenge, ça nous sortira de notre routine», philosophe Thomas Lecuyer. Mais il le promet, une chose ne changera pas: il n'y aura qu'une scène.

Créé: 23.05.2019, 09h55

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