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Concert Cantat fait chavirer les Docks

Après treize ans de silence scénique, Bertrand Cantat s’est offert de nouveaux «Horizons», hier soir, dans une salle lausannoise sage, émue et bondée.

Détroit aux Docks - Extrait «Ange de désolation» (Video: DR)

Détroit aux Docks - Extrait «A Ton Etoile» (Video: DR)

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Du monde. Beaucoup de monde. Des fans. Exclusivement. De la sueur gorgée de tendresse entre les corps. De celle, tenace, qui coule au creux des mains quand on attend un vieil amour sur un quai de gare. Treize ans que les fans de Noir Désir espéraient le retour de Bertrand Cantat sur scène.

Les mauvaises langues s’attendaient à trébucher sur des banderoles et quelques cris de désapprobation hier soir dans la salle lausannoise des Docks. Mais, comme en France ces dernières semaines, l’apparition de son nouveau groupe, Détroit, qu’il forme avec le musicien Pascal Humbert, a tenu la justice à distance et la morale s’est pendue toute seule au crochet du rock.

«Et sois au rendez-vous» qu’il a répété dans le premier morceau, «Ma muse». La musique l’était, au rendez-vous. Le T-shirt noir, informe, le cheveu paumé dans les rares faisceaux de lumière froide, Bertrand Cantat sourit, sautille (un peu). Entouré de quatre gaillards en garde rapprochée, il chante. Comme jamais il a chanté. Ni mieux ni moins bien. Il chante, simplement. Sa voix, libre comme il l’est lui-même depuis peu, se joue des mélodies gravées sur l’album. Les albums, même. Car au troisième morceau déjà, c’est Noir Désir qui vole la politesse à Détroit.

C’est qu’il faut nourrir l’heure et demie de concert. «Hantez, hantez, faites comme chez vous, restez.» Les premières mesures de «Des visages, des figures» se fraient un chemin entre les avant-bras qui se dressent. Les poils suivent le même mouvement. Epidermique.

Il aura fallu un drame insoutenable pour avoir la chance de retrouver la voix pleine de gravillons de Cantat dans une salle à taille humaine. Le morceau a été ralenti, «popisé». Pas la meilleure version et de loin. Peu importe.

Difficile pour la fosse à fans de cracher autre chose que de l’émotion brute. Au diable la critique. Hormis quelques «il la chante différemment, non?» «je préfère l’originale je crois», aujourd’hui, ce sont des retrouvailles que les Docks chantent à s’en arracher les poumons. Pour le reste, on verra demain. «A ton étoile» fait déjà irruption.

Cantat de bonne humeur

«Ça nous fait un plaisir incroyable d’être là. C’est un bel endroit, avec de bonnes gens.» Oui, il aurait pu faire mieux en guise de premiers mots. Salut, Bertrand. Bienvenue. Les bonnes gens sont pendues à tes lèvres. Comme ton harmonica, d’ailleurs. Sur scène, des contre-pieds, souvent en contre-jour. Grands écarts, retour à l’album «Horizons», quelques remerciements, une chanson dédicacée «rétrospectivement» à son pote Franz Treichler, chanteur du groupe suisse The Young Gods.

Chaque nouveau morceau décrasse à chaque fois un peu plus la bande. Rien d’extravagant. Un écran diffuse des images moites, floues. Au fond, de vieux copains qui jouent. Cantat est de bonne humeur. Et en voix. Il est 22 h 35. Encore une grosse demi-heure et les Docks pourront s’endormir dans une énergie qui va s’accrocher aux parois pour un bon moment. Mission accomplie pour Détroit. Et pour un Bertrand Cantat qui a eu l’élégance d’être simplement ému.

Créé: 08.05.2014, 10h26

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