Lundi 18 mars 2019 | Dernière mise à jour 22:14

Musique «Choisir entre la France et la Suisse serait trop difficile»

Les prodiges du classique Camille et Julie Berthollet sortent un album de reprises de chansons françaises et sont titillées par une participation à l'Eurovision. Rencontre.

Même si elles ne lâchent pas respectivement le violoncelle pour Camille (à g.), 19 ans, et le violon pour Julie, 21 ans, les deux sœurs ont envie de se remettre au chant.

Même si elles ne lâchent pas respectivement le violoncelle pour Camille (à g.), 19 ans, et le violon pour Julie, 21 ans, les deux sœurs ont envie de se remettre au chant. Image: Parlophone Records Ltd

Camille et Julie Berthollet, «Entre 2», déjà disponible.

En concert: le 31 mars 2019 au Théâtre du Léman, Genève (www.theatreduleman.ch);
le 14 juillet à Sion sous les étoiles (sionsouslesetoiles.ch)

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Désormais bien installées dans leur appartement déniché à Paris par l'animateur Stéphane Plaza, Camille et Julie Berthollet étaient de passage lundi à Lausanne pour parler de leur nouveau disque, «Entre 2», sorti le 26 novembre.

Les deux sœurs d'origine franco-suisse y revisitent des classiques de la chanson française, comme «La Javanaise» de Serge Gainsbourg ou «Vesoul» de Jacques Brel, mais aussi des titres plus récents comme «Mercy» de Madame Monsieur. Avec bien sûr leurs instruments qui ont fait leur renommée: le violoncelle pour Camille, 19 ans, le violon pour Julie, 21 ans.

Vous revenez non pas avec un disque d'œuvres classiques mais de chansons françaises. Qui a fait ce choix?

Julie Berthollet: Nous deux! Cela fait des années qu'on réfléchissait à un projet crossover parce qu'on a grandi avec le classique mais nos parents nous ont fait écouter de la chanson française depuis tout bébé. Il y a aussi le fait qu'en 2017 on a fait de plus en plus de collaborations, avec Shaka Ponk, Madame Monsieur, Nicolas Fraissinet, Thomas Dutronc, et ça nous a beaucoup plu.

Camille Berthollet: C'est un album qui représente notre playlist idéale.

Quel travail de réécriture a dû être fait?

C. B.: On n'a pas repris les partitions originales. De toute façon, on connaît ces chansons puisqu'on les adore. C'est Julie qui a fait une bonne partie des arrangements.

J. B.: On a ajouté notre petite touche. On reprend en mode cubain «Tous les mêmes» de Stromae, par exemple; en acoustique, au violoncelle «Que je t'aime» de Johnny Hallyday...

D'ailleurs, cette reprise de Johnny est très sombre.

J. B.: Il y a une raison. On nous a demandé de reprendre Johnny Hallyday le lendemain de son décès. C'était aux «Enfants de la télé» et c'est cette version qu'on a choisi de garder.

C. B.: C'est un souvenir fort, et c'était évident pour nous de la mettre sur l'album.

Vous reprenez «La chanson d'Hélène», tirée du film «Les choses de la vie» (1970). D'où la connaissez-vous?

J. B.: Moi je suis fan de Romy Schneider! J'ai presque tous ses films en DVD à la maison et toutes ses biographies. Je suis passionnée par sa vie et par tout ce qu'elle a produit. «Les choses de la vie» est un film qui m'a touchée et j'ai proposé à Julie de reprendre la mélodie que Romy Schneider chante.

D'ailleurs, est-ce vous qu'on entend chanter sur celle-ci et quelques autres chansons de l'album?

C. B.: Oui, quand ce ne sont pas les trois guests de l'album: Madame Monsieur, Nicolas Fraissinet et le slameur Insa Samé. Quand on a eu fini l'enregistrement du disque, il nous restait trente minutes de studio...

J. B.: Et on s'est retrouvées devant le micro. Ça nous avait titillé tout le long de l'enregistrement. On s'est dit: il reste trente minutes, posons nos voix sur quelques titres et si c'est bien on garde. Depuis, on a envie de se remettre au chant, de composer, d'écrire des chansons.

Lâcheriez-vous le violon et le violoncelle pour ne faire plus que du chant?

C. B.: Non, les instruments font partie de nous, ça serait impossible de les quitter. Il y a quelques années, on chantait beaucoup mais avec les tournées c'était devenu compliqué. On n'a pas plus de temps maintenant mais on va le trouver.

Enfants, qu'est-ce qui vous avait fait venir au classique?

J. B.: Maman écoutait plutôt du classique, papa plutôt de la chanson française. Mais on a flashé en premier sur le classique. Pour moi, c'était une évidence. J'ai vu un violon dans «Les quatre saisons» au château d'Annecy et j'ai su que je voulais devenir violoniste.

C. B.: Moi j'avais 3 ans quand j'ai flashé sur le violoncelle, le son, la chaleur, le fait que c'est un instrument près du corps. Je voyais ma sœur commencer la musique et j'ai demandé à mes parents de pouvoir en faire à mon tour.

Vous reprenez «Mercy» avec Madame Monsieur. Avez-vous eu l'occasion de parler avec eux de leur participation pour la France à l'Eurovision?

J. B.: Oui, et on les a soutenus. Même si on se sent toujours partagées entre la France et la Suisse.

C. B.: C'est comme au football! (Rires.)

J. B.: Mais c'est l'avantage d'avoir la double nationalité. On peut toujours se rabattre sur l'autre. Concernant l'Eurovision, effectivement, c'est une expérience qui nous plairait, c'est l'occasion de rencontrer des artistes d'autres pays.

Et vous représenteriez la France ou la Suisse?

C. B.: Ça dépendrait de la chanson qu'on nous propose. Choisir entre la France et la Suisse serait trop difficile, même si c'est le passeport à croix-blanche qu'on a gardé.

L'album se termine par un medley de titres electro. Derrière Camille et Julie se cachent deux jeunes filles qui vont s'éclater en boîte?

J. B.: Oui, on a les deux facettes. L'une classique: on a fait nos études, notre harmonie, on bosse nos concertos de manière très sérieuse; l'autre: on écoute la musique d'aujourd'hui et on adore danser. Après notre dernier concert à Lausanne, en octobre, on est allé danser la salsa jusqu'à 6 h du mat!

Vous étiez les clientes de Stéphane Plaza dans «Recherche appartement ou maison» sur M6 en mars de cette année. Vous vous plaisez toujours dans votre appartement à Paris?

J. B.: Bien sûr! Après un an à l'hôtel, on a eu de la chance de trouver exactement l'appart qu'on voulait: on peut y faire de la musique, on a chacune notre espace mais on peut répéter ensemble. On a enfin notre chez nous même si on n'y est pas souvent.

C. B.: On a tellement rigolé durant le tournage, ils ont dû couper plein de trucs. Stéphane Plaza est revenu tourner il y a deux jours pour voir comment on était installées. La diffusion est pour le début de l'année prochaine. (Le Matin)

Créé: 11.12.2018, 17h44

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