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Coup de coeur Flavien Berger: «Je prépare un disque de cloches de vaches»

Le Parisien est venu présenter mardi à Lausanne son 2e album, «Contre-temps», et nous a parlé d'un projet dingue réalisé en Valais. Interview.

En juillet 2018 au Montreux Jazz Festival, notre photographe avait réalisé une mise en scène avec des briques de thé froid, le produit suisse préféré de l'artiste.

En juillet 2018 au Montreux Jazz Festival, notre photographe avait réalisé une mise en scène avec des briques de thé froid, le produit suisse préféré de l'artiste. Image: Sébastien Anex

Flavien Berger, «Contre-temps»

Déjà disponible

En concert le vendredi 25 janvier 2019 aux Docks, à Lausanne. Infos: www.lesdocks.ch

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Nommé «star de la rentrée musiques» par «Les Inrocks», Flavien Berger était mardi 16 octobre à Lausanne pour parler de son 2e album, «Contre-Temps» (le single «Maddy la nuit» vous trotte probablement dans la tête). Délicat, surréaliste, pop, electro-arty, elliptique, brillant, le disque fait encore mieux que les explorations sous-marines de «Léviathan» en 2015. Rencontre avec un trentenaire moustachu aux idées encore plus longues que ses cheveux.

Au départ, vous étiez parti pour faire un disque de science-fiction. Finalement, «Contre-temps» est un disque sur le couple. Que s'est-il passé?

Sur l'amour, sur le sentiment, sur le couple peut-être. Sur une attraction, en tout cas. En fait, je voulais parler de voyage dans le temps. Pendant mes études, j'ai passé un an à analyser un tableau d'un artiste qui s'appelle Paul Laffoley (ndlr.: «Geochronmechane: The Time Machine from the Earth», 1990). Il est dingue, il a une cosmogonie sous forme de diagrammes hyperintéressante. Le voyage dans le temps m'inspire. Toutes les zones d'inconnu, en réalité, comme le voyage dans l'espace, le voyage dans les abysses ou le voyage dans le cerveau. Après avoir fait de nombreuses recherches, je me suis rendu compte que pour moi ça signifiait parler du moment présent. J'ai tendance à écrire en essayant de choper des petits moments de vérité, c'est pour ça que ça parle de sentiment, je pense.

Vous faites beaucoup de recherches pour composer un disque?

Trop! J'ai ce que j'appelle un codex, un cahier où j'écris mes notes: des mots, des idées, des références, des allitérations, des situations. C'est une manière de faire un disque. Je ne pense pas le faire tout le temps.

Et pour vos sons?

J'avais un dossier appelé «univers», plein de petits sons, des bruits domestiques. J'archive des élément du réel pour les intégrer dans la musique. Ils me permettent un bâillement, de faire apparaître des images à l'auditeur.

Quel est la référence majeure de «Contre-temps»?

Elle est cinématographique: c'est le film «Je t'aime, je t'aime» d'Alain Resnais (1968), dans lequel un personnage sert de cobaye pour une expérience de voyage dans le temps. C'est un film sur le cinéma, c'est pour ça que je l'aime bien. C'est méta. De mon côté, j'essaie de faire des disques sur la musique et de me demander qu'est-ce que c'est ce labyrinthe de sillons dans lequel on va aller chercher des souvenirs et des sensations. Michel Berger (ndlr.: aucun lien de parenté) a fait beaucoup de chansons qui parlent de la musique, moi je m'interroge plus sur la navigation dans un voyage musical.

Le cinéma a toujours été votre première influence, n'est-ce pas?

Oui, ado je n'allais pas voir des concerts, j'allais au cinoche et je fumais des pétards. J'ai habité à côté du Grand Écran, à la place d'Italie, qui était le plus grand écran de Paris. J'y ai vu «Matrix», «Jurassic Parc». J'ai commencé à faire de la musique tôt pour moi, à 13 ans, mais je l'ai fait écouter tard, dix ans après. Donc j'ai une pratique qui est la mienne et qui n'appartient pas forcément à une mouvance. J'avais des petits synthés et une PlayStation pour sampler. Mais j'ai eu des outils restreints pendant très longtemps: je ne pouvais pas enregistrer ma voix, ni de solo, ça m'a permis d'apprendre comment est structuré un morceau.

On vous compare parfois à Philippe Katerine. Qu'en dites-vous?

Cool! Je l'adore, c'est un maestro. Il est hyperpoétique, hypersensible, il est un grand improvisateur. J'ai sorti gratuitement un album entre «Léviathan» et «Contre-temps» qui s'appelle «Contrebande» et qui se rapproche un peu plus d'un univers non pas loufoque mais moins sérieux.

Vous faites partie de Sin, un collectif d'amis d'écoles d'art. Que préparez-vous?

Un disque de cloches. On est venu exprès en Valais il y a deux ans pour prendre du LSD et enregistrer des cloches de vaches. C'était très bien. Face A: les cloches. Face B: les remixes. On s'inspire des singles techno.

Ce sont des samples?

Non, c'est une seule prise. On a cherché la bonne vallée, la bonne heure, la bonne transhumance, les bons types de vaches et de cloches. On a trouvé tout ça le deuxième jour: elles étaient calmes en bas d'une vallée alors que le soleil se couchait, ça donne un panorama sonore magnifique.

Créé: 16.10.2018, 19h20

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