Jeudi 4 juin 2020 | Dernière mise à jour 07:40

Interview J Balvin: «Jeune, j'écoutais beaucoup de hip-hop français»

Le chanteur a samplé le tube «Angela» de Saïan Supa Crew dans son dernier album «Colores». Il nous explique pourquoi et révèle quelle a été sa collaboration préférée.

J Balvin a sorti son sixième album ,«Colores», le 20 mars.

J Balvin a sorti son sixième album ,«Colores», le 20 mars. Image: AFP

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Né il y a trente-quatre ans dans une famille aisée, José Alvaro Osorio Balvin grandit en Colombie, à Medellín, autrefois fief du baron de la drogue Pablo Escobar et surnommée «la ville la plus dangereuse du monde». À 8 ans, il découvre la guitare électrique et tombe amoureux de Nirvana dont il tatoue le nom sur un genou. «Kurt Cobain a révolutionné la musique et c’est ça que j’admire chez lui. J’avais plein de rêves dans la tête et je pressentais que j’allais être connu dans le monde entier, que les gens m’écouteraient et croiraient en moi», balance-t-il avec conviction par téléphone.

Aujourd'hui, il est l'un des artistes les plus en vue. En 2019, sa musique a été la plus écoutée sur YouTube en Suisse romande. Ses vidéos comptent plus de 13 millions de vues l'an passé en Romandie. Une information qu'il a du mal à réaliser. «C'est fou! Cela me remplit de joie d'entendre que mes chansons plaisent à ce point», dit-il avec humilité. J Balvin a mérité son succès. C'est un bosseur et perfectionniste qui n'a rien lâché. Après avoir chanté à la mi-temps du Super Bowl en février, a sorti son sixième album, «Colores», le 20 mars. Le disque remporte un véritable succès, déjà été écouté plus d'un milliard de fois sur toutes les plateformes de streaming confondues.

Vous sortez votre album lors d'une période plutôt difficile. Comment le vivez-vous?

C'est une situation bizarre, mais je suis reconnaissant d'aller bien. Sur Instagram, j'avais demandé à mes fans si je devais repousser la sortie de mon disque. Ils n'étaient pas d'accord. J'espère que cela va amener un peu de bonheur chez les gens.

Comment expliquez-vous que la musique latine soit devenue si populaire à travers le monde?

C'est un style de musique très joyeux. Il y a beaucoup de rythmes et on se souvient facilement des mélodies. Ce qui m'impressionne et qui me rend encore plus fier, c'est de voir des artistes que je connais depuis longtemps devenir des phénomènes internationaux.

«D'ailleurs «Colores» reste dans cette vibe joyeuse, sexy et très rythmée.

Oui, car mon but premier est de globaliser encore plus ce style de musique. Cette fois-ci, j'ai travaillé sur un concept visuel, qui a été pensé par le grand plasticien Takashi Murakami. Chaque chanson a été nommée par rapport à une couleur et vous pouvez la choisir selon votre humeur. Je me suis donné à fond pour chaque détail et je me suis entouré de la meilleure équipe possible.

Votre single «Amarillo», qui signifie jaune, sample la chanson «Angela» du groupe français Saïan Supa Crew. Comment avez-vous entendu parler de ce titre?

En grandissant en Colombie, je me souviens qu'on avait la chaîne musicale MCM. J'écoutais toute la journée des chansons françaises, un peu hip-hop, dont «Angela». Je me rappelle que je la passais en boucle. Aujourd'hui, j'ai plein de souvenirs sur ce tube et j'ai eu envie de le remettre au goût du jour.

On vous connaît surtout pour vos nombreuses collaborations. Vous n'en avez que deux sur ce disque. Vous vouliez vous concentrer sur vous?

Oui, à 100%. J'aime me réinventer et j'ai peut-être voulu être plus sélectif. Je veux montrer au public que je peux aussi être un artiste solo. J'ai toujours envie de faire des collaborations, mais je voulais que cet album soit celui de J Balvin.

Quel featuring avez-vous particulièrement apprécié?

Je les ai tous appréciés à leur manière. Par exemple, avoir travaillé avec Beyoncé, c'est déjà quelque chose d'incroyable dans la carrière d'un artiste. Je viens d'enregistrer une chanson avec Justin Bieber (ndlr.: «La bomba»)qui va bientôt sortir. Ce n'est pas notre première collaboration, mais celle-ci me plaît particulièrement. J'ai toujours été un fan de cet artiste.

Vous avez été invité par Jennifer Lopez à chanter lors de la mi-temps du Super Bowl. Comment s'est déroulée cette expérience?

Son équipe m'a téléphoné six mois avant l'événement pour savoir si j'étais intéressé et j'ai tout de suite accepté. Je suis si content et si reconnaissant d'avoir vécu cette expérience. Ce moment était épique et historique pour tous les latinos. J'étais ravi de partager la scène avec notamment Bad Bunny, J. Lo et ma compatriote Shakira. Je m'y suis amusé du début à la fin.

Jusqu'à la fin? C'est-à-dire?

On est sorti célébrer jusqu'à 7 h du matin. (Rires.) Je ne fais pas trop la fête normalement, mais ce jour-là était un véritable accomplissement.

Le même jour on a pu voir une vidéo de vous et Jay Z en train de vous prendre dans les bras. Quelle est votre relation?

On se connaît depuis que Beyoncé m'a invité sur scène pour interpréter «Mi Gente» lors de son concert à Coachella, en 2018. Je l'admire beaucoup et c'est un artiste incroyable mais aussi un grand entrepreneur. Ce moment dans la vidéo est très spécial car cela montre que l'une des personnes qui me motivent le plus dans cette industrie apprécie aussi ce que je fais. J'ai beaucoup de respect pour lui.

Il vous inspire beaucoup?

Oui. Comme lui, j'ai envie d'explorer plusieurs directions. Cette année, je veux me concentrer sur d'autres projets comme des collaborations dans la mode (ndlr.: il vient de lancer une collection capsule avec Guess pour la deuxième année consécutive), sortir une marque de champagne et pourquoi pas tourner dans un film aussi. Mon plus grand rêve est de devenir un entrepreneur à succès.

De quelle manière espérez-vous y arriver?

J'ai toujours répété que tout le monde peut devenir célèbre grâce à une stupidité. Le succès, c'est différent. Cela signifie que vous avez fait les choses convenablement et que vous inspirez les gens pour qu'ils deviennent de meilleures personnes. Je vais me donner à fond, comme dans chaque chose que j'entreprends.

Cela va être une année très chargée...

Exactement. Je ne me suis jamais arrêté de travailler, car j'aime mon job. Je suis un workaholic. Mais je n'ai jamais été aussi heureux.

Fabio Dell'Anna

Créé: 03.04.2020, 11h05

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